PALI
Dahara-sâtra.
D'après le texte pâli du Tipitaka .
( Safnyutta-nikâya, — Sagâtha : Ko sala-samyutta.)
Voici ce que j'ai entendu dire. Une fois Bhagavat résidait à Çrâvasti, à Jetavana, dans le jardin d'Anâthapindika.
Puis le roi Prasenajit (Passenadî), de Kosala, se rendit au lieu ou était Bhagavat; y étant arrivé, il échangea longuement avec Bhagavat des félitations, des paroles agréables et bienveillantes, puis s'assit près (de lui).
S'étant assis non loin de lui, le roi Prasenajit, de Kosala, parla ainsi à Bhagavat :
Est- ce que le respectable Gotama reconnaît être un parfait Buddha, en possession de la Bodhi pleine et complète, au-dessus de laquelle il n'y a rien?
n'y a rieiu Ceux qui proclament cette (parole comme un) oracle ne sont-ce pas autant de ge.is qui calomnient le Çramana- Gautama? N'est-ce pas une parole exagérée? Est-ce bien une parole conforme aux déclarations précises du respectable Gautama? Est-ce un oracle de la loi en conformité avec la loi? Est-ce que si, à c5té de ceux-là, tous tant qu'ils sont, il y en avait d'autres qui soutinssent la thèse contraire et leur répondissent, il n'y aurait pas (à l'égard des premiers) place pour la loi du blâme?
— Grand roi, tous ceux qui parlent ainsi, tous sans exception, proclament la vérité ; ils ne me calomnient pas ; ils n'exagèrent pas : cette parole est conforme à (mes)déclarations positives ; c'est un oracle de la loi en conformité (parfaite) avec la loi. Si, à côté de ceux-là, d'autres venaient leur répondre en soutenant la thèse contraire, il n'y aurait point lieu (pour les premiers) à la loi du blâme.
Pourquoi cela, grand roi? — C'est que je suis un parfait Buddha, ayant réalisé la Bodhi complète, au-dessus de laquelle il n'y a rien.
— Respectable Gautama, voilà ce que tu dis : pour moi, respectable Gautama, je ne le crois pas. — Pourquoi cela ? dirastu peut-être. — * Respectable Gautama, un instant! Voici des ascètes et des brahmanes, vieux , bien vieux , tels que :
Pûrna-Kâçyapa, le pariorajaka Goçala.
Sanjaya fils de Vairatî, Ajita-Keçakambala, Kakuda-Katyâyana, Nirgrantha, fils de Jnâta. — Ceux-là môme, de leur propre aveu, ne sont pas arrivés à être de parfaits Buddhas, en possession de la Bodhi parfaite au-dessus de laquelle il n'y a rien : à plus forte raison, le respectable Gautama ne peut-il pas l'être, lui encore si peu
— Grand roi, s'il est des gens qui disent hautement que (un tel) est un parfait Buddha en possession de la Bodhi complète, audessus de laquelle il n'y a rien, c'est de moi que ces gens parlent en faisant ces déclarations formelles : c'est que, grand roi, je suis, en efFet, un parfait Buddha, en possession de la Bodhi complète, au-dessus de laquelle il n'y a rien.
— Cependant, Gotama, ces ascètes, ces brahmanes, environnés d'une assemblée, entourés d'une troupe, maîtres d'une troupe de disciples, connus, célèbres, pèlerins des ('tangs $acrcs(titthahâras), honorés dures pectd'unegrandemultitudedegens,àsavoir, Purana-Kâsyapa, Maskari-Gosala, Niga da fils de Jnâta, Sanjaya fils de Bêlatha, Prakuddha-Kaccâyana, Ajita-Kêçakambala, ceux-là même, quand je leur ai demandé si quelqu'un d'eux était un parfait Buddha, possédant la Bodhi complète au-dessus de laquelle il n'y a rien, ont tous avoué qu'aucun d'eux n'était un parfait Buddha, possédant la Bodhi complète,
avancé en âge, entré depuis si peu de temps dans la vie religieuse.
— Grand roi, voici quatre jeunes gens (gjon-nu) qu'il ne faut pas tourner en ridicule, avec lesquels il ne faut pas prendre des airs de supériorité.
Quels (sont) ces quatre ?
1. Grand roi, il ne faut pas se moquer d'un jeune œatrya; il ne faut pas prendre avec un (tel) jeune homme des airs de supériorité.
2. Grand roi, il ne faut pas se moquer d'un jeune serpent; il ne faut pas prendre avec un (tel) jeune homme des airs de supériorité.
3. Grand roi, il ne faut pas se moquer d'un feu (encore) petit, il ne faut pas prendre avec lui des airs de supériorité.
4. Grand roi, il ne faut pas se moquer d'un bhiœu qui est jeune ; il ne faut pas prendre avec un tel jeune homme des airs de supériorité.
Pourquoi cela ?
Parce que tout jeune qu'il est, ce bhiœu deviendia un Arhat doue d'une grande puissance de transfoi mations surnaturelles et d'une grande force.
Ainsi parla Bhagavat, Quand le Sugata eut ainsi pailé, le Maître (par excellence) prononça cet autre discours :