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CONVERSION DU PERE DE YAÇAS

Cependant, une nuit, cette (nuit) même, une servante s'étant réveillée, vit que le jeune Yaças ne se trouvait plus dans sa chambre à coucher. A cette vue, elle se rendit près du maître de maison chef de famille, et, quand elle y fut arrivée, elle dit au chef de famille, maître de maison : maître, il faut. que tu le saches : le jeune Yaças ne se trouve pas dans sa chambre à coucher.

Alors le maître de maison, chef de famillle, se dit en lui-même : le jeune homme aurait-il été enlevé violemment à cause de ses richesses ? car il est peu probable que des séducteurs l'aient entraîné au dehors : tout en faisant ces calculs dans son esprit, il envoya dans la direction des quatre points (cardinaux) des messagers à cheval ; lui-même avec des hommes tenant des flambeaux à la main se dirigea vers le cours d'eau Vârana. Sur le bord du cours d'eau Vârana, le maître de maison chef de famille vit la paire de chaussures valant cent mille pièces de monnaie, qui avait été déposée. A cette vue, il fit encore cette réflexion : le jeune homme aurait -il donc été enlevé par des brigands à cause de ses richesses, car il n'est pas (à croire) que des séducteurs l'aient entraîné au dehors. Ainsi d'après ce fait qu'une paire de chaussures de cent mille pièces de monnaie a été déposée sur le bord du cours d'eau Vârana, on ne peut guère douter que le jeune homme n'ait quitté le bord du cours d'eau Vârana pour passer (à l'autre bord). — Se disant donc : il a jeté sur le bord du cours d'eau Vârana une paire de chaussures du prix de cent mille pièces de monnaie ; il passa de l'autre côté du cours d'eau Vârana, et se dirigea vers le lieu où était Bhagavat. Bhagavat vit de loin lé maître de maison, chef de famille, qui arrivait. A cette vue, cette pensée lui vint à l'esprit : si je faisais à l'aide de ma puissance surnaturelle une combinaison telle que le maître de maison chef de famille ne puisse voir le jeune

Yaças assis sur son siège ? — En vertu de cette réflexion, Bhagavat fit une combinaison propre à manifester sa puissance surnaturelle, si bien qu'il empêcha le maître de maison, chef de famille, de voir le jeune Yaças assis sur son siège.

Puis, quand le maître de maison chef de famille fut arrivé au lieu où était Bhagavat, il parla ainsi à Bhagavat : Bhagavat, n'as -tu pas vu le jeune Yaças ?

— Maître de maison, assieds-toi, puisqu'il en est ainsi. Assis sur le siège, tu seras dans le lieu le plus propice pour voir assis le jeune Yaças.

AlQrs le maître de maison chef de famille se dit en lui-même : Sans aucun doute, Bhagavat a vu le jeune Yaças ; car Bhagavat a dit : Assieds- toi donc, maître de maison ; une fois assis sur ce siège, tu seras dans le lieu le plus propice pour voir le jeune Yaças assis. Telle a été la parole de Bhagavat.

— Faisant ces réflexions, il fut joyeux, content, ravi, enchanté, plein de satisfaction; il salua avec la tête les pieds de Bhagavat, et se plaça à peu de distance. Quand il fut placé à peu de distance, Bhagavat lui adressa un discours sur la loi .

Pendant cet exposé détaillé de la loi, l'œil de la loi pour (voir) les lois sans poussière et sans tache naquit pour le maître de maison chef de famille. Quant à l'âyusmat Yaças, comme un homme qui a été souillé d'ordures et n'en reprend plus (après s'être nettoyé), son esprit fut débarrassé de tous péchés.

Puis. Bhagavat ayant démoli (défait) la combinaison formée en vertu de sa puissance surnaturelle prononça cette stance :

Celui qui, comme un homme chargé d'ornements pratique la loi, Pratique la discipline et la loi dans ses moindres détails, S'abstient avec soin de toute rigueur envers les êtres, Celui-là est vraiment un Brahmane, un Çramana, un Bhixu.

Il y avait alors dans le monde six Arhats; Bhagavat était le septième.

Le maître de maison, chef de famille, vit le jeune Yaças assis sur son tapis. Alors il (Bhagavat) parla ainsi au jeune Yaças. Jeune homme, viens ! Toi qui, ai} prix des plus grandes fatigues du corps, par une science qu'on ne t'avait point enseignée, par des vues qu'on ne t'avait point fait connaître, en es venu à méditer sur les quatre vérités sublimes, la douleur, l'origine, l'empêchement, la voie, es-tu tel que tu aies une maison, que tu résides dans une maison ? Les

richesses accumulées sont-elles l'objet de tes désirs, et vis-tu au sein des richesses ?

— Vénérable, il n'en est rien.

— Maître de maison, de même que toi, par une connaissance qui t'a été enseignée, par des vues qui t'ont été enseignées, tu en es venu à méditer sur les quatre vérités sublimes, savoir: la douleur, la cause, l'empêchement, la voie ; ainsi, le jeune Yaças, par des vues qui ne lui avaient pas été enseignées, en est venu à méditer sur les quatre vérités sublimes, la douleur, la cause, l'empêchement, la voie.

— Vénérable, puisque le jeune Yaças, par une connaissance qni ne lui avait pas été enseignée, par des vues qui ne lui avaient pas été enseignées, en est venu à raisonner sur les quatre vérités sublimes, à savoir : la douleur, la cause, l'empêchement, la voie, le gain qu'il a fait est un bon gain. Que Bhagavatet Yaças devenu Çramana, manifestant leur compassion, veuillent bien se rendre chez le chef de famille.

Bhagavat accepta la proposition du chef de famille en gardant le silence.

Quand le maître de maison, chef de famille, comprit que Bhagavat avait acquiescé par son silence, il salua avec la tête les pieds de Bhagavat, et se retira de devant Bhagavat.

Ensuite, quand cette nuit fut passée, Bhagavat revêtit de grand matin sa tunique, prit son vase à aumônes, s'enveloppa de son manteau de religieux et avec l'Ayusmat Yaças marchant derrière lui, il se rendit à la demeure du maître de maison, chef de famille.

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