FRÉQUENTATION DE L'AMI DE LA VERTU
— Kandjour, Mdo xxv, i?. —
En langue de l'Inde : Arya Kalyânamitra-sevana-Sûtr&. En langue de Bod :
LA MOITIÉ (UPA# HAM) SanyulU nik&ya — MabAvaggo lfafga. S. I, S*.
Hphags-pa dge-vai-bçes-gfien-bstenpai Mdo. En français : Sûtra sublime sur la fréquentation de l'ami de la vertu.
Adoration à tous les Buddhas et Bodhisattvas.
Voici le discours que j'ai entendu une fois. Bhagavat résidait à Kuçanagara,chez les Mail as, dans le bosquet formé par la paire d'Arbres Çâla : il était là avec une assemblée de Crâvakas.
Ensuite, Bhagavat, au moment où arriva le temps de son Nirvana complet, adressa la parole aux Bhixus :
Bhixus, voici ce que vous avez à apprendre; il vous faut vivre en amis de la vertu, en compagnons de la vertu, dans le contact de la vertu, non pas en amis du vice, en compagnons du vice dans le contact du vice. Voilà, Bhixus, ce que vous devez apprendre.
Alors l'âyusmat Ananda parla ainsi à Bhagavat :
Vénérable, quand je me trouvais ici seul, dans la retraite, rentré en moi-môme, assis et dans un calme parfait, un jugement complet de l'intelligence, tel que celui-ci, s'est formé dans mon esprit : c'est la moitié d'une vie pure, me suis-je dit, que l'amitié de la vertu, la compagnie de la vertu, le contact de la vertu ; il en est tout autrement de l'amitié du vice, de la compagnie du vice, du contact du vice.
Bhagavat reprit : Ne parle pas ainsi ! Ananda, ne dis pas : c'est la moitié d'une vie pure, que l'amitié de la vertu, etc. Pourquoi cela, diras-tu? C'est que, Ananda, l'amitié de la vertu, la compagnie de la vertu, le contact de la vertu, c'est la vie pure tout entière, absolue, accomplie, parfaitement pure, parfaitement sainte; il en est tout autrement de l'amitié du vice, de la compagnie du vico, de l'attachement au vice.
Voici ce que j'ai entendu : Bhagavat résidait chez les Çàkyas, dans une localité de Çâkyas appelée Çakkaram.
Alors l'âyusmat Ananda se rendit au lieu où était Bhagavat. Quand il y fut arrivé, il salua Bhagavat, et s'assit à peu de distance.
Assis à peu de distauce, l'âyusmat Ananda parla ainsi à Bhagavat :
Vénérable. C'est la moitié d'une vie pure que ce qu'on appelle amitié de la vertu, compagnie de la vertu, attachement à la vertu.
Non pas ainsi, Ananda ! non pas ainsi Ananda ! C'est bien la vie pure tout entière que ce qu'on appelle amitié de la vertu, compagnie de la vertu attachement à la vertu. Et c'est là, Ananda le privilège d'un Bhixu ami de la vertu, compagnon de la vertu, étroitement attaché à la vertu, de produire par la méditation la voie sublime à huit branches, de multiplier la voie sublime à huit branches.
Pourquoi cela, diras-tu ?
C'est que, Ananda, en venant à moi l'ami de la vertu (par excellence), tous les êtres soumis à la loi de la renaissance sont entièrement délivrés de la loi de la renaissance, et les êtres soumis à la loi de la vieillesse, de la maladie, de la mort, de la douleur, de la lamentation, de la souffrance, du déplaisir, du trouble, sont entièrement délivrés de la loi de la vieillesse, de la mort, de la douleur, de la lamentation, de la souffrance, du déplaisir, du trouble.
En conséquence, Ananda, tu dois bien savoir ceci, point par point, à savoir que l'amitié de la vertu, la compagnie de la vertu, le contact delà vertu est la vie pure tout entière, absolue, accomplie, pure, parfaitement sainte ; il en est tout autrement delamitiéduvice, de la compagnie du vice,
Et comment, Ananda, le Bhixu ami delà vertu, compagnon de la vertu, attaché à la vertu, produit-il par la méditation la voie sublime à huit branches, comment multiplie-t-il la voie sublime à huit branches ? Ici, Ananda, le Bhixu produit, par la méditation, la voie complète issue de la distinction (des idées), issue de l'absence de passion, issue de l'empêchement (ou de la destruction de la douleur) et manifestation d'un zèle supérieur. Il produit par la méditation, le raisonnement parfait issu... la parole parfaite... la finde l'œuvre parfaite... la vie parfaite, l'effort parfait, la mémoire parfaite à... la contemplation parfaite, issue de la distinction, issue de l'absence de passion, issue de la destruction, manifestation d'un zèle supérieur. C'est ainsi, Ananda^ que le Bhixu, ami de la vertu, compagnon de la vertu, attaché à la vertu, produit par la méditation la voie sublime à huit branches.
Voilà donc, Ananda, ce que tu dois savoir point par point, c'est que c'est la vie pure tout entière, que ce qu'on appelle amitié de la vertu, compagnie de la vertu, contact de la vertu.
Car, en venant à moi, l'ami de la vertu (par excellence), les êtres soumis à loi de la naissance, sont délivrés de la naissance, les être soumis à la loi de la vieillesse, sont délivrés de la vieillesse, les êtres soumis à la loi de la maladie, sont délivrés de la maladie, les êtres soumis à la loi du chagrin, de la lamentation, de la douleur, de l'affliction, de l'adversité, sont délivrés du chagrin, de la lamentation, de la douleur, de l'affliction, de l'adversité.
du contact du vice. Voilà, Ananda, ce que tu dois savoir.
Quand Bhagavat eut prononcé ce discours , les Bhixus réjouis louèrent hautement l'explication donnée par Bhagavat.
Fin du noble sûtra intitulé: la fréquentation de l'ami de la vertu.
Voilà donc, Ananda, cequ'il te faut savoir point par point : à savoir que c'est la vie pure tout entière que ce qu'on appelle amitié de la vertu, compagnie de la vertu, contact de la vertu.