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LES CHARMETTES

Les Charmettes!... que d'images fraîches, juvéniles, agrestes et charmantes attachées à ce joli nom !...

« Un voyageur de mes amis , qui a visité les Charmettes au mois de mai dernier , m'écrivait : L'histoire de ces Charmettes est celle de nos plus beaux jours,

(c Cela est bien vrai ! Qui de nous n'a pas vécu en imagination aux Charmettes les plus beaux jours de sa jeunesse?... » •

Ainsi commence la préface que George Sand a

rite pour les Confessions.

J'en sais plus d'un parmi nous, plus d'un qui, ayant passé les jours de son adolescence dans d'autres Charmettes, lassé et désabusé de la vie

mondaine, ne forme qu'un vœu le vœu d'O-

bermann :

« Si j'arrive à la vieillesse, si, un jour, plein de pensées encore, mais renonçant à parler aux hommes, j'ai auprès de moi un ami pour recevoir mes adieux à la terre, qu'on place ma chaise sur l'herbe courte, et que de tranquilles marguerites soient là devant moi , sous le soleil, sous le ciel immense , afin qu'en laissant la vie qui passe , je retrouve quelque chose de l'illusion infinie. »

A la fin de 1777 ou au commencement de 1778, Jean-Jacques avait plus de soixante-cinq ans , et, tout en promenant autour de Paris ses tristesses et ses idées noires et misanthropiques, il écrivait sa dixième Rêverie , consacrée à M™*^ de Warens et au ressouvenir de la douce vie des Charmettes :

« Aujourd'hui, jour de Pâques fleuries, il y a précisément cinquante ans de ma première connoissance avec IVP"*' de Warens. Elle avoit vingthuit ans alors, étant née avec le siècle. Je n'en avois pas dix-sept, et mon tempérament naissant, mais que j'ignorois encore, donnoit une nouvelle chaleur à un cœur naturellement plein

de vie. S'il n'étoit pas étonnant qu'elle conçût de la bienveillance pour un jeune homme vif, mais doux et modeste, d'une figure assez agréable , il l'étoit encore moins qu'une femme charmante, pleine d'esprit et de grâces, m'inspirât, avec la reconnoissance, des sentiments plus tendres que je n'en distinguois pas

c( Je vis longtemps prolonger pour moi cet état délicieux, mais rapide, où l'amour et l'innocence habitent le même cœur. Elle m'avoit éloigné. Tout me rappeloit à elle : il y fallut revenir. Ce jour fixa ma destinée , et longtemps encore avant de la posséder je ne vivois plus qu'en elle et pour elle. Ah! si j'avois suffi à son cœur, comme elle suffisoit au mien ! quels paisibles et délicieux jours nous eussions coulés ensemble! Nous en avons passé de tels , mais qu'ils ont été courts et rapides, et quel destin les a suivis!

(' Durant ce petit nombre d'années, aimé*d'une femme pleine de complaisance et de douceur, je lis ce que je voulois faire, je fus ce que je voulois

22â LES RÉSIDENCES

être, et, par l'emploi que je fis de mes loisirs, aidé de ses leçons et de son exemple, je sus donner à mon âme encore simple et neuve la forme qui lui convenoit davantage et qu'elle a gardée toujours. Le goût de la solitude et de la contemplation naquit dans mon cœur avec les sentiments expansifs et tendres faits pour être son aliment. Le tumulte et le bruit les resserrent et les étouffent ; le calme et la paix les raniment et les exaltent. J'ai besoin de me recueillir pour aimer. J'engageai maman à vivre à la campagne. Une maison isolée, au penchant d'un vallon, fut noire asile, et c'est là que, dans l'espace de quatre ou cinq ans, j'ai joui d'un siècle de vie et d'un bonheur pur et plein , qui couvre de son charme tout ce que mon sort présent a d'affreux. J'avais besoin d'une amie selon mon cœur, je la possédois. J'avois désiré Ja campagne, je l'avois obtenue. Je ne pouvois souffrir l'assujettissement, j'étois parfaitement libre, et mieux que libre; car assujetti par mes seuls attachements, je ne faisois que ce que je voulois faire. Tout mon temps étoit rempli par des soins affectueux ou par des occupations champêtres. Je ne désirois rien que la continuation d'un état si doux; ma seule peine étoit la crainte qu'il ne durât pas longtemps, et cette crainte, née de la gêne de

notre situation, n'étoit pas sans fondement... »

Je n'ai conservé qu'une vague réminiscence des Charmettes, petit vallon enfoui dans les hautes montagnes fermant le bassin de Chambéry. A dix ans, pouvais-je me faire une idée de Rousseau et voir avec les yeux de l'esprit le nid ombreux où l'un des plus splendides génies du siècle dernier avait ouvert ses ailes? — Que le très-docte et très-infaillible M. Saint-Marc Girardin veuille me pardonner une admiration presque sans bornes pour l'homme qu'il anatomise en ce moment!

Par une belle journée d'été, mon père, qui possédait des vignes à B..., près de la frontière de Savoie, m'y conduisit, — car j'avais eu quelque succès à l'école, — et de là me mena aux Charmettes. Mon père ne se doutait guère alors qu'un jour je me mêlerais d'écrire et consacrerais un volume à Rousseau...

Les premières impressions, toutes confuses et indécises quelles sont, laissent peut-être à l'intelligence humaine une marque ineffaçable, décident peut-être de nos sympathies, de nos amitiés et de la nature des conceptions de l'âge fnûr.

Je crois me rappeler assez bien notre ascension H travers les bois du parc de M. de Boigne, la

contexture et la déclivité du vallon, l'assiette de la maison à mi-côte; mais là s'arrêtent mes souvenirs. Je ne possédais alors que la vue physique.

Mon père, grand partisan de Rousseau, avait eu soin, quelques années auparavant, de se pourvoir d'une brochure que j'ai retrouvée depuis dans sa bibliothèque, et dont je vais donner des extraits. En voici le titre :

Notice sur les Channettes et les environs de Chamhènj , seconde édition , revue et retouchée (*).

Cette brochure est attribuée à un M. Raymond, avocat, propriétaire alors de la maison qu'avait louée M"^*^ de Warens, et où Rousseau passa des années si heureuses, suppléant par la lecture des livres de M. de Conzié et de la bibliothèque des jésuites de Chambéry à l'imperfection de ses premières études, et s'essayant à écrire avec élégance et pureté.

« Si Rousseau avait complètement décrit les Charmettes, dit M. Raymond, nous nous garderions bien de rien ajouter au tableau qu'il en aurait tracé; mais , outre qu'il ne dit rien des siteai

(*) A Chambéry, de l'imprimerie de P. Cléaz, rue Saint-Antoine. 1S17.

ILS plus remarquables, il ne fait qu'indiquer rapidement la position de cette agréable retraite (*). Nous avons pensé que les voyageurs nombreux qui visitent cette solitude trouveraient quelque intérêt dans une notice propre à leur faire reconnaître avec plus de facilité les détails qu'ils viennent chercher, et à les rappeler ensuite à leur mémoire.

« En mettant de côté la partie systématique des opinions de Rousseau, peut-on refuser d'admirer en lui le grand écrivain et de plaindre quelque-^ fois l'homme sensible? Qui peut rester indifférent aux beautés inimitables de son style, à la richesse et au feu de son imagination , à la vigueur de ses pinceaux , à la pureté de son goût , quand il veut s'en servir, et surtout à ses nobles et éloquentes apologies de la vertu?... »

Viennent ensuite les passages des Confessions, que tout le monde connaît , et qu'il me semble inutile de reproduire. J'arrive à la description tentée par l'auteur de la brochure :

'*) Nous ne parlons pas de la pièce de vers intitulée : le Verr des Charmetles, qui n'est point une description.

ce La maison des Gharmettes a passé successivement de M. Noiray dans une famille M ; de

celle-ci à M. l'abbé de V..., chanoine de la cathédrale de Chambéry, qui l'a vendue à M. B ,

sous-préfet de ; et c'est de M. B que

je l'ai achetée avec le petit domaine qui en dépend.... (*).

« Pour aller aux Gharmettes en sortant de Chambéry, il faut passer auprès de la grande caserne construite sur l'emplacement du couvent des Ursulines, au sud de la ville. On marche depuis là, pendant quelques moments, au bord de l'une des branches de rAlbane^ rivière qui coule du levant au couchant et se distribue par un grand nombre de canaux souterrains dans la plupart des rues de Ghambéry. Quand on est arrivé au lieu dit le Bocage, près de l'ancien séminaire, on quitte brusquement la plaine pour monter à droite, par un chemin assez rapide pratiqué sur le roc ; on passe sur une carrière qui fournit des meules. Après quelques pas, la pente s'adoucit tout à coup et l'on tourne au sud.

(( C'est ici que commencent les Gharmettes , dont le nom s'étend aux deux coteaux qui s'élèvent à droite et à gauche de l'étroite vallée dont

(*) Le 16 novembre 1810.

parle J. J. Rousseau. On se trouve ici au-dessus des moulins des Charmettes, et Ton touche le clos de même nom où se voit la maison qui appartenait à M. de Conzié, l'ami de Jean-Jacques, à qui celui-ci entreprit d'enseigner la musique, et dont il s'est rappelé si longtemps la douce liaison.

« En portant la vue un peu plus loin au levant, on rencontre le belvédère que M. le comte de Boigne a fait élever au bord d'un roc escarpé qui coupe de la manière la plus heureuse et la plus pittoresque sa belle terre de Buisson-Rond. Ce belvédère est une tour ronde surmontée d'un toit en forme de cloche et d'une plate-forme circulaire qu'entoure une balustrade de fer. C'est une petite et agréable fabrique, semblable à une tour indienne ou chinoise, qui , vue de loin , paraît s'élancer d'une riche base de verdure et se dessine avec élégance et simplicité sur un fond d'un vert tendre adouci par un voile aérien. Cet édifice toujours éclairé, à cause de sa forme circulaire, produit un bel effet au travers des feuillages qui interceptent la vue (1).

• (*) Le général de Boigne, un des bienfaiteurs de la ville de

Chambéry, dont il était natif, avait acquis une immense fortune

au service du Grand Mogol.

(( On entre ici dans le vallon qui conduit à la maison de Jean-Jacques... Le torrent qui passe à la gauche du chemin devient tour à tour un courant impétueux au travers des rocailles, et un ruisseau paisible coulant doucement dans un lit de fleurs.

« A rentrée de cette vallée, inclinée au nord, le chemin est, pendant quelque temps, complètement enveloppé de feuillages et presque couvert en berceau; mais un peu plus loin, la vue se dégage et rencontre, de part et d'autre, les détails les plus variés

(( La vallée est étroite, et les coteaux qui la forment sont deux amphithéâtres opposés, tapissés de la plus belle verdure, garnis de touffes d'arbres et peuplés d'un assez grand nombre de petites et jolies maisons éparses çà et là, et de quelques chaumières... On foule aux pieds la fameuse pervenche. Quel dommage que M^"*^ de Warens, dans son premier voyage aux Charmettes, n'ait pas arrêté ses regards sur les deux charmantes véroniques dont le bord du chemin est émaillé, et qui enchantent l'œil par leur forme ténue et élégante, et surtout par le bleu tendre et fin de leurs pétales symétriques! Ces fleurs font une merveilleuse harmonie , dans l'épaisse ver-

dure, à côté de la corolle purpurine du petit géranium des bois (').

« Le torrent n'est pas toujours alimenté de la même eau, et une partie du lit se trouve ordinairement à sec. En montant, on l'a toujours à sa gauche. Tantôt le chemin est une espèce de chaussée au-dessus du ravin ; tantôt il se confond avec le lit du ruisseau ; ailleurs, celui-ci est plus élevé, et l'eau coule sans bruit dans les prés audessus.

(( A mesure qu'on avance, le paysage devient plus agreste; il prend même une légère teinte sauvage qui, pourtant, ne déplaît pas. On entrevoit bientôt , par derrière les arbres, sur la droite, la pointe du toit de la maison : voilà le petit bois de châtaigniers qui est en face; voici le verger à droite du chemin, et la vigne au-dessus du verger. C'est là ce jardin en terrasse où était planté, sur quatre piquets, ce papier magique éclairé par dessous; nous voici à la place d'où les paysans effrayés aperçurent la sijnagogue et le sabbat qui se tenaient chez M. Noiray.

« Quand on est arrivé au-dessous de la maison, on voit à quelques pas plus loin le vicinus aquœ

(') Ce regret du descripteur me paraît aussi naïf que singulier.

A. DE B

fons et un petit pont de pierre qui, au milieu de ce paysage chargé d'ombre et de verdure, a bien aussi son mérite, quoiqu'il ne conduise qu'à une méchante chaumière.

« La maison est un peu élevée au-dessus du chemin; au-devant est une terrasse environnée d'un parapet à hauteur d'appui; ce parapet est coupé par une grille de bois à deux battants, qui ferme l'entrée de la terrasse, sur laquelle on monte par quatre marches de pierre. La face principale de la maison est tournée au levant et parallèle au chemin. C'est un petit bâtiment régulier, de forme rectangulaire ; il est couvert d'un toit rapide, en ardoises, à quatre pans, et surmonté de deux aiguilles. Les rustiques sont au midi et attenants à la maison, et le jardin du côté du nord

« Au-dessus de la porte d'entrée sont les armoiries des anciens propriétaires; on les a mutilées, à l'exception delà date, 1660, qui est parfaitement conservée. Dans le même mur antérieur, et sur la droite, est incrustée une pierre blanche portant l'inscription suivante, placée par Hérault de Séchelles, en 1792, lorsqu'il était commissaire de la Convention , avec l'abbé Simon et Jagot, dans le département du Mont-Blanc :

Réduit par Jean-Jacque habité,

Tu me rappelles son génie,

Sa solitude, sa fierté,

Et ses malheurs et sa folie.

A la gloire, à la vérité

Il osa consacrer sa vie,

Et fut toujours persécuté

Ou par lui-même ou par l'envie.

<( La chambre qu'a occupée Rousseau est audessus du vestibule; elle est de même grandeur et n'a qu'une fenêtre, c'est celle qui est directement au-dessus de la porte d'entrée. La chambre de 31"'*' de Warens se trouve au nord, du côté du jardin.

u Le rez-de-chaussée est composé du vestibule, d'une petite cuisine à gauche, qui n'existait pas du temps de M''^*' de Warens; d'une première salle où était autrefois la cuisine, d'un salon communiquant directement au jardin, et de quelques autres petites pièces.

« L'escalier est intérieur; il est construit en pierres de taille, et composé de deux rampes. Sur le premier palier est une porte extérieure qui s'ouvre sur une petite esplanade derrière la maison, où était le cabinet de houblon dont*parle Jean-Jacques. Sur ce même palier est l'entrée d'une petite chambre et d'un cabinet pratiqués

sur un caveau et sur la cuisine actuelle , et qui n'étaient pas autrefois dans cet état. La seconde rampe conduit à deux portes, dont Tune, à droite, s'ouvre sur un corridor qui communique à la chambre de Rousseau, et qui la dégage par une porte de derrière. L'autre porte introduit dans un petit vestibule où l'on avait fait transporter la chapelle extérieure, dédiée à la Vierge, et qui y est encore en très-bon état. De là, on passe dans une chambre carrée, assez grande, très-éclairée, qui remplit l'angle de la maison au nord-est, et dont les fenêtres s'ouvrant sur le jardin, présentent une vue étendue et fort agréable. C'est la chambre de M™^ de Warens. Tel est l'intérieur de la maison. Du reste, il est propre, fort commode, par sa distribution, pour loger un assez grand nombre de personnes , avec l'avantage de les rendre indépendantes les unes des autres ; ce qui offre un agrément réel à la campagne.

« On a établi dans la maison un registre destiné à recevoir les noms des étrangers et voyageurs qui sont ordinairement bien aises de marquer ainsi la date de leur passage... Les fermiers sont chargés de présenter le registre aux personnes dont ils satisfont la curiosité.

(( J'ai trouvé dans la maison un portrait de J.J.Rousseau, peintpresque en pied, d'après quel-

qu'une des gravures connues. Le peintre a commis un léger anachronisme : il a représenté Rousseau travaillant au Contrat social, et l'on voit sur des tablettes deux volumes de YEmile : or, on sait que ce dernier ouvrage n'a paru que deux mois après l'autre. J'ai mis au bas, pour inscription, cette observation faite sur le philosophe de Genève par M. Lacretelle le jeune :

« Le nom d'un écrivain qui exalta si vivement « les âmes, est réclamé par l'histoire. En s'occu- (( pant de lui, elle perd son impassibilité; et tour « à tour elle l'admire ou le plaint , le bénit ou « l'accuse (*).

i( Pour aller au jardin, on passe sur une seconde petite terrasse où Jean-Jacques cultivait des tleurs, et qui a encore la même destination. Le jardin est oblong, dirigé dans le sens du chemin ; il a été totalement négligé : pour le rétablir, j'ai d'abord achevé la clôture commencée par M. B

11 est situé entre la vigne et le verger. C'est à son extrémité septentrionale qu'étaient placées les ruches de M™^ de Warens

a Rousseau a décrit en peu de mots les dehors de cette retraite ; il n'y a rien à en dire après lui : tout est là tel qu'il l'a dépeint, sauf la chapelle

(*) Ukt, de France pendant le xviu« siècle, t. III, p. 113.

extérieure, où Ton a établi depuis longtemps un four.

<( Mais nous avons à jouir d'un spectacle dont il n'a point parlé ; et nous le trouverons au sommet de la colline ou montagne qui domine les Charmettes, au couchant, et sépare ce vallon de celui de Belle-Combette (*) ; nous arriverons sur ces hauteurs , en suivant d'abord le chemin que prenait Rousseau lorsqu'il allait se promener avant le lever du soleil.

« En sortant de la maison, il faut passer à droite dans le pré voisin, au-dessus de la fontaine, et prendre un sentier fort rapide qui monte au couchant. Ce sentier aboutit à un chemin horizontal, parallèle à celui d'en bas, dirigé du nord au sud, et passant au-dessus de la vigne : c'est le chemin de Jean-Jacques. En le suivant au nord, comme pour aller à Chambéry, on tourne avec la colline, ce qui donne aux points de vue qui se succèdent rapidement, une variété admirable. Je conseille aux voyageurs qui seront venus par le chemin inférieur, et qui n'auront pas le temps de monter au plus haut de la colline, de s'en aller au moins par ce chemin.

(*) Combe, combette, val, petit vallon, en langue vulgaire du pays. A. DE B.

«. En quittant le sentier rapide dont j'ai parlé, et prenant pied sur le chemin de Rousseau, tournons au sud et gagnons ensuite à droite un petit bois de châtaigniers qui fait partie du domaine des Charmettes. De là, montons au milieu des champs, en retournant au nord-ouest. C'est par ici qu'est le modus agri non ità magnus , car il y a plusieurs pièces de champ qui sont de la mémo dépendance ; sur les rochers , vis-à-vis du sudouest, est le paululiun sijlvœ : nous avons vu le reste en bas. En continuant à monter, on arrive iacilement et en peu de temps sur la partie la plus élevée d'un vaste plateau incliné, parfaitement isolé, sauf au midi où il communique aux montagnes voisines, dont il est un appendice. Sa pente se prolonge en avant jusqu'aux portes de Chambéry et vers le lieu nommé le Bocage, que nous avons indiqué sur un chemin qui conduit de la ville aux Charmettes.

« J'ai déterminé avec le baromètre la hauteur du point culminant de cette colline, au-dessus du

'l de Vernay (promenade de Chambéry); je l'ai

Kjuvée dq^lOO mètres 78 centimètres (97 toises .") pieds). »

Je ne suivrai pas M. Raymond dans son interminable et inutile description de toute la contrée. Tenons-nousen à ces extraits d'une brochure écrite, comme on voit, avec assez de négligence, mais qui, à défaut d'autre mérite, a du moins celui d'une très-exacte topographie qu'on croirait rédigée par un géomètre du cadastre.

A. DE B

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