RAPPORT FAIT A LA CHAMBRE DES PAIRS
voit à toas les besoins. Il consiste à attacher au moins une école élémentaire à toute commune ou à la réunion de plusieurs communes circonvoisines ; à mettre une école primaire supérieure dans toutes les communes de six mille âmes, et à établir une école nor« maie primaire par déparlement, pour donner chaque année un supplément d'instruction aux instituteurs àéljk placés et pour en former de nouveaux. Chaque département possède ainsi un système complet d*instruction primaire dont les divers degrés se lient Tun à Tautre , se soutiennent et se vivifient réciproquement. Qu'une administration éclairée et Vigilante préside au développement de ce système, et il suffira de quelques années pour que les germes féconds implantés par la loi dans tout déparlement y portent les plus heureux fruits. La chambre des députés a rendu justice, comme nous, à cette simple et vigoureuse organisation. Ses amendements n'ont eu d'autre objet que de la fortifier encore.
L'art. 9 du projet du gouvernement attachait an moins une école publique élémentaire à toute commune , et il était évident qu'imposer une école publique à une commune n'est pas lui interdire d'en avoir plusieurs si elle peut les entretenir, et que dans ce cas on répartira le mieux possible entre ces diverses écoles tous les enfants de la commune. U'ne foule de communes urbaines ont plusieurs écoles, et alors, au lieu de disséminer dans les écoles ces enfants de& différentes communions s c'est la pratique constante de
SUB l'instruction PRUf aire. 1 1 1
radministration de rassembler dans une même école les enfants d'une même communion , quand ils sont assez nombreux pour composer une école entière , et quand les ressources locales le permettent. La chambre des députés a pensé que cette pratique était assez importante pour trouver place dans la loi ; c'est un nouvel hommage à la liberté religieuse auquel nous nous réunissons , et nous vous proposons d'adopter Tamendement de la chambre des députés, en le rédigeant de la manière suivante : c Dans le cas où les < circonstances locales le permettraient , le ministre € de rinstruction publique pourra , après avoir en- € tendu le conseil municipal , autoriser à titre d'école c communale des écoles plus particulièrement affecc téçs à chacun des cultes reconnus par l'État. > • Ainsi, quand il n'y aura qu'une seule école , tous les cultes la fréquenteront, et y puiseront une instruction commune, qui, sans nuire à la liberté religieuse toujours placée sous la garantie de l'article 2 du titre 1^% fortifiera les liens qui doivent unir tous les enfants de la même patrie. Quand il y aura plusieurs écoles dansune commune, les difiérenls cultes se les partageront. Ces différentes écoles seront toutes établies au même titre ; elles auront la même dignité, et /tous les habitants de la commune contribueront à leur entretien , comme dans une sphère plus élevée tous les citoyens contribuent à l'impôt général, qui soutient les différents cultes. Cette mesure de haute tolérance nous a paru conforme au véritable esprit religieux, favorable à la
i 1 % BÂPPQIT FAIT A t A CBAM 9BB 9E8 I^AIRS
paix publique , digne des lumières de notre siècle el de la munificence d'une grande nalion.
La chambre des députés a cru devoir ajouter aux communes dont la population excède 6,000 âmes, celles qui sont lés cbéfs-Iieux de département, quelle que soit leur population, afin qu'il y ait au moins dans tout département une école primaire supérieure, et que cette foule de fonctionnaires et de citoyens plus honorables que riches qu'un chef-lieu de département réunit et attire, ne fussent pas placés entre la simple école élémentaire et le collège. Voire commission est entrée dans ces vues , qu'elle a cru mieux marquées par cette rédaction :
c Art. 10. Les communes chefs-lieux de départec ment, et celles dont la population excède 6,000 âmes, c devront avoir en outre une école primaire supéc rieure. »
Elle a hésité davantage à adopter l'amendement fait à l'article il, et qui permet à plusieurs départements voisins de se réunir pour entretenir une seule école normale primaire qui leur soit commune, tandis que le projet du gouvernement imposait une école normale primaire â chaque déparlement. Peut-être la réunion de plusieurs dépariemenis , pour avoir une seule école normale, est-elle une économie de dépense. Mais d'abord c'est une erreur de croire que toute école normale soit nécessairement fort coàleuse. L'étendue d'un pareil établissement, et par conséquent sa dépense, varient selon les ressources et les besoins
SUR L INSTRUCTION PRIMAIRE. f 15
de chaque département. Dans les départements les plus pauvres, une école normale peut être établie sur le pied le plus modeste, commencer par être une simple annexe d'une excellente école primaire , un externat composé d'un assez petit nombre d'élèves , sans administration matérielle, de la discipline la plus facile, et où règne aisément et par la force même des choses Tesprit de simplicité , j'allais dire de pauvreté nécessaire à l'humble condition qui attend le maître d'école. L'école normale s'agrandit avec la richesse des départements, et c'est seulement dans un petit nombre qu'elle doit former un pensionnat considérable. Ensuite Tinsiitution d'une école normale par département a cet avantage d'intéresser bien plus le département, et toutes les communes dont il se compose , à l'école normale qui leur appartient en propre. Le département qui a cette école sous les yeux, la surveille aisément ; il la soigne, et par là s'y attache, et lui fait bien des sacrifices. Mais comment différents déparlements prendront-ils part à la surveillance d'une seule école? il faudra donc qu'ils s'en remettent de la surveillance qui leur appartiendrait en commun à un seul département. 11 n'est pas non plus facile de procurer le concert de plusieurs conseils généraux de département pour aucun objet , surtout pour celui-là , qui pourrait bien leur paraître* un objet de luxe ; et pendant ce temps aucun des déparlements n'aura d'école. Les lois trop difficiles à exécuter ne s'exécutent pas. Nous craignons que l'amendement fait par la chambre
MACaBIITS LITTBI. — T. 1 . ^^