Un condisciple de Saint-Nicolas
ébahi et affligé en même temps de l'enrôlement de Le Gofî; aurions-nous jamais pu prévoir pareille chose, quand nous faisions ensemble notre cinquième sous M. Pothier? Je n'ai pas été moins étonné du projet de quelques séminaristes de Saint-Brieuc de se rendre au séminaire de Versailles. Et le petit Collen? l'avezvous vu? peut-être n'a-t-il pas votre adresse et ne peut-il pas vous répondre. Au reste, je suis dans les mêmes dispositions oii vous m'aA'ez vu à cet égard. Parlons maintenant de Guyomar. » Je trouve qu'il va un peu mieux depuis quelques jours, mais au commencement des vacances, j'étais loin de voir en lui toute l'amélioration que son séjour à la campagne m'avait fait attendre. Il était toujours faible, souffrant, maintenant il me semble un peu plus fort, mais cependant je vous promets que je ne puis être sans inquiétude sur toutes ces longueurs de sa maladie. Du reste, il ne semble pas sentir son fâcheux état, ni s'en trop inquiéter. Mon cher Liart, serait-il possible que nous perdissions ce-t excellent ami? Vous avez dû avoir bien de la peine pour cacher son état à ses parents.
» Vous VOUS amusez bien plus que moi en A-acances, mon cher Liart, cela est tout simple, puisque vous êtes en Bretagne. Mais cependant de mon côté, je ne m'ennuie pas non plus. Les vacances se passent très agréablement à Gentilly. Nous avons fait les promenades les plus intéressantes; il y a quinze jours aujourd'hui, nous allâmes voir jouer les grandes eaux de Versailles. Voilà, mon cher, quelque chose à voir, et qui complète l'enchantement autour de ce magnifique palais. Le bassin de Neptune est incroyablement beau. Mardi dernier, nous avons fait une charmante promenade à Montmorency; en allant, nous avons visité dans les plus grands détails l'abbaye de Saint-Denis, avec toutes ses magnificences, ses caveaux, son trésor, oîi nous avons vu des vases sacrés d'une beauté merveilleuse, sa sacristie, la plus belle de France. C'était justement le jour de la distribution des prix à Tréguier, en sorte que je visitais les tombeaux de nos rois au moment même où mes anciens condisciples allaient cueillir leurs lauriers. En visitant ces caveaux, on est saisi d'indignation contre les vandales, qui ont profané les
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cendres de nos anciens monarques et ôté presque tout leur intérêt à ces antiques tombeaux. L'endroit qui m'a fait le plus d'impression est celui où sont réunis pêle-mêle les ossements des rois, qui avaient été jetés dans la même fosse, lors de la Révolution ; je dois v ajouter le caveau où repose le corps du grand Condé. Mais quittons ces sombres souvenirs pour parler d'une belle cérémonie dont j'ai été le témoin, il y a peu de jours, je veux parler du sacre de Monseigneur Affre. Il a été magnifique. Dix évêques y assistaient, et te cardinal archevêque d'Arras a été le consécrateur. Le sacre a eu lieu dans la nef. à l'entrée du chœur, sur des autels et dans une enceinte préparée à cet effet. D'abord nous étions on ne peut plus mal placés ; mais ensuite, grâce à I industrie de M. Simonin, qui se démenait comme un possédé, faute de rien voir, nous avons été sans contredit les mieux placés, ayant eu des places dans les travées, ou galeries. J'étais perché dans une étroite galerie, tout près de la grande rosace, qui est au-dessus des portails