MORT DE TIRUDHAKA
.•.Ensuite cet homme se rendit auprès de Virûdhaka, et Virûdhaka lui dit: 0 homme, que commande Bhagavat ? — Sire, voici les paroles sorties de la bouche de Bhagavat : Dans sept jours d'ici, la famille (royale) de Koçala s'éteindra comme si elle avait vu un serpent. Virûdhaka et Mâtraparâdhaka seront consumés ensemble par le feu, et tomberont dans le grand enfer Avîci. — Voilà ce qu'il a dit.
A Pouïe de ces paroles, Virûdhaka, appuyant sa main sur sa joue, s'assit plein d'incertitude. Mâtraparâdhaka, lui dit : Sire, pourquoi es- tu ainsi la main appuyée sur la joue, l'esprit incertain (et troublé)? — Il répondit : Mâtraparâdhaka, voici ce qu'a dit Bhagavat : Dans sept jours, Virûdhaka et Mâtara parâdhaka, consumés ensemble par le feu, descendront dans le grand enfer Avîci. Voilà ce qu'il a déclaré. Aussi n'y a-t-il personne (au monde de troublé et) d'incertain comme moi. — Sire, répondit le (confident), quel que fût le Brahmane qui serait venu et auquel tu n'aurais pas offert à déjeuner, il te mettrait en cent mille morceaux. Après cette réflexion, qu'est-il besoin de dire : Le roi a tué tant de parents et d'amis du Bhixu Gautama...? Cette parole fut trouvée juste et appréciée ; cette autre parole fut trouvée non moins juste : Eh bien! Sire, dit- il, fais installer dans le parc, dans l'eau, un pavillon commode à une seulecolonne ; vas-y, Sire, et restes-y sept jours. Les sept jours écoulés, retourne à Çrâvastî. — Qu'ainsi soit, dit le roi, j'y vais. — Et, accompagné du cortège de ses femmes, il s'y rendit et y séjourna.
Un jour plein se passe, et Mâtraparâdhaka lui dit : Sire, un des sept jours est passé ; il n'en reste plus que six ; les six jours passés, tu te rendras à Çrâvastî. — Deux, trois jours se passent. Le septième : Sire, dit-il, c'est maintenant que tu te mets en route pour Çrâvastî ; et il fut fait selon ce discours.
Mais, à ce moment, le temps se couvrit. Or, comme les femmes se plaisent aux ornements, les épouses formant le cortège (du roi) dirent : Sœurs, nous devons partir pour Çrâvastî ; il faut emporter nos ornements avec nous. — Et elles se préparèrent à se munir de leurs ornements. A ce moment, une des épouses du cortège royal, en faisant ses préparatifs pour se charger de ses ornements, avait placé un joyau, un verre ardent sur un coussin.
Sur ces entrefaites, le temps s'éclaircit, les rayons du soleil donnèrent sur le verre ardent ; il se produisit un feu qui gagna le coussin ; du coussin, il se communiqua au pavillon. Les femmes du cortège royal s'enfuirent. Virûdhaka et Mâtraparâdhaka voulurent fuir devant les flammes. A ce moment, des êtres non humains fermèrent les portes. Virûdhaka dans les flammes dit : — Mâtraparâdhaka, je brûle. — En effet, répondit Mâtraparâdhaka. — Pendant qu'ils échangaient ces paroles en hurlant de rage, Us naquirent dans le grand enfer Avîci l.
Alors Bhagavat dit à propos de cet événement les vers suivants :
Le coupable a brûlé ici : c'est le dernier feu. S'il y en a deux qui ont brûlé, c'est que chacun personnellement A vu la maturité de ces œuvres (dans) ce feu, ce feu intense ; C'est en sortant d'ici pour entrer dans la voie mauvaise qu'ils ont brûlé.
Le coupable a crié ici ; c'est le dernier cri. S'il y en a deux qui ont crié, c'est que chacun personnellement A vu la maturité de ses œuvres (dans) ce cri, ce cri intense ; C'est en sortant d'ici pour entrer dans la voie mauvaise qu'ils ont crié.
Tel fut l'oracle rendu par Bhagavat. L'âyusmat Ananda lui dit : Vénérable, nous ne comprenons pas le sens de ces deux vers.
Bhagavat dit : Ananda, un homme en proie à l'égarement, Virûdhaka avec Mâtraparâdhaka est entré dans l'enfer Avîci, par le feu, au milieu des flammes. C'est ce fait qui m'a inspiré ces réflexions et m'a fait dire :
Le coupable a brûlé : c'est la dernière flamme, jusqu'à ces mots : c'est en sortant d'ici... qu'ils ont crié.
Ainsi parla (Bhagavat) .
1 C'est-à-dire qu'il» moururent dans les flammes et passèrent (ou renaquirent) dans l'enfer.