ANCIENS MÉRITES DE YAÇAS
Les Bhixus, ayant conçu un doute, questionnèrent Bhagavat, celui qui résout tous les doutes : Vénérable, quels actes l'âyusmat Yaças avait-il faits, pour que,par la maturité de ces actes, quand il était au milieu de l'entourage de son palais, là dans son propre palais, il ait eu la notion d'un cimetière, et que, comme nettoyé de toutes les souillures, la dignité d'Arhat se soit manifestée pour lui en présence de Bhagavat ?
Bhagavat dit : Bhixus, dans d'autres existences, antérieures à celle-ci, ce Yaças a fait, accumulé des actes, il en a pris le fardeau croissant, il a réalisé l'enchaînement de leurs causes et de leurs effets. Ces actes se pressent comme les flots, et la fatalité de leurs conséquences est inévitable : quel autre que celuiqui a fait, accumulé ces actes pourrait en recueillir le fruit? Oui, Bhixus, les actes qu'on a faits, accumulés, ne mûrissent pas en dehors (de l'individu) ; ils ne mûrissent ni dans l'élément terrestre, ni dans l'élément aqueux, ni dans l'élément lumineux, ni dans l'élément igné, ni dans l'élément du vent. C'est dans l'élément du Skandha, dans les Ayatanas que mûrissent les actes qu'on a faits ou accomplis. Vertueux ou vicieux, les actes ne périront jamais, même après des centaines de kalpas. Quand tout est au complet, que le temps est venu, ils portent leurs fruits, certes, pour les êtres corporels1.
1 Ce développement sur la fatalité des conséquences des actes revient très souvent dans le Kandjour.
Autrefois, Bhixus, dans la ville de Vârânasî, sur une montagne peu éloignée de la ville, résidait un Rsi plein de charité et de compassion, dont toutes les pensées étaient dirigées vers le bien des êtres. Au moment d'entrer (en ville) pour les aumônes, il rencontra le corps d'un homme mort. Il entra en ville avec des dispositions avides, afin de recevoir des aumônes, puis, quand on lui en eut donné, il revint. Dans l'intervalle le cadavre était devenu tout vert et tombé en putréfaction complète. Il passa devant cet objet, et à l'instant même, il fut délivré des convoitises. — Que pensez-vous, Bhixus? Celui qui, en ce temps -là, à cette époque, fut le Rsi, c'était le jeune Yaças; c'est par là qu'il a été délivré des attachements passionnés. C'est par là que, même alors qu'il était dans (les bras d)'une épouse, il a atteint la conséquence de cet acte.
Ainsi, Bhixus, les actes entièrement noirs portent un fruit entièrement noir, les actes entièrement blancs portent un fruit entièrement blanc ; les actes mélangés portent un fruit mélangé. En conséquence, Bhixus, renonçant aux actes entièrement noirs, comme aussi aux actes mélangés, appliquez-vous énergiquement aux actes entièrement blancs. Voilà, Bhixus, ce que vous devez apprendre1. — Ainsi parla Bhagavat : les Bhixus réjouis louèrent ouvertement le discours de Bhagavat.