A LA AÈRE 80US*PRI£URE DES CARMELITES K
De Roueni ce 26 novembre 1655.
Je ne me figure plus d'autre satisfaction en ce monde que celle de me retrouver au couvent de Tincamation; mais il suffit que ce m'en fut une très-sensible pour n'être pas en état de l'espérer. Je prie Dieu qu'il rae fasse faire usage de cette privation. Demandez-la avec moi, je vous en conjure, et renouvelez en ce saint temps où nous allons entrer, votre ferveur pour Tavancement de mon âme dans ces saintes voyes. Il quitte le sein de son père pour s'approcher des pécheurs, et pour les venir tirer de leurs iniquités. Priez-le, ma chère mère, que moi qui suis de ce misérable nombre , je marche tout de bon vers lui , puisqu'il daigne m'appeler d'un pays si éloigné où mes égarements m'avaient conduite.
A LA MEME
De Rouen, ce 9 ÎFe'vrier 1656.
Je ne puis m'accommoiler de toute autre maison religieuse; je vous conjure de m'avancer le bonheur de;me trouver dans la vôtre par vos prières, et de les employer à obtenir de Dieu mon entière conversion vers lui, et la rupture de mes liens intérieurs et extérieurs, puisqu'il est diffi-
* Cette lettre n'est pas dans Viliefore.
cile d'aller à lui quand on a tant d'obstacles et de partage. J'ay été si uniquement au monde quand jeFai aimé, et j'y ^i employé une si grande partie de ma vie qu'il est bien humiliant que celle qu'on voudroit donner à Dieu soit si partagée. C'est la peine de mes égarements, et je prie Dieu de me la faire prendre en esprit de pénitence. J'espère que vous m'y aiderez, et j'attends de votre amitié que vous m'attirerez cette miséricorde de notre Seigneur K