‹ Fragments, extraits du KandjourChapitre 226 sur 295 · I. —Exposé des faits · texte numérisé non relu

I. —Exposé des faits

Ananda, les quatre (espèces) d'individualités suivantes sont reconnues pour exister dans le monde. — Quelles sont ces quatre ?

(1). Ici, Ananda, un individu est ici-bas adonné aux attentats contre la vie ; il prend ce qu'on ne lui a pas donné ; il se conduit mal par l'effet des désirs ; — il'prononce des paroles de mensonge ; — il prononce des paroles calomnieuses; — il prononce des paroles violentes; — il prononce des paroles inutiles ; — il est envieux ; — il est animé de mauvais desseins ; — il a des vues fausses ; celui-là, quand son corps se dissout, après la mort, tombe dans la calamité, la voie mauvaise, la chute, le Niraya.

(2). Ici, au contraire, Ananda, un individu est dans le (monde), adonné aux attentats contre la vie ; — il prend ce qu'on ne lui a pas donné ; — il se conduit mal par l'effet des désirs ; — il profère des calomnies ; — il prononce des paroles violentes ; il prononce des paroles inutiles ; — il est envieux ; — il est animé de mauvais desseins; — il a des vues fausses; — celui-là, quand son corps se brise, après la mort, va dans la bonne voie, dans le monde du Svarga.

(3). Ici, au contraire, Ananda, un individu s'abstient, dans ce (monde) d'attenter à la vie ; — il s'abstient de prendre ce qu'on ne lui a pas donné ; — il s'abstient de se mal conduire par l'effet des désirs; — il s'abstient de proférer des mensonges ; — il s'abstient de paroles calomnieuses; — il s'abstient de paroles violentes ; — il s'abstient de discours vains ; — il est exempt d'envie ; — il est exempt de desseins nuisibles ; — il a la vue parfaite ; — celui-là, quand son corps se brise, après la mort, va dans la voie heureuse, dans le Svarga.

(4). Ici, au contraire, Ananda, un individu s'abstient dans ce (monde), d'attenter à la vie ; — il s'abstient de prendre ce qui n'est pas donné ; — il s'ab-

i Le Sûtra est une réponse à l'imputation calomnieuse dirigée contre le Buddha (que les actes du corps n'existent pas pour lui), en ce sens qu'il proclame pour toutes les mauvaises actions tant du corps que de l'âme un égal traitement. 11 répond aussi à la fausse explication qui n'assigne aux actes moraux d'autre conséquence que la douleur, en montrant qu'il peuvent aussi avoir pour récompense le bienêtre. Toutefois, il traite une troisième question qui est en réalité la principale, celle que nous avons signalée, le désaccord apparent entre les actes et leurs conséquences.

stient de se mal conduire par l'effet des désirs ; — il s'abstient de proférer des mensonges ; — il s'abstient de paroles calomnieuses ; — il s'abstient de paroles violentes ; — il s'abstient de discours vains ; — il est exempt d'envie; — il est exempt de desseins nuisibles; — il a la vue parfaite; — celui-là, quand son corps se brise, après la mort, tombe dans la calamité, la voie mauvaise, la déchéance, le Niraya.

Page 1