‹ Fragments, extraits du KandjourChapitre 29 sur 295 · TENTATIVE DE MÂRA. — DEPART DE ÇAKYA · texte numérisé non relu

TENTATIVE DE MÂRA. — DEPART DE ÇAKYA

Puis Bhagavat résida à Vârânasî, à Risivadana (au lieu dit « la parole des Rsis ») dans le Mrgadâva (Bois des Gazelles).

Puis Bhagavat dit aux Bhixus : Pour moi, je suis délivré de tous les liens, tant divins qu'humains ; vous aussi, Bhixus, vous êtes délivrés de tous les liens tant divins qu'humains. Marchez donc, Bhixus, désormais pour le bien d'un grand nombre de créatures, pour le bien-être d'un grand nombre de créatures, par compassion pour le monde, pour le bien, le bien-être et des dieux et des hommes ; mais allez deux ensemble, et non isolément. Pour moi, je me rends à Uruvilva.

Cependant Mâra le méchant se dit en lui-même : Le Çramana Gautama, résidant à Vârânasî dans le lieu dit Parole-des Rsis, dans le parc des

Gazelles, a enseigné la loi à ses auditeurs en ces termes : Pour moi, Bhixus,

je suis délivré de tous liens, tant divins qu'humains : vous aussi, Bhixus, vous êtes délivrés de tous les liens tant divins qu'humains; en conséquence, Bhixus, marchez pour le bien d'un grand nombre d'êtres, etc., etc. ; et cependant je me rends à la ville et au district d'Uruviiva. C'est ainsi qu'il leur a parlé; mais il faut que je m'approche de lui pour le mettre en trouble. — Telle fut sa réflexion.

Alors Mâra, le méchant, le pervers, changeant de forme, prit la figure d'un

* Ces soixante sont les cinquante dont il est question dans ce chapitre ajoutés aux dix dont il s'agit à la fin du précédent.

fils de Brahmane. Il se rendit près de Bhagavat et, s'asseyant en présence de Bhagavat, parla en ces termes :

Tu n'es pas délivré et, si tu te figures être délivré,

Tes pensées de délivrance ne sont que des fictions de ton (invention);

Çramana, tu n'es pas délivré de mon (étreinte),

Tu es lié par de grands désirs.

Alors Bhagavat fit cette réflexion au dedans de lui-même : Oh ! mais, c'est Mâra le pervers ! Voici! il s'est approché pour faire oeuvre de trouble. — Cette réflexion faite et cette idée bien comprise, il prononça cette stance :

Oui, certes, toutes les passions tant divines qu'humaines, J'en suis complètement délivré.

Tu es vaincu par tous les obstacles que tu (prétends élever). Pervers, il en est ainsi, sache-le bien !

Alors Mâra le pervers se dit en lui-même : l'esprit du Çramana Gautama connaît ma pensée. — Ce fait bien compris, souffrant, le cœur abattu et chagrin, il disparut à l'instant *.

Puis Bhagavat parla une seconde fois aux Bhixus : Bhixus, je suis complètement délivré de tous les liens tant divins qu'humains. Vous aussi, Bhixus, vous êtes délivrés de tous les liens tant divins qu'humains. En conséquence, Bhixus, allez, faisant tout pour le bien d'un grand nombre d'êtres.

Pour moi, je m'en vais à la ville et au district d'Uruvilva.

— Vénérable, il sera fait selon tçs ordres ; — et les Bhixus, ayant entendu Bhagavat, se mirent en marche.

Nota. — Cette section II forme un tout suivi, sauf une seule lacune, la conversion des quatre compagnons d'Ajnata-Kaundinya ; elle sera ajoutée à la traduction de l'enseignement des quatres vérités annoncée page 20 ; — ainsi on aura toute cette série au complet.

& Il y a, clans les textes tant pâlis que tibétains, nombre d'histoires de tentatives de Mâra analogues à celle-ci ! les personnages différent, les discours varient; mais le plan du récit est toujours le même.

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