‹ Fragments, extraits du KandjourChapitre 30 sur 295 · LE RETOUR DE ÇAKYA DANS SON PAYS · texte numérisé non relu

LE RETOUR DE ÇAKYA DANS SON PAYS

Ce fragment nous offre un tableau abrégé des quarante-cinq premières années de la vie de Çâkya. En effet, il quitta la maison paternelle à vingtneuf ans, se livra pendant six ans à des mortifications, devint Buddha à trente-cinq ans; et c'est dix ans plus tard, c'est-à-dire à quarante-cinq ans, qu'il revint dans sa ville natale pour convertir sa famille et ses compatriotes. Les faits racontés dans notre texte le sont également dans un autre volume du Kandjour, le IV0, depuis le feuillet 142 jusque vers le 160. On les retrouve encore ailleurs, dans l'Abhiniskramana-sûtra. Le texte de l'Abhiniskramanasûtra est la répétition textuelle du volume IV du Dulva. Mais la rédaction du volume VI est différente, malgré de nombreuses analogies de détail. Il existe donc deux versions au moins du retour de Çâkya dans son pays, celle du volume VI du Dulva,et celle du volume IV de ce même Dulva reproduite dans PAbhiniskramana- sûtra.

Un autre texte du Kandjour, le treizième du Kon-tsegs, intitulé Pitaputragamanam, « la rencontre du père et du fils, » a rapport au même sujet : c'est une longue diatribe qui occupe deux cent cinquante-six feuillets (folios 80 à 336 du volume IV), divisée en vingt- six chapitres, et où il y a Une foule de choses qui paraissent assez étrangères à la question ; c'est seulement dans les premiers chapitres qu'elle semble avoir été traitée. An*, o* — b 6

3i ANNALES DU MUSEE GCIMET

Ce titre Pitaputragamanam est aussi celui d'une division du recueil sanskrit népalais intitulé Mahâ-vastu-avadâna, texte propre à une école particulière, celle des Lokottaravâdinas, section de celle des Mahâsanghikas. Ce texte paraît n'être celui d'aucune des deux versions tibétaines du Dulva, circonstance qui n'a rien d'étonnant, puisque l'existence de quatre grandes écoles bouddhiques (sans compter les petites) permet de supposer, pour chaque texte, l'existence de quatre rédactions distinctes.

Notre récit nous donne des détails particuliers sur un personnage appelé Udâyi, en tibétain Char-ka, qui se fait moine, et qui, avant sa conversion, avait eu des relations adultères avec la femme de son hôte. Dans deux autres passages du Dulva (III, 250-272; V, 306 et suiv.), il est question d'un moine, Char-ka, et de ses actes immodestes ou impudiques. Il serait bon de constater si ce personnage est le même que celui de notre texte. Je m'étais proposé de recueillir tous les textes où se trouve le nom de Char-ka, pour en faire Une sorte de monographie ; j'en ai été détourné par d'autres préoccupa* tions. Il est probable que le moine dissolu Char- ka n'est autre que le héros de notre texte, lequel aurait conservé sous l'habit rouge du moine les mœurs faciles de l'homme de cour.

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