‹ Fragments, extraits du KandjourChapitre 33 sur 295 · JUSQU'A SON RETOUR A KAPILAVASTU · texte numérisé non relu

JUSQU'A SON RETOUR A KAPILAVASTU

Dans le temps où le bienheureux Bodhisattva, après s'être livré pendant six ans à des mortifications, vit que les mortifications ne sont rien; où, après avoir épuisé son souffle inutilement, avoir anéanti son souffle inutilement, il demanda une soupe au riz chaude et des aliments en abondance ; où, après avoir enduit ses membres de beurre fondu et d'huile, les avoir lavés avec de l'eau chaude, il s'approcha de la ville et demanda aux deux filles d'un habitant, Nandâ et Nandâbalâ, une soupe au miel, à seize reprises ; où, sur l'invitation du • roi Nâgas, Kâlika *, il prit des herbes de bénédiction, emporta avec lui des herbes d'une teinte semblable à celle de l'or, se rendit au lieu où était Bodhimanda ; et là, ayant préparé de ses propres mains un tapis d'herbes, assis les jambes croisées, le corps droit, ayant mis sa mé-

1 Ou « Kala » Tib. Nag-po, « le noir. » (Voir ci-dessus p. 0.) ànn. G. — Tî

moire à côté, il se tint là dirigeant ses pensées et leur donnant cette expression :

Aussi longtemps que je n'aurai pas obtenu l'impeccabilité, aussi longtemps je resterai les jambes croisées sans perdre cette position ;

Oui, tant que je n'aurai pas trouvé Timpeccabilité, je resterai les jambes croisées, je ne quitterai pas cette position l.

Dans le temps où, au milieu des veilles de la nuit, Bhagavat, après avoir dompté par la force de l'amour, le démon accompagné de trois cent soixante millions d'auxiliaires, et avoir reçu dans son cœur la science au-dessus de laquelle il n'y a rien, vint àBénarès, à la demande de Brahmâ, et fit tourner de douze manières, en la répétant trois fois, la roue de la loi qui renferme la loi, en ce temps-là, il convertit successivement cinq, puis vingt-cinq, puis cinquante enfants de la ville et du plus haut parage ; de là, s'étant rendu dans la forêt de Karvasi [ka]*, il établit dans les vérités la troupe de Bhadravarga 3 au nombre de soixante personnes; s'étant ensuite rendu à Grong-sde-Adong, il établit dans les vérités les deux filles d'un habitant, Nandâ et Nandabalâ. Parti de là pour Uruvilva, il initia et reçut solennellement mille Jatila 4, «chevelus, aux cheveux nattés. » Étant allé ensuite au Caitya du mont Gayâ, il fit à mille^Bhixus une démonstration appuyée de trois prodiges, et après les avoir retirés du désert de la transmigration, il leur fit atteindre le dernier terme et les établit solidement dans le Nirvana qui est le bien suprême. De là, s'étant rendu dans l'épaisse forêt de l'est 5, il établit dans les vérités le roi de Magadha, ÇrenyaBimbisâra, en même temps que quatre-vingt mille dieux et plusieurs centaines de brahmanes et de maîtres de maison du Magadha.

Etant ensuite entré dans Ràjagrha et ayant accepté Venuvana, « le bois de bambous, » il initia et reçut solennellement Çàriputra et Maudgalyâyana accompagnés respectivement de leurs deux cent cinquante disciples.

1 Ilexitte de cette stance plusieurs variantes: la pensée fohdamentate est la même; l'expression dflere beaucoup. Le mot que nous traduisons par « impe?cabilité » désigne la suppression du mal moral, du péché, considéré en lui-même et dans les suites funestes qu'il entraine nécessairement, le malheur et la souffrance. On a vu ci-dessus (p. 9) une des variantes de cette stance.

* C'est le mot dont l'équivalent tibétain est rendu en français par « bois de cotonniers ».(Y. p. 10)i 3 Tib. Bzang-Bde-i-ts'ôgs, « troupe fortunée. » (V, p. 10).

* Ral-pa-can (V. p. 10).

s Dans les livres pâlis elle est appelée « la forêt de Yasji » : ta traduction libétaine de ce nom se trouve ci-dessus, p. 10. Yasti, qui signifie « Lâton w», désigne aussi des plantes rampantes*

Étant venu ensuite à Çrâvastî et ayant accepté Jetavana, il convertit par le Sàtra de l'exemple des jeunes gens i le roi de Koçala Prasenajit ; puis le bienheureux Buddha résida à Çrâvastî, à Jetavana , dans le jardin d'Anathapindada.

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