CONVERSION DE QUATRE AUTRES HABITANTS
Or, il y avait à Vârânasî un deuxième, un troisième, un quatrième, un cinquième fils de maître de maison chef de famille (à savoir) : Purna (-jit), Vimala, Gavâmpati, Subâhu. Ces fils de chefs de famille (Çresthi) entendirent cette nouvelle : Yaças, le fils du chef de famille a fait couper sa barbe et ses cheveux, il a pris des vêtements rouge-clair, a reçu la foi et a quitté les lieux habités pour les régions inhabitées. A cette nouvelle, ils se dirent : Oh ! mais, on ne peut pas dire que le Buddha ne soit pas une personne excellente et l'enseignement de la loi une chose excellente, puisque, à cause d'eux, Yaças le fils du chef de famille, vient, en un instant, lui si jeune, si amoureux du bien-être, de se couper cependant la barbe et les cheveux, de se revêtir d'habits rouge-clair, de recevoir la foi, de se faire
1 Ce récit est uu véritable Avadàna; nous en reparlerons plus loin.
initier et de quitter les lieux habités pour les régions inhabitées. Eh bien I nous aussi, il faut que nous coupions notre barbe et nos cheveux, que nous revêtions des habits rouge clair, que nous recevions la foi parfaite et que nous quittions les lieux habités pour les régions désertes.
Ensuite, le deuxième fils du chef de famille et le troisième, le quatrième, le cinquième (à savoir) : Pûrna (-jit), Vimala, Gavâmpati, Subâhu, ces fils du chef de famille sortirent de Vârânasi pour aller au lieu où se trouvait Bhagavat. Y étant arrivés, ils saluèrent avec la tête les pieds de Bhagavat . et s'assirent non loin de lui. Une fois assis non loin de lui, le deuxième fils de chef de famille et le troisième, le quatrième, le cinquième, Purnajit, Vimala, Gavâmpati, Subâhu, les fils de chefs de famille parlèrent ainsi à Bhagavat : Vénérable, si l'initiation à la discipline de la loi bien enseignée, la consécration et la condition de Bhixu nous sont accordées, nous pratiquerons la pureté absolue en présence de Bhagavat. — Ces âyusmats reçurent l'initiation à la discipline de la loi bien enseignée, la consécration et la condition de Bhixu.
Ainsi initiés, ces âyusmats, voués à une solitude sévère, à la vigilance, à l'application, vécurent dans le renoncement.
Gomme ils étaient voués à la solitude, à la vigilance, à l'application, au moment où ces fils de chef de famille eurent coupé leur barbe et leurs cheveux, revêtu des vêtements rouge-clair, reçu la foi véritable, quitté les lieux habités pour les régions inhabitées et atteint le terme delà pureté absolue au delà duquel il n'y a rien, en ce moment même ayant réussi à atteindre la manifestation pour eux-mêmes de la connaissance surnaturelle, ils purent dire : Notre naissance est épurée, la pureté absolue nous a été enseignée ; nous avons fait ce que nous avions à faire, nous ne connaissons pas d'autre naissance que celle-ci. En se conduisant ainsi, les âyusmats devinrent des Arhats dont l'esprit était entièrement délivré (de l'erreur comme du mal) et sachant tout.
En ce temps- là, il y avait dans le monde dix Arhats1; le onzième, c'était Bhagavat.
1 Ces dix sont les quatre dont on vient da raconter la conversion; — Yaças dont la conversion a précédé et préparé les leurs, — et enfin les cinq premiers disciples .