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conversation que j'eus Thonneur d'avoir avec lui sur ce grave sujet. Je ne crois pas céder à une illusion flatteuse envers moi-même, ed me nourrissant de Fespoir que ces pensées conciliatrices^ qui étendaient les droits de l'Etat en augmentant la liberté de tous, eussent obtenu l'assentiment général, et résolu d'une manière satisfaisante le problème compliqué de la l^itime liberté de l'enseigttement*
Mais il ne faut pas se te dissimuler^ l'établissement de la liberté d'enseignement est une innovation grave pour l'Université et pour la société tout entière. J'ose dise que^ pendant les buit mois de mon ministère, je n'ai pas passé un seul jour, une seule heure sans préparer l'Université à cette crise redoutable, et sans prendre toutes les mesures qui pouvaient mettre les écoles publiques en état de soutenir la concurrence avec les écoles privées.
Deux sortes de mesures sont ici nécessaires : V augmentation du nombre des collèges royaux ; 2** perfectionnement de leur système d'études.
Qaant au premier point, en 1837, la chambre des députés avait voté le principe d'un collège royal par département; j'avais moi-même rappelé ce principe à la chambre; j'avais déclaré à la commission du budget, avec son approbation unanime, que l'aHnée prochaine, d'une main, je pré-
senterais la loi sur la liberté de renseignement, et de l'autre, j'apporterais la demande de cinq nouveaux collèges royaux. Un collège royal avait été voté par la chambre en 1838 pour la ville de Saint-Etienne. J'ai repris les négociations entamées à ce sujet, et à l'heure qu'il est, . ce collège est en pleine aoûvité, et sa prospérité naissante répond à mes eiSbrts et à mes espérances. La chambre m'ayant accordé à moi-même un autre collège royal, dès le lendemain de la publication de la loi des dépenses, je m'adressai à la ville d'Alençon, et cette ville, ayant éprouvé des difficultés pour satisfaire aux engagements qu'elle aurait dû contracter, je me suis adressé immédiatement à une autre ville, à Angouléme ; et grâce à l'activité éclairée de M. le recteur de l'Académie de Bordeaux que j'envoyai sur les lieux, je suis parvenu à réaliser en quelques mois le collège royal voté par la chambre, de telle sorte que j'eusse pu lui prêt înter les résultats déjà obtenus ^ à l'appui des nouveaux sacrifices que je lui aurais demandés.
Voici maintenant dans leur ordre d'importance et dans leur enchaînement logique les diverses mesures que j'avais cru devoir prendre dans l'intérêt de l'enseignement national.
La première de toutes, la plus indispensable, était la réforme du baccalauréat ès-lettres. Au mo-
* Recueil, etc., page 3()3.
DE L'|tfSTRUGTI09 f»UBMQUE. |7(
qient où vous émancipez toutes le^ instîiutiow privées et leur donnez le droit 4e préparer à Tei^ajnen du baccalauréat, votre pi:epi]^ 4evQir est d'élever et de constituer sérieusement cet examtn^ Il est le terme des études, il les résume, il le9 }lig^; il est le passage du collège à l'instruction au^rieure et à la société. Il f^fift <pte nvl ne puits^ francldr ce passage sans justijSier d'we cupaeiifcé suffisante. D'abord l'épreuve du l>acGal|iuré»t 4Wi être uniforme d'un l^out de la France à l'anlre. Jusqu'ici, excepté pour la philosophie, les rajtr tières étaient différentes dans toutes les acadéoûiNu J'ai rendu l'exam^en abs<ilumept le même panoiit, ^ je l'ai à la fois simplifié et $>rbfié« Je l'ai factifié fn y introdiuisant une composition, une vifraioqL latine où chaque candidat doit montrer qu^ià âêif, le latin et surjput le fratiçais, qu'il sait au Mins l'écrire correctement; je l'ai simplifié en rMran^ chant une fouli^ de détails littéraires^ historiques et géographiques, où triomphait la mémoty^i où périssait l'intelligence : or, c'est l'intdiiyiicc qu'il s'agit de former; l'instruction elle-même n'est qu'un moyen, l'éducation de l'inteUigence est le but. Une épreuve nouvelle a été introduite, l'expUcation grammaticale et littéraire des clas^ siques français. Enfin, pour qu'on ne put accuser de partialité les jugements des commissions d'examen, il a été prescrit que dans toutes les acadé-*
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mies où il n'y aurait pas de facultés des lettres, l'examen eût lieu non plus dans l'enceinte du collége^ mais eo;. public , dans le bâtiment même de l'Académie, et encore que les censeurs et les proviseurs ne fissent plus partie de ces commissions. Ainsi cAmstkuée, l'épreuve du baccalauréat acquiert une autorhé incontestée, et elle protège efficacement la société contre les vices ou les négligences de l'éducation privée * .
Mais la réforme du baccalauréat es-lettres eût été un contre-sens si elle ne se fût appuyée sur la sérieuse entreprise d'améliorer l'intérieur de nos collèges^ et d'en faire de plus en plus des établissements modèles plaises au-dessus de toute rivalité par la force des maîtres, la sévérité èle la discipline et l'excellence. du système d'études.
La division de l'agrégation dessciences, jusqu'ici unique, en deux agrégations distinctes, l'une pour les sciences mathématiques , l'autre pour les sciences physiques et naturelles, est un perfectionnement considérable apporté à l'enseignement scientifique. Quand je n'aurais pas fait amtre chose pour les sciences^ je croirais encore les avoir bien servies ^. La nécessité pour se présenter à chacune de ces agrégations de justifier du double brevet de licencié %s-sciences mathématiques et ès-sciences physiques, maintient cette généralité
* Recueil, etc., pages 51-114. — *Page 45.
DE l'instruction PUBLIQUE. 177
de connaissance indispensable à tout véritable savant; et en même temps la distinction de deux ordres d'agrégation suscite des vocations spécialesy crée des professeurs plus profondément instruits et capables de donner un enseignement plus solide. Par là encore les sciences naturelles^ qui jusqu'ici n'avaient obtenu aucune place dans r^grégation, y sont convenablement représentées^ et leur enseignement si négligé acquiert une juste importance de la qualité même de ceux qui désormais en seront chargés, et qui devront avoir passé aussi, comme tous les autres professeurs des collèges^ par un concours d'agrégation. Cela m'a permis d'introduire enfin à l'école normale le sérieux enseignement des sciences naturelles et d'établir dans la section des sciences deux divisions correspondantes aux deux nouveaux ordres d'agr^ation • Ce perfectionnement est, je crois, le dernier que pût recevoir encore cette grande école % dont je m'honore d'être sorti, à laquelle j'ai si longtemps consacré mes soins, et qui désormais n'a plus besoin que d'un bâtiment digne d'elle, parfaitement approprié à son usage : ce bâtiment, j'en avais moi-même arrêté le plan à l'aide d'un habile architecte, et je regrette de n'avoir pu le présenter aux chambres et donner à l'école nor-
A Recueil, page L1,
* Voyez l'ouvrage intitulé Èeoh normale ^ 1 vol. in-8o, Paris, 1837.
478 HUIT MOIS AU HunniftE
maie ce dernier gage du profond intérêt que je M cesserai de lui porter ^.
En même temps que je préparais de b^ns pi^o^ fesseurs à Fenseignetnent des scienebs ûatureilasi je constituais cet enseignement jusque-là si di^ vers» si arbitraire; tantôt trop faible, tantôt trdp fort ; ici, à Paris, annexe à la sixième \ là) à des clauses très-différentes. L'ancien programmfi araii sotdevé d'unanimes réclamations^ Orâce aux cdu^^ seils que m'ont donnés deux honorables membres de l'Académie des sciences, M. Bëudant^inspectettr géhéral des études^ et M. Milne Edwards^ prefea» seut stipt>léant d'histoire naturelle à la faculté des seienfcés de Parih, j'ai pu Hdiger un ptdgràmmt qui détermine le téritable but de renseiguemeni des sciehces ilaturelles dans les ëoUégës^ lui déhhë sdn vrai fcaractère et en fixe le planât Mdis Ufie feil cet eiiseigneihent bien constitué) ateb le eârhctêfe général et philosophique qui lui appartieùt, il était inipossible de le placer en sixième ) j*ai dA le mettre à sa Téritable place) dans la première année de philosophie^ entre les cours de physique et de philosophie qu'il soutient et qbi le dom« plèteht •
Qeci me conduit naturellemeiit au sdrtlce lë plus efiectif que je crois ayoir rendu à la fois à
1 Cest le plan récemment présenté aux iOàaàllItU, * Pagbt t7.Si.
DiS t'ÏN^tÈtJCtiOÎÎ PtBLÏQÙE. 479
renseignement sëientifîque et à Tëiisei^tiement littéttire : je vëiii pàtlet du hôUveaU règlement des études .
dé tloUyëàu règlëmeht ti*est pâë àutfe chose (|ûô le Retour, avec quélcjues perfecstioiinéilients, ail plan d'étude des lycëes de l'Emplte, qui luiiliékhë ëtàit la pt^ti^ue pèrfeétionnëë des ànôiëns fcôUé^ëS de l'Unitfersité de ]Pârl§. Depuis, il aVàit éiê introduit diveftefe innovatiôbs , Jiërpëiuelleilieilt éhàiigëatites et chaque année m'ddifiéës, sah^ avoir entiôfé pu sâtlsËlirei persôUne, dan^ le but d'ëHtreiliêléi* l'âiseignëment desl sciences et celui dès lettres, déi)ùi^ le comtocticemënt juSqu*à la fiil des ëtudeà. Lé detnîêr essai joint Thistoire ilattttéllë àlaSixièihë, l'afitlimétiqùë et la géométrie k Isl ëinc|uièmé, à la quatrième et à la troisième, la ëhimié à la seëoudë, là cosmographie à la rhé^ felicjtie, etc., en ddtinârit à cet eiiàeignement additidiinél le ihàitiS de tënlps {^otoihle. Il ne produisait dëhë àûëun fruit, et n*elëitàit qu'un ttès-mëdiéëiie îiJt^rêt de la part des rtiàltfes et de la part des ëlèvés i et ëe peu de teîiips accordé aux sciencèB et qtai ttjs lëiir servait à rien, était un dommage cdiisiâérahle pour l'enseigneniërit des lettres auquel il avait été retranché. Je ne prétends pas que ce mélange n'eût quelques avantages accessoires; mais en tout ce n'est pas l'accessoire, c'est le prin-
i rtgès îi 7-26.
cipal qu'il faut considérer ; et le principal ici, c'est Fimmense inconvënient de tout mêler dans la tête des jeunes gens, et d'énerver leurs forces en les disséminant sur un trop grand nombre d'objets disparates. Quel est le but du collège? Ce n'est pas de donner une certaine dose d'instruction. Non ; le but du collée est plus élevé : ce n'est pas moins, je l'ai déjà dit, qi*e l'éducation de rintelligence , à Taide d'enseignements ^vers, convenablement répartis selon les forcei^et les besoins de chaque âge. De là cétl^jgca'ode maxime, qui sort et de la connaiâsance.de l'^prit humain et de l'expérience universelle : tfaé les lettres doivent venir avant les sciences, dans l'intérêt des ujies et des autres,, e£ dans l'intérêt commun.de. la bonne et solide culture de l'intelligence. Quand les lettres, par l'enseignement des langues et de l'histoire, ont cultivé à la fois et l'esprit et le cœur et l'imagination, quand elles ont formé l'homme, c est aux sciences à l'achever en donnant la main à la philosôpl^ ; je parle des sciences prises au sérieux : car teut enseignement qui n'est pas sérieux n'est ypas^seulement inutile, mais dangereux; il amouit èt^ efféminé l'écrit ; il est un mauvais apprentissage de la vie; il donne ce préjugé qu'avec peu de peine on peut apprendre quelque chose, ce qui est radicalement faux. Voilà pourquoi j'ai supprimé
DE l'instruction PUBLIQUE. 181
depuis la sixième jusqu'à la rhétorique tous ces petits et légers enseignement» d'histoire naturelle, de chimie et de géométrie, et je les ai réunis et placés après la rhétorique dans l'année de philosophie, selon la pratique universelle en France jusqu'en 1789, et selon le plan d'études de l'Empire, tel qu'il était suivi de mon temps. Cependant j'ai laissé la faculté d' établir des conférences libres de mathématiques dépuis la sixième jusqu'à la rhétorique, pour le petitnombre de nos élèves qui n'ont pas en vue le baccalauréat ès-lettres, c'est-à-dire l'éducation complète et r^ulière du collège, mais les écoles spéciales, militaires et autres, et qui, par conséquent, ne font d'ordinaire ni rhétorique ni philosophie, et ont besoin d'une culture scientifique particulière avant d'arriver à l'enseignement approfondi des sciences qui commence à la fin delà rhétorique. Suit qui veut ces conférences préparatoires ; elles ne sont imposées à personne, etne déforment pas le plan général des études fondé sur la nature même des choses, sur Texpérience à la fois et sur une haute philosophie. Par ce nouveau règlement d'études, je crois avoir donné une nouvelle preuve de ma haute estime pour l'enseignement des sciences, et en particulier des sciences mathématiques. Sans doute, mes propres réflexions et le profond sentiment de la dignité des sciences m'avaient depuis longtemps
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çpnduit k çf? résult4t; m^ j^ fft'y aui^ d'$iut^( plu9 attaché que j'^i yu mes pmpipes cop^rpi^ par l'impQ^a^te autorité de celui dps menibre^ du çoQ9çil roy^l qui est chargé de Ja direction de« études ]aïai\iévfi^i({nes, M. Poinsot, aqçi^n inspecteur général de» études, membre de r4^ça-^ demie des çcieneeis, et que Ja yoi^^ publique prp^ cUipe cpmnie l'un des mathéipatieien§ \^ plu; hftbile^ 4p U France et de l'Europe.
En mépje temps que je m'efforçai^ dp fprti^pr ainsi l'enseignement des lettres et des scief^çe^» j'^i voulu fonder d'unp manière sé|ieuse c^elui d^f If^Ugneu vivantes. Je leur ^i dppné trois auR^ç^ çpuséçi^tiyes, ^ partir dq l'âge pu l'esprit, 4éi^ fprmé p?tr une pe^r^aine connaissance des langues ftnciennes, est apte à avancer rapidement da^s Vétndp plus facile des langues modernes. J[e Ipur s^i donné trois années, ilestvrai, aveq une senle Ipçon p^r semaine, mais avec une leçon de deux hevffps, qu'il seipjiit mieux peut-être de diviser en den^ leçons d'une )ieure pb^cune ; j'^^i mqi-méme trfiçé dfini» un<? circulaire le plan ^W doit ^myre pen^ ^i^nt cps tiois annéps }e mi^itre c^^argé de cet pn-
seignement ^
^I(^is qne pourraient produire ces amélipratiox^ s^ leii elèyes au^^quels pUos s'^drpssent eji définitive p^nvent manquer impunément d'&ttqitipn et 4^
I Pagf U.
Dl 1,-qwfWaTïoiî pu^fepE. (Il
Mti^f et 0ettxrlà «ttPlQUt qui tien^ient de h munir ficéHQt mtionfdf le bianf^iit de l'ipstruction, et qui, à ea titra, (deywiwt tpuJQurp lêtra 1^^ modèle^ de leurs camarades? J'ai donc prescrit qu'auciiae promûtio» de bourse oe peyt être £^ocQrdée que ^ur des psauves de travail et de capaeita aux élèves qui seraient portés d'après l'eiisemble de leurs notes Sur la liste d'avancepi^nt ; car si les demirbaurses doivent être données au mérite de la lamille, toute promotion doit être le prix du mérite personnel de l'élàve. l'ai voulu aussi que nul ne piftt passer dans une classe supérieure sans avoir prouvé qu'i^ est en état de la suivre avep fr^it| mesure décisive qui, bien exécutée, avec ^n juste tempérament de sévâité et d'iudulgence, doit, après quelques anmétts d'épreuves,, délivrer nos collèges de cette fiinle de mauvais élèves , retardataires incorrigibles, qui assistant aux leçonis du professeur sans les esHsiprendre^ trompent leiprs familles en se traîr nant ainsi de classe en classe jusqu'à la 6n de leurs études, et vont encombrer les carrières distinguées de candidats incapables K
J^pse dire q^e cet ensemble de mesures, toutes empruntées à l'expérience f^i d'un succès infaillible^ si on veuf y tenir la msfin, devait assurer k nos ooUéges une prépondérance incontestable dans la vaste concurrence qu'allait ouvrir l'éman-
1 Pages 39-44.
cipation de Tinstruction secondaire. C'est après avoir ainsi armé Tuniversité, que j'aurais sans crainte présente la loi sur la liberté de l'enseignement.
D'ailleurs, je m'empresse de le reconnaître : toutes les réformes organiques sont vaines sans une administration vigilante , conduisant habilement ou expédiant avec rapidité les affaires, et surtout attentive au choix des hommes ; car, on ne saurait trop le redire, dans l'Université les hommes sont tout. C'est au choix des hommes que je me suis particulièrement appliqué. J'ai fait des conseillers» des inspecteurs généraux, des proviseurs, des censeurs, des professeurs de tout ordre, et on a bien voulu remarquer que, dans aucune circonstance, je n'ai fait pHer rintérét universitaire devant des considérations politiques; que, sourd à toutes les sollicitations, de quelque côté qu'elles partissent, j'ai toujours été chercher l'homme le plus capable, d'abord par justice, pour honorer le mérite et dans l'intérêt du service, ensuite parce que, dans un corps où tous les membres se connaissent, les choix sont un enseignement, pour le corps entier; et grâce à cet enseignement, le plus clair de tous, quinze jours après mon entrée aux affaires, je n'ai plus reçu que des demandes suflisamment autorisées ^.
' Pages 375-385.
DE l'instruction pvbmqde. fW
Mais, dans l'instruction suyeikwiMi» kr meil* leure administration ne pounrtit suppléer aux vices de l'organisation; et, il ftut le êire, autant l'instruction secondaire estr^dmirablement constituée en France, autant FiaMnftCtkfn supérieure laisse encore à désirer , j'ekitends pour l'oi^aziisation. Les facultés ^onfbrent des grades, c'est là leur principale mission , et elles la remplissent d'une manière satis&isante , ay^c lèle et avec équité. Mais le nombre des facullëi dans les différents ordres est arbitraire, et leur répartition sur les divers points du tepriteire n'est r^lée par aucun principe. Lte mode de nomination des professeurs est divers,tlans )ea diÉSfrentes fecultés, et il est très- justement attaquée? H n'y 9l aucune émulation parmi les étudiimta. En ua mot, sans renouveler ni muki{4ter des cntiques qui ont été cent fois faites, je rappellerai que moi-même, dans mes ouvrp,ges sur ^instruction publique en Allemagne et •en^ Hollande, j'avais signalé le mal et indiqué le remède. Après cela , étais-je donc reçu à ne rien faire , et à ne point exécuter moimême^ comme ministre^ cet que j'avais tant re* commandé comme conseiller et comme écrivain? Voilà ma réponset aux personnes , même bienveilla^tes, qui, un peu étrangèraià ces matières, se sont étonnées du grand nQaÀaNs d'ordonnances et de règlements que j'ai pufcUâ» €% ^ pc^ de temps
IM mm MOIS au imniTiu
§ém l'inttrucMii tiipéneiire. Si j^ai été si TÎte, B^eHf enefure une fbb, qu^en arrivant aux affiûi«s, jWaif un but, un plan^ des desseins tout arrêtes; e'est que )e savais aussi que le temps m'était me-? snvëy qife les ministères durent peu^ et que si je ne mettais moi-même courageusement et prorap* tentent la maii^ à l'œuvre , des pensées utiles, longtemps mAries dans mon esprit , couraient le risque d'y mourir. Je ne prendrai qu'un seul exemple, celui deé écoles de droit. Depuis longtemps il n'y â qu^un cr| sur les vices de l'enseignement du droit parmi nous ; et pouttant , qui a commencé la moindre réfot^me? Du moins , ai- je fait le premier pas. Mais j'ai donné M. Rossi aU conseil royal ; c'est à lui de pouif^suivre et d'acjievet la réjbrme que j'avais entreprise et que j'ai à peine commencée en ce qui tiegarde les écoles de droit.
Et puis pn n^a pas remarqué que ce grand nombre d'ordonnances , de règlements et d'arrl-'' lés y ne sont que les diverses faces de deui ou trois idées. Les ordonnances royales posaient les pr^n-* olpes y les règlepients entraient dans toutes les dispositions particulières de la matière , et les arrêtés ministériels exécutaient. Je n'ai pas ppsé dans une ordonnance un seul principe qu| ne soit aujourd'hui en pleine exécution.
Voioi les ftriaoipales idées générales auxqfielles
D| |.'«SfIUGVIOV ■UHLIQBE. Ht
on P91lt 9iifipiirter tom mep actes selatifi à 14ii<t itrucstien supérieur?»
I"" Cpp^irmémeut ^ tout oe que j'avais dit et répété àw9 mes ouvrages , je me pn^osais 4e substituer peu à peu aux faculté isolées » éparpillées et languissantes sur lu^e multitude de points y un système de grands centres scientifiques où toutes |e4 facultés fussf^nt réunies , selon la jtt'atique du psonde entier. Oui, je ne le cache pas, si j'admire pri^ondéipem runiie de la France, je |ie crois pas que cette précieuse unité fôt en péril parce qu'il y aurait de la vie ailleurs qu'à Paris. Pour me borner à l'instruction publique , je suis convaincu qu'il est possible d'établir dans un certain nombre de villes des foyers de lumières qui , en projetant leurs rayons autour d'eux , éclaireraient et vivifieraient de grandes provinces a^ profit de la civilisation de la France entière. Par exemple , )'aj voulu faire une sorte d'université bretonne k Rennes ^. D y ftvait déjà à Rennes une faculté de droit et une faculté des lettres ; j'ai demandé à là chambre des députés les fond^ nécessaires pour y établi^* encore une faculté des sciences et une faculté de médecine pour tous les départements de l'Ouest. La phambre a voté sans difiiculté la fkculte des sci^çes/ et je n'ai pas perdu de tempfl pour l'établir et la constituer fortement aveo un
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personnel d'élite. Le projet d'une faculté de médecine n'a pu être discuté , et je l'aurais reproduit à cette session. Je me serais présenté à la chambre des députés appuy é,d'une part, sur Tordonnancedu 13 octobre 1840 qui constitue solidement les écoles secondaires de médecine qu'on n'aurait pu m'accuser de vouloir drfiruire ; de l'autre, sur les vœux hautement exprimés de la Bretagne tout entière , excepté la ville de Nantes. La chambre des pairs, par l'organe de M. de Gérando, s'était prononcée nettement à cet égard; elle réclamait, le plus tôt possible , une faculté de médecine à Rennes ; et nous aurions vu si, à la chambre des députés, de petits intéréeft de localité l'eussent emporté sur des vues nationales, sur l'expérience universelle, sur rppinion de la chambre des pairs , et sur les besoins de toute la Bretagne. En tout cas, la chambre aurait dû se charger elle-même de la responsabihté du rejet de cette loi; car je n'aurais pas hésité à la lui présenter. J'espère qu'au moins l'école secondaire de médecine de Rennes se ranimera dans l'atmosphère scientifique que va lui créer la faculté des sciences, et qu'ainsi il y aura dans cette capitale intellectuelle de la Bretagne , avec un des meilleurs collèges du royaume et une grande école normale primaire , quatre belles écoles de droit , de lettres, de sciences et de médecine , où viendront se former tout ce qu'il y a
DE l'instruction pubuque. 489
en Bretagne de jeunes et nobles esprits aspirant à se distinguer. Il ne faut pas craindre les foules; c'est des foules que sortent les hommes stipërieurs, parce ifue dans les foules seules il y a de Fardeur, de l'émulation , de la yie. Quatre départements de la Bretagne sur cinq ont v#lé des sacrifices pour la future*'école de médecuie qu*Un projet de loi une fois présenté leur a pro^atMe. La ville de Bennes a contracté l'engagementde consacrer un grand bâtiment académique aux facultés réunies. Ayant de quitter le ministère^ j'ai fait un enyoi considérable de livres précieux pour la bibliothèque de ces facultés^ et en particulier, pour la nouvelle faculté des sciences. A ma prière, mon honorable ami, M. de Rémusat, ministre de l'intérieur, avait commandé un buste de Descartes, le plus illustre enfant de la Bretagne , pour la nouvelle faculté des sciences de Rennes, et j'avais promis aux députés d# la Bretagne, je m'étais promis à moi-même d'aHer à Rennes inaugurer l'établissement d'une univeAîlé bretonne. Du moins les fondements de cette ilniversité sont posés ; le temps, j'espère, fera le reste.
Ce que j'ai presque accompli à Rennes pour la Bretagne, je l'avais tenté à Caen pour la Normandie. Gaen est évidemment la capitale intellectuelle de la Normandie. D y a eu là, autrefois, une université qui a compté des hommes de beaucoup de
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mérite ; il serait faeile d'y rétablir uû certain ihawveme^t sdienlifique et surtotit littëraire^ Il y à une faculté de droit i ufie faouhé des lettres , Une fa^ culte des si^iencés^ Une école secondaire. de méde^ cine que l'ordonnaiice du 13 octobre 1840 Va défelopper encore. Mon dessein était d'y tràné^ porter la faculté de théologie de Rouen. L'érdon^nance de translation existe ^ signée par lé rm* Unb faculté de théologie à Rouen eH un germe stérile. Elle est isolée ; elle ne s'appuie point sur une fk^ culte des lettres. Rouen est une admirable ville de commerce, mais nullelnent une yille d'études^ encore bien moins d^ études ecclésiastiques. Ausm cette faculté n'a-t^llë jamais produit aucuUn^ttltat. Elle est entièrement ignorée, et c'est presque en voulant la déplacer que j'ai appris aux habi^tants de Rouen son existehoé. Les cours ne se fdat pas ; Tarchevêque y est contraire ; le doyen iii*a*vait spontanément envoyé sa démission i A la let^ tre, je Tai trouvtâe moite; j'ai Voulu la récréer en la transportant aiUeui^s. J'ai offert à Rouen ^ ah lieu de cette faculté insignifiante^ Une grande école intermédiaire que la loi impose à la ville et qui lui serait d'une utilité incontestable. Au dontraire , Gaen est une ville où une faculté de théologie serait parfaitement bien placée par les dispositions générales et l'esprit du pays > où la piété est en très-grajpkd honneur, à cause aussi dii voisinage
Dt È'timtAtJGttOll PVBUQITE* ttt
des ti^ois auiréè fACHliéi qjA feurtiindeflt ttn nnu gMiflqUd auditoire à 4é9 prédiMKBttfi de l^gligillll ëlo^Uéilts et idstrllitft^ t^ôtUtiié dëjà jfe lél atàU trDUtési lié rectëUi* de VAéaàétiAéi Mi Vtkbhé Daniel, avait pri» à ccdur CéltH affaire» ôl persëtttt» ti'ëtAit plu» ptôfrire que lui à k nëgociër httbUë^ Menti Je fi^è des Vë^x ]^bur ({ft'élle (ëUlsiâsè ; M nerait liH gtaiid àVftiltagë pt>ûf k Nol*iaMiâitt tttHl entière qui âUi:ali aMil ton titiif ëfsité.
SûëëësâiVeîkiëtit j'àiirttis àiti^i eéM^tJ d'éUbli» dftfais le (iaéUr de (hacUné Ûèi gràhdes i^iôtift de k Ftandé jplbsiélirë Facilita, liëfesi entt*é éllé^, M ééutènànt et è'aUihiàiit Vûhè ràiitrë, inëttàiit t»t ëbihinùtl tetir bibliothèi^ë) lëùfii élevés, lettré Itt'^
â^ Mais là basé d*btl tel syètèmé ë^i Fiii&titutidn dèb âglr'égës de Faédltëé en poSàëiâibil etclu^ifë de suppléer lëë ptsofessëili-s éifipéëhÀ et ây &nt le dl>6ii de faife des èdurs libt^ dàhë l'àuditoii^ même de là lPabUli6, âvëë ràsâentikuent dû dojreU et du itii^ Utetéé. Lë^àgr^ë^, Voilà l^âdmënt de Vie pour iiliè F^àeûltë K J'ai emptutitë eëttë gtàUdë iUstitUtiBfi, d'i&bôi'd à nos Facultés de fiiëdéëiUe, eUsUite à là pratique de rAllëmagUè, où elle ddnhé leé plUs admirabléë résultats ^. Elle éditait Uiéifaë, jusqu'à
1 Recueil , pages 1 S6-21 6.
^ ih Vtnkiruetion ptAlique dant quelques payt de VÀÏtetàagnef t ï, pègééf 00-102^ 119, 17S-1^3. Ih r/«èfffi^^M j^iqkÊé en ÊciUài^i pages 73,210.
iW HUrr MOIS au MINISltRE
un certain points dans les Facultés de droit; car les suppléants sont de yrais agrégés ; il n'y avait plus qu'à leur ôonférer le droit de faire des cours complémentaires. J'ai l'honneur de l'avoir introduite pour la première fois dans les Facultés des lettres et dans les Facultés des sciences. Je ne me suis pas contenté de mettre cette institution dans une ordonnance : )'ai réalisé l'ordonnance par des règlements, et ces règlements, je les ai exécutés immédiatement. De grands concours se sont ouverts à Paris, à la Sorbonne, pour les sciences mathématiques, pour les sciences physiques, pour les sciences naturelles, pour les lettres pour la philosophie, pour l'histoire. De tous les points de la France s'y sont présentés de nombreux candidats, l'élite des agrégés de collège, la fleur de l'Université. Ces concours ont été présidés par les hommes les plus éminents, tous membres de l'Institut et hauts fonctionnaires de l'instruction pubhque. L'éclat de ces concours a converti les plus incrédules, et la nouvelle institution a été fondée à son'^début par ses succès mêmes. Douze agréés pour les Facultés des lettres et des sciences ont été nommés cette année : ils sont aujourd'hui en exercice à Paris et en province. De leur côté, les agrégés des Facultés de droit ont demandé et obtenu la permission de faire des cours complémentaires sur des points importants et négligés de la