‹ Fragments littéraires (volume 3)Chapitre 36 sur 59 · A MADAME LA MARQUISE DE GAMACHES · texte numérisé non relu

A MADAME LA MARQUISE DE GAMACHES

De Paru, le 5 janvier.

J'ay bien de la joye de la bonne résolution de ***» Je travaille de mon côté à ne la pas laisser languir chez ces bonnes filles. Si cela dépendoit de moi , c'en seroit plutôt fait ; mais elle veut bien que je lui dise que ce n'est pas à eUe, qui pense à entrer dans l'église, à s'ennuyer des choses qu'elle sera nécessitée de faire pour avoir ce bien-là ; car en changeant de foy il faut changer de mœurs et de sentiments, et commencer à apprendre que toutes les peines qui nous conduisent à Dieu nous doivent paraître légères. Si Dieu lui fait la grâce d'exécuter le bon dessein qu'il lui a inspiré , il ne faut pas qu'elle craigne tant de s'ennuyer, parce qu'il ne faut pas songera se divertir quand . on veut tout de bon se donner à Dieu. L'esprit de l'église catholique n'est pas tel ; il faut être disposée , quand on y entre, à souffrir pour acquérir ce bien-là de plus grands maux que l'ennuy.

^ Vîllefore donne la fin de cette lettre : J'oy iti ri Mniqmmenî tm monde f etc.

* N^est pas dans Vîllefore.

3Cff iET TRES tN^if ES

k LA MÊME.

De Roues , le t liSnîer.

^Ôûs JFaite^ te mieux du monde de vous défaire des asslnÀléès; cela n*est boh à rieif, et refroidit assurémeut rëépfit (ië aevdiîon. Nous avons une nature qui nous porte si fort au relàcËëiiiënt, que nous ne devons rien faire pour la fortifier dans sa pente pour les choses sensibles. Je serois heureuse sî niés maux venoient du principe que vous leur donnez. Qn^u^ maladie causée par la pénitence seroit une grande santé à l'âme ! Mais vraiment je n'en siiis jasla^.

A^ i£Lltei)telt^î^L'£ n'i£i>£RNdN, rëlioieùse carmélite du

f ÂOBdràô' âJÉii^T-JÂCQfCJES, biTE ^UR ANNE MARIE

né rfsus \

Du 17 mars 1656.

€kanfecotut s'en alla^fà Pttris, je i!tè pîui^ le làrs^éf pafiif sans le charger de cette lettre,* qui v6ns témôigàeài i^ joyé (|BR je*» toujotirs âfi recevant des^ vôtres. Dé plus, vôtre dernière nou^ appfëfid une Irè^ i^cMnè:' nôuvëÛe potfr ^6x\m mcuafëtèrë ^^isit ùë itteti patf f^joùîr avec vous, je vèiix Jàm la seéotide dlebtkiti dé votre mère. C'est une sî gtàndë bénédictiotipoarvèMquelà continuation de sa cônjâité; ff^ou ne pèat itoj^ èti ëctitit dé jùfû quand oti est aûâi

^ Villefore donne cette phrase : qu'WM maladie eaa$ie par ia

tmfft^ etc.

* Villefore donne une partie de cette lettre, depuis ces taSfÉji ne fait plut autre eAoïe..., etc., jusqu^à céiy^-Ci, éoi prikéét^ Hik ékirt tmur,,., et il joint ce fragment de lettre à celui dWe lettre diffé* rente,

DB MADAME LA bÎTCtlÊésË M LôN6tJ£VlLLE. 50^

qtÉé je le siûé à voirez iha\s8h. Je ilë fkîs (iicrs âUli^e ëbtiSè qvièâé ià'f soixhmieh à tons lès iiioiiieiits âë iUâ ^ié ,ët je pféiid$ coinnièla puûitioiidë tnes {jéc{iëski|irivâtidfi d'ime cfaésé ofi je vdis plaâ ij[ué jamais tuba sâliii âttâDhë. SS je m'ëtnbàrquois à vous dit* e fout ce que je pèâsé I3-fl2s«âS, je ne fifiirois jaùtàte; jé ne vous dirai dôiic pitis ^iftiùé cfiùsé sur ce sujet', qiii èsi que comme Faniour Aëi GàlMêiiîes était sorti de iiron boëur avec celui de Ciéd, je hëûi que té dëriiief n'y péni retenir Sans y rkhiëùér tàUii'é. Hâaé! te h'esi |)âs (}uè celdi de Dieu y renfre bîeiJ foi-télûëiii) et j'ai bien à in'btimilier là-dessùs ; mais ënËn, je désire de Tâvoir, et j'abhorre, te me semblé, ioiàt ce qui à tenu S'a place tant d'années de ma vie. Mais àpfès avoir ^liitt^ tiiëu iroidiitairëiiieiit , il n'est pas juste qiiè je lé rtÉFtrôiivë dàhs léïk premiers hïoments de la foibie i>e6hercfië ctitè j'éil fais, et pdurvti qu'à là fin de ma vie je ne me trouve pas séparée de lui , c'eèrt beaucoup plour moi. Vos prières , ma cbère sœur, serviront à m!ob tenir cette miséricorde et eâfe de f repéré eU eàiprh de péniteiiee la misérable vie qtie je fais présentement | je Fappelle misérable » non pas de ce qu'elle est privée de tout ce qui s'appelle consolation humaine^ mais de ce que je fais le mal que je ne veux pliis, et de ce que je ne fais le bien que je désire passionnément. Ceci est pour notre mère aussi bien que pour vous.

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