‹ Fragments, extraits du KandjourChapitre 242 sur 295 · HISTOIRE DU PRETA A MUSEAU DE PORC · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU PRETA A MUSEAU DE PORC

— PeUTattbu I. t. —

Le maître résidant près de Râjagrha à Venuvana, dans l'enclos du Kalantaka, dit la stance : Ton corps est tout d'or... et la suite, à propos d'un Preta-porc1.

Autrefois, du temps du bienheureux Kâçyapa, il y avait un Bhixu qui refrénait son corps et ne refrénait pas sa parole ; il blâmait, gourmandait les Bhixus. A sa mort, il naquit dans le Niraya. Après y avoir cuit pendant tout l'intervalle du temps compris entre les deux Buddhas, lors de l'apparition duBuddha actuel, il renaquit près de Râjagrha, au pied du mont Grdhrakuta ; mais, à cause de ce qui lui restait de la maturité de ce Karma, c'était un Prêta accablé par la faim et la soif ; son corps avait la couleur de l'or, sa bouche ressemblait à un groin.

Cependant l'âyusmat Narada qui habitait le Grdhrakuta, après avoir pris les soins habituels de son corps, se rendit à Râjagrha pour les aumônes. Sur le chemin, il vit ce Prêta et lui demanda quel acte il avait commis, en lui adressant cette stance :

Ton corps est tout en or et éclaire toutes les régions ; ta figure est d'un cochon. Quelle action as-tu faite autrefois ?

Ainsi questionné par le Sthavira sur l'acte perpétré par lui, le Prêta répondit :

Mon corps, je le refrénais bien; ma parole, je ne la refrénais pas. De là vient cette couleur que tu me vois, Narada.

i Ce paragraphe initial nous donne la formule ordinaire du début de toutes les histoires de Prêtas comme de celui des Jàtakas. Mais ce début, dans les termes que nous avons ici, ne convient pas toujours et doit quelquefois revêlir une forme légèrement différente. Celle-ci est déplacée et même ridicule, car

Après avoir répondu en ces termes à la question du Sthavira et avoir ainsi expliqué la cause, il ajouta cet avis à l'adresse de Narada :

Aussi, je te le dis, Narada, tu Tas vu de tes yeux ; ne commets pas de pdché par la bouche, de peur d'avoir un museau de cochon.

Alors Pâyusmat Narada se rendit à Râjagrha pour les aumônes. Revenu de sa tournée, il fit son repas ; ensuite, comme le maître siégeait au milieu des quatre assemblées, il lui fit connaître la chose. Dès que Narada lui eût dit; j'ai vit cet être, — le maître enseigna la loi en faisant briller les infériorités des diverses espèces, les maux inséparables de la mauvaise conduite en paroles et les avantages étroitement liés à la bonne conduite en paroles. Cette instruction fut une cause de bien-être pour rassemblée qui était là réunie.

le texte ne reproduit pas une seule parole du Buddha, et les interlocuteurs sont des tiers. Le Buddha donne seulement une instruction dont on indique le sens fans en donner les termes. 11 fallait dire que le Buddha donna une instruction à propos de celte stance et des suivantes.

Anw. G. — B 09

UJJVALIKÀ-DÀNA-KÀTHA *

— TBADDIT DU 8ANIKRIT —

Je regrette de ne pouvoir offrir au lecteur la version méridionale de l'épisode de l'entrée à Vaiçalî ; mais je m'en console jusqu'à un certain point en lui communiquant une variante de la version septentrionale. Elle porte un titre bien singulier : Histoire du don d'une torche (ou d'un tison)2. C'est que le texte qui là renferme se compose en réalité de deux récits, celui de l'entrée à Vaiçalî, et une sorte d'épilogue qui lui fait suite et ne s'y rattache que par un lien très faible. L'épilogue est, aux yeux du compilateur, la partie essentielle ; et c'est de lui qu'a été pris le titre donné à l'ensemble du morceau. Nous pourrions fort bien retrancher cet épilogue sans que le récit qui est pour nous le principal en souffrît ; mais puisqu'il y est incorporé, nous préférons donner le tout, en conservant ce qui pour nous est un hors-d'œuvre.

Le récit que l'on va lire est beaucoup plus sobre et plus raisonnable que celui qu'on a déjà lu. 3 On n'y trouvera pas ces syllabes dépourvues de sens répétées à satiété. Il est assez bien équilibré ; la première partie se compose de l'exposé des calamités qui désolèrent Vaiçalî et de leur cause. Mais il faut

* Le Ma. porte Ukkdlihâ ou plutôt Ukvâlikd.

* D'uq bois qui flambe et qui chauffe. 3 V. ci-dessus p. 423-426.

dire que si cette partie manque dans le texte emprunté au Kandjour, cela tient à ce que ce texte est un extrait et que nous n'avons pas donné le préambule. Nous n'insistons pas sur les autres différences qu'on pourrait signaler ; le lecteur saura bien les voir lui-même.

Notre texte forme le dix-septième chapitre (pariccheda) du recueil sanskrit népalais, intitulé : Dvâvimçati-avadâna (avadânas groupés sous vingt- deux chefs). Les récits dont ce recueil est formé sont relativement anciens, mais puisés dans d'autres recueils et enfermés dans un cadre plus récent. L'objet du compilateur est de faire ressortir les avantages attachés à certains actes, particulièrement à certains dons.

Voici la traduction de ce texte:

HISTOIRE DU DON D UN TISON — Dvâvimçnti-Àvadàna, 17. —

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