Ti-yôlao, Voie infernale (quarante feuillets
Je ne sais si la traduction du titre de la troisième section « voie asourique » est bien exact, et je ne puis parler pertinemment de ce qu'elle contient ; mais je suppose qu'elle correspond au troisième chapitre du Panca-gati et se rapporte comme lui et aux Prêtas et à divers autres génies. De cette façon, les deux ouvrages sont en parfaite correspondance, sinon que Tordre suivi par l'un est
inverse de l'ordre adopté par l'autre, le chinois descendant des conditions les plus prospères aux conditions les plus calamiteuses, le pâli remontant des plus calamiteuses aux plus prospères.
La ressemblance s'arrête là, et le sujet est traité d'une façon toute différente dans les deux ouvrages : on en pourra juger par la traduction que nous donnons du début de l'ouvrage chinois.
J'avais entrepris la traduction de cet ouvrage, ou plutôt je l'avais commencée ; car je n'avais pas le dessein arrêté de la mener jusqu'au bout'; et, en effet, d'autres travaux ne m'ont pas permis de la continuer. Je le regrette, car la traduction de ce livre me paraît devoir présenter de l'intérêt. Le lecteur en jugera par le fragment que je lui communique et qui est tout ce que j'ai tra duit du Lou-tao-tsi. C'est, comme je l'ai dit, le début de la première section intitulée « Voie divine » et de tout l'ouvrage.
La traduction des livres bouddhiques chinois présente une difficulté particulière ou, pour mieux dire, donne de l'embarras au traducteur, en raison des noms indiens fort nombreux qui s'y rencontrent et qui sont, ou bien transcrits en chinois (et, par suite, fort défigurés au point d'être souvent mécon" naissables), ou bien traduits et fort difficiles à restituer. Ainsi, le mot Deva « dieu » se traduit par Tien « ciel » et est transcrit sous la forme Ti-po. Quand la restitution du mot sanskrit est certaine, je le donne sans autre explication; quand elle est douteuse, je donne le mot indien probable, mais j'ajoute le terme chinois en note ou entre parenthèses, avec explication, si cela est nécessaire. Quand elle est impossible ou trop difficile, je donne le mot chinois en l'expliquant de mon mieux. J'évite le plus possible la reproduction des mots chinois; mais il est bien difficile de n'en pas citer en assez grand nombre.
Voici cette traduction :