LA MERE A ERNEST
Ernest vient de quitter sa mère. Les vacances sont finies. Il est de retour au séminaire.
« Quelle tristesse, cher fils, après les douces joies des vacances! Quel vide autour de moi, quand je vois déserte cette chambre, cette table où tu travaillais! J'embrasse tes livres, tes papiers, je m'approche de la fenêtre, où tu t'appuyais pour regarder la mer. Tu étais triste quelquefois. Pourquoi donc, cher fils? Cette pensée me revient sans cesse. Que manquait-il à ton bonheur? Tes goûts simples et
purs, satisfaits de la vie douce; combien de fois ne m'as-tu pas dit qu'une vie de méditation et d'études, entourée de douces affections, te suffirait! Je parcours les lieux où nous nous sommes promenés ensemble; je revois jour pour jour les lieux où nous allions nous asseoir pour lire et causer. Quelle douce tristesse entoure ces lieux! Je crois encore te voir à mes côtés au bord de la rivière, quand la mer montait. Tous nos amis, du reste, ne m'oublient pas. Ils viennent me voir pour me distraire. Pendant que vous aviez Ernest, me disent-ils, nous ne nous sommes pas approchés. Nous savions que vous aviez assez, » Béatrix est un peu indisposée.
» Ta mère bien aimée, »