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HUIT MOI^ AU MINISTÈRE

écoles laïques et les écoles ecclésiastiqaes. I^après^ii législation impériale , ces detix sortes d'éeoles étâteat soQS le même régime ; mais en 4814, une ordonnanee royale, en opposition anx décrets de i 809 et de 4841, fit des écoles secondaires ecdésiastkfiies , auxquelles jusqu^alors s'appliquait le régime commun des éooiei privées , des établissements spéciaux qui , successîfement , obtinrent des privilèges et furent soumis à des conditions extraordinaires. Aux termes de la demîèie ordonnance sur cette matière , la célèbre ordonnaftce de i828, les écoles secondaires ecclésiastiqaes ou petits séminaires conservent le privilège inouï de n^tos assujettis ni aux garanties' littéraires et morales exigées de tout chef d'établissement secondaire privé, «i même à Tinspection de TÉtat ; et en même temps îh ne peuvent recevoir d'externes , ni préparer directe* ment au baccalauréat es lettres , sur cette hypothdie que ces établissements sont principalement chargés de préparer des sujets pour les grands séminaires par une éducation appropriée. Ajoutez que les petita^séminaires sont aussi exemptés de l'impôt appelé taxe «mversitaire. Gepeiodant les petits séminaires se plaignent des entraves qui leur sont imposées; les autres établissements privés se plaignent des privilèges aeeordés aux petits séminaires , privilèges qui rompent l'égalité et empêchent tonte concurrence. Persomie . n'est content , tout le monde réclame. J'ai pensé que le seul remède était ici le retour à l'ancienne légtskitiôn impériale, le rétablissement du régime eommun

fom kmles le$ écales secondaires privées. Dans Tintlruciioo {uninaîre , la loi ne distingue pas les écoles tanne» par des laïques et celles qui sont dirigées par des ecelésiastiqaes|> par exeffl»ple , les frères de la doctrine chrétiMne ; pourquoi n'en seraii-*il pas de même dans l'instruction secondaire? Mêmes chargea et Bdénies garanties : telle est la législation que je voubis établir avec les tempéraments convenables. Ainsi, piMir les ecclésiastiques , les ceriiûcais de n^oralité pwuraient être conférés par les supérieurs dans Tordre ecclésiastique ; et, en supposant que Ton conservâtrimpèt «nivearsitaire , des remises de cet impôt auraient pu être accordées et réparties par le ministre de Finstroction publique sur la proposition des évêques , d'après le nombre moyen des jeunes gens qui entrent ckaqi^ année dans les séminaires , afin que les écoles secondaires ecclésiastiques pussent continuer de servir m recrutement du clergé.

Cest ainsi que j'aurais voulu fonder dans rinstruc- Uon secondaire, comme nous Tavons fait en i 833 dana risatruction primaire , la liberté commune de Tenaeignemeot, avec de communes garanties. J'étais parvenu à gagner à ce projet les membres lea plus influents de l'une et de l'autre chambre. M. le cdmte de Tascher , daaa plusieurs rapports sur des pétitions relatives à la liberté d'enseignement, avait présenté, d'accord avec moi, les mêmes vues, qui avaient <d>tenu les suffrages ^ peu près unanimes de la chambre des pairs. J'avais consulté plusieurs ecclésiastiques éminents qui ont

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adhéré à ce projet, et monseigneur rarchevéque actoet de Paris en avait approavé Tesprit et même les principales dispositions , dans nne conrersation que j*eiis rhonneur d'avoir avec lui sur ce grave sujet. Je ne crois pas céder à une illusion flatteuse envers moimême , en me nourrissant de Tespoir que ces pensées conciliatrices , qui étendaient les droits de TÉiat en augmentant la liberté de tous, eussent obtenu Tasseoffment général et résolu d*une manière satisfaisante le problème compliqué de la légitime liberté de renseignement.

Mais il ne faut pas se le dissimuler , rétablissement de la liberté d'enseignement est une innovation grave pour l'université et pour la société tout entière. J'ose dire que , pendant les huit mois <!e mon ministère, je n'ai pas i)assé un seul jour , une seule heure sans préparer l'université à cette crise redoutable, et sans prendre toutes les mesures qui pouvaient mettre les écoles publiques en état de soutenir la concurrence avec les écoles privées.

Deux sortes de mesures sont ici nécessaires : i<> augmentation du nombre des collèges royaux ; â^ perfeo* tionnement de leur système d'études.

Quant an premier point , en 4857, la chambre des députés avait voté le principe d'un collège royal par département ; j'avais moi-même rappelé ce principe k la chambre ; j'avais déclaré à la commission du budget, avec son approbation unanime, que l'année prochaine, d'une main, je présenterais la loi sur la liberté de l'en-

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saignement, et de Fautre, j'apporterais la demande de cinq nouveaux collèges royaux. Un collège royal avait été volé par la cbambre en 1 858 pour la ville de Saint- Etienne. J'ai repris les négociations entamées à ce sujet f et à Theure qu'il est, ce collège est en pleine activité» et sa prospérité naissante répond à mes efforts et à mes espérances. La chambre m'ayant accordé à oioinnème un autre collège royal, dès le lendemain de la publication de la loi des dépenses , je m'adressai à Ja ville d*Âlençon , et cette ville ayant éprouvé des difficultés pour satisfaire aux engagements qu'elle aurait dû contracter, je me suis adressé immédiatement à une autre ville , à Ângoulême ; et grâce à Tactivité éclairée de M. le recteur de l'Académie de Bordeaux que j'envoyai sur les lieux , je suis parvenu à réaliser en quelques mois le collège royal voté par la chambre, de telle sorte que j'eusse pu lui présenter les résultats 4é}à obtenus (i) à l'appui des nouveaux sacrifices que je lui aurais demandés.

Voici maintenant dans leur ordre d'importance et dans leur enchaînement logique les diverses mesures qae j'avais cru devoir prendre dans l'intérêt de l'ensei- {^nement national»

L4a première de toutes, la plus indispensable, était la réforme du baccalauréat es lettres. Au moment où vous émancipez toutes les institutions privées et leur donnez le droit de préparer à l'examen du baccalau^

(1). Recueil, etc., page 503.

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réat, voire premier devoir est (Tétever et de coDsiitaeir sérieusement cet examen. H est le terme des étades. Il les résume , il les juge ; il est le passage du collège à rinstruction supérieure et à la société. Il faut que nul ne puisse franchir ce passage sans justifier d'une capacité suffisante. D'abord, Tépreuve du baccalauréat doit être uniforme d^un bout de la France à Tautre. Jusqu^ici, excepté pour la philosophie, les matières étaient différentes dans toutes les académies. J'ai rendu Texamen absolument le même partout , et je fai à la fois simplifié et fortifié. Je l'ai fortifié en y introduisant une composition , une version latine où chaque cainfidat doit montrer qu'il sait le latin' et surtout le français , qu'il sait au moins l'écrire correctement; je Tai simplifié en retranchant une foule de détails littéraires, historiques et géographiques, où triomphait ta mémoire, où périssait rintetligence : or, c'est l'intelligence qv'H s^agit de former ; l'instruction elle-môme n'est qa'nn moyen , l'éducation de l'intelligence est le bat. Une épreuve nouvelle a été introduite, l'explication grammaticale et littéraire des classiques français. Enfin,pour qu'on ne pût accuser de partialité les jugements des commissions d'examen, il a été prescrit que dans toutes les académies où il n'y aurait pas de faculté des lettres , l'examen eût lieu, non plus dans l'enceinte du collège , mais en public, dans le bâtiment même de l'Académie, et encore que les censeurs et les proviseurs ne fissent plus partie de ces commissions. Ainsi constituée , répreuve du baccalauréat acquiert une autwité incon-

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testée, el elle protège efficacement la société contre les vices ou les négligences de Téducation privée (i).

Mais la réforme du baccalauréat es lettres eût été un contre*8ens si elle ne se fût appuyée sur la sérieuse entreprise d'améliorer Tintérieur de nos collèges , et d'en faire de plus en plus des établissements modèles placés au-dessus de toute rivalité par la force des maîtres , la sévérité de la discipline et l'excellence du système d'études.

La division de Tagfégation des sciences , jusqu'ici unique , en deux agrégations distinctes, Tune pour les sciences mathématiques^ l'autre pour les sciences physiques et naturelles , est un perfectionnement considérable apporté à l'enseignement scientifique. Quand je n'aurais pas fait autre chose pour les sciences , je croirais encore les avoir bien servies (i). La nécessité, pour se présenter à chacune de ces agrégations, de justifier du double brevet de licencié es sciences mathématiques et es sciences physiques , maintient cette généralité de connaissances indispensable à tout véritable savant ; et en même temps la distinction de deux ordres d'a{>;régation suscite des vocations spéciales, crée des professeurs plus profondément instruits et capables de donner un enseignement plus solide. Par là encore, les sciences naturelles, qui jusqu'ici n'avaient lobtenu aucune place dans l'agrégation , y sont conve-

(i) Recueil, etc., pages 5t-ll4.

(2) Page 45.

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nablemenl représentées^ et leur enseignemeol st n^lifd acquiert une jusie importance de la qualité mèaie df ceux qui désormais en seront chargés , et qui devront avoir passé aussi , comme tous les autres professeurs des collèges , par un concours d'agrégation. Cela m*a permis d'introduire enfin à Técole normale le sérteox enseignement des sciences naturelles et d'établir dans la section des sciences deux divisions correspondantes aux deux nouveaux ordres d'agrégation (i). Ce perfectionnement est , je' crois, le dernier que pût recevoir encore cette grande école (i), dont je m'bonore d'être sorti, à laquelle j'ai si longtemps consacré mes soins , et qui désormais n'a plus besoin que d'un bàtimeni digne d'elle, parfaitement approprié à son usage : ce bâtiment, j'en avais moi-même arrêté le plan à Taide d'un habile architecte, et je regrette de n'avoir pu le présenter aux chambres et donner à l'école normale ce dernier gage du profond intérêt que je ne cesserai de lui porter (5).

En même temps que je préparais de bons professeurs à l'enseignement des sciences naturelles « je constituais cet enseignement jusque-là si divers, si arbitraire ; tantôt trop faible, tantôt trop fort ; ici, à Paris, annexé à la sixième ; là, à des classes très-différentes. L'ancien programme avait soulevé d'unanimes

(1) Recueil, pag^e 47.

(2) Voyez Touvrage intitulé École normale, 1 vol. in-8«. Paris, 1837.

(3) Cesi le plan récemment présenté aux chambres.

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iréclamaiioiis. Grâce aux conseils que m'ont donnés deux honorables membres de TAcadémie des sciences, M. Bendant, inspecteur général des études^ et M. Milne Edwards, professeur suppléant d'histoire naturelle à la faculté des sciences de Paris, j'ai pu rédiger un programme qui détermine le véritable but de renseignement des sciences naturelles dans les collèges, lui donne son vrai caractère et en fixe le plan (i). Mais une fois cet enseignement bien constitué, avec le caractère général et philosophique qui lui apparlieut, il était impossible de le placer en sixième ; j'ai dû le mettre à sa véritable place , dans la première année de philosophie , entre les cours de physique et de philosophie qu'il soutient et qui le complètent.

Ceci me conduii naturellement au service le plus effectif que je crois avoir rendu à la fois à l'enseignelaeni scientifique et à l'enseignement littéraire : je veux parler du nouveau règlement des études (s).

Ce nouveau règlement n'est pas autre chose que le retour, avec quelques perfectionnements, au plan d'étude des lycées de Tempire , qui lui-même était la pratique perfectionnée des anciens collèges de l'université de Paris. Depuis, il avait été introduit diverses innovations , perpétuellement changeantes et chaque année modifiées, sans avoir encore pu satisfaire personne, dans le but d'entremêler renseignement des

(1) Pages 27-34.

i^J) Page» Î7-26.

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sciences et celui des lettres, depuis le commencenieBl jusqu'à la fin des éludes. Le dernier essai joint Thistoire naturelle à 1a sixième , rariihinéiîqae et la géométrie à la cinquième, à la quatrième et à la troisième, la chimie à la seconde, la cosmographie k la rhétorique, etc., en donnant à cet enseignemeai additionnel le moins de temps possible. 11 ne produisait donc aucun fruit, et n'excitait qu'un très-médio^ cre intérêt de la part des maîtres et de la part des élèves ; et ce peu de temps accordé aux sciences el qui ne leur servait à rien, était un dommage considé^ rable pour l'enseignement des lettres auquel iJ avait été retranché. Je ne prétends pas que ce mélange n'eût quelques avantages accessoires ; mais en tout ce n'est pas l'accessoire, c'est le principal qu'il faut considérer ; et le principal ici, c'est l'immense inconvénient de tout mêler dans la tête des jeunes gens, a d'énerver leurs forces en les disséminant sur on trop grand nombre d'objets disparates. Quel est le bot dû collège? Ce n'est pas de donner une certaine dose d'instruction. Non ; le but du collée est plus élevé: ce n'est pas moins, je l'ai déjà dit, que l'éducatioD de l'intelligence, à l'aide d'enseignements divers, convenablement répartis selon les forces et les besoins de chaque âge. De là cette grande maxime, qui sort el de la connaissance de l'esprit humain et de l'expérience universelle : que les lettres doivent venir avant les sciences, dans l'intérêt des unes et des autres, et dans riniérêt commun de la bonne et solide cnltore de

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rinleUigence. Quand les lettres, par renseignement 4e8 languea et de Tbittoire, ont cultivé à la fois et l'esprit et le cœur et Fimagination , quand elles ont formé rhomme, c^est aux sciences à Tacheveren donnant la main à la philosophie ; je parle des sciences prises au sérieux : car tout enseignement qui n'est pas sérieux n'est pas seulement inutile, mais dangereux ; il amollit et efféminé l'esprit ; il est un mauvais apprentissage de la vie ; il donne ce préjugé qu'avec peu de peine on peut apprendre quelque chose, ce qui est radicalement faux. Voilà pourquoi j*ai supprimé depuis la sixième jusqu'à la rhétorique tous ces petits et légers enseignements d'histoire naturelle, de chimie et de géométrie, et je les ai réunis et placés après la rhétorique dans l'année de philosophie, selon la pratique universelle en France jusqu'en 1789, et selon le plan d'études de l'empire , tel qu^it était suivi de mon temps. Cependant j'ai laissé la faculté d'établir des conférences libres de mathématiques depuis la sixième jusqu'à la rhétorique, pour le petit nombre de nos élèves qui n'ont pas en vue le baccalauréat es lettres, c'est-à-dire l'éducation complète et régulière du collège, mais les écoles spéciales, militaires et autres, et qui , par conséquent , ne font d'ordinaire ni ritétorique ni philosophie, et ont besoin d'une culture scientifique particulière avant d'arriver à l'enseignement approfondi des sciences qui commence à la fin de la rhétorique. Suit qui vent ces conférences préparatoires; elles ne sont imposées à personne, et ne

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déforment pas le plan général des élades fondé stfr fa nature même des choses, sar rexpérienceà la fois «I sur une haute philosophie.

Parce nouveau r^lement d^éludes, je croîs a^oir donné une nouvelle preuTO de ma haute estime pour renseignement des sciences, et en particulier des sciences mathématiques. Sans doute, mes propres réflexions et le profond sentiment de la dignité des sciences m'avaient depuis longtemps conduit à ce résultat ; mais je m'y suis d'autant plus attaché que fm vu mes principes confirmés par l'imposante autorité de celui des membres du conseil royal qui est chargé de la direction des études mathématiques, M. Poinsot, ancien inspeeteur général des études, membre de l'Académie des sciences , et que la voix publique proclame comme l'un des mathématiciens les plus habâes de la France et de l'Europe.

En même temps que je m'efforçais de fortifier aîné l'enseignement des lettres et des sciences, j'ai voak fonder d'une manière sérieuse celui des langues vivantes. Je leur ai donné trois années consécutives, à partir de l'âge où l'esprit, déjà formé par une certaine connaissance des langues anciennes, est apte à avancer rapidement dans l'étude plus facile des langues modernes. Je leur ai donné trois années, il est vrai, avec une seule leçon par semaine, mais avec une leçon de deux heures, qu'il serait mieux peut-être de diviser e» deux leçons d'une heure chacune ; j'ai moi-méone tracé dans une circulaire le plan que doit suivre pen-

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4aDl ces trois années le maître chargé de cet enseignement (f ).

Mais que pourraient produire ces améliorations si les élèves auxquels elles s'adressent en définitive peuvent manquer impunément d'attention et de zèle, et ceux-là surtout qui tiennent de la munificence nationale le bienfait de Tinsiruction, et qui^ à ce titre, devraient toujours être les modèles dcleurs camarades? J'ai donc prescrit qu'aucune promotion de bourse ne peut être accordée que sur des preuves de travail et de capacité aux élèves qui seraient portés d'après l'ensemble de leurs notes sur la liste d'avancement ; car si les demi-bourses doivent être données au mérite de la famille, toute promotion doit être le prix du mérite personnel de l'élève. J'ai voulu aussi que nul ne pût passer dans une classe supérieure sans avoir prouvé qu'il est en état de la suivre avec fruit, mesure décisive qui, bien exécutée, avec un juste tempérament de sévérité et d'indulgence, doit, après quelques années d'épreuves, délivrer nos collèges de cette foule de mauvais élèves, retardataires incorrigibles qui assistent aux leçons du professeur sans les comprendre, trompent leurs familles en se traînant ainsi de classe en classe jusqu'à la fin de leurs études, et vont encombrer les carrières distinguées de candidats incapables («).

J'ose dire que cet ensemble de mesures, toutes empruntées à rexpérience et d'un succès infaillible, si on

(1) Paffe35.

(8) P,ige8 59-44.

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▼eot y tenir la maîii , devait atsorer à nos eollégea une prépondérance incontestable dans la Taate cmdurrenoe qu'allait oanîr rénaAcipatioQ de rinstnictioD secondaire. Ceat après avoir ainsi am^ rwôrersite, qae j'aurais sans crainte présenté la loi sur la liberté de renseignement.

D'aillenra, je m'empresse de le reoonnattre : toutes les réformes organiqoes sont vaines sans une adaî* nistration vigilante , conduisant habilement ma expé* diant avec rapidité les affaires , et snrlont aUentîve au choix des hommes ; car, on ne saurait trop le redire» dans l'université les homn^s sont tout. C'est an chiMx des hommes que je me suis partienlièrenent appliqué. J'ai fait des conseillers, des inspecteurs généraux, des proviseurs, des censeurs, des professeurs de tout ordre, et on a bien voulu remarquer que, dans aucune eirconstance» je n'ai fait plier l'inCérèti sitaire devant des considérations politiques ; que, i à toutes les sollicitations , de quelque côté ^>iles partissent, j'ai toujours été chercher l'homme le plus ' capable, d'alxM^ par justice, pour honorer le aiéffîle et dans l'intérêt du service , ensuite parce que , dans un corps où tous les membres se connaissent, lea dmx sont un enseignement pour le corps entier ; eat grftee à cet enseignement, le plus clair de tous, quinia jo«s après mon entrée aux affaires^ je n'ai plus reç« que des demandes suffisamment autorisées (i).

(1) Pages 375^385.

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lllâs , dans rinsiniciîoD supérieure , k meilleure aâmimstration ne pourrait suppléer aux vices de l'organisatioA ; «t, il faut le dire, autant rinstrueiion secondaire est admirablement constituée en France , autant Tinstruction supérieure laisse encore ^ désirer, j^entends pour l'organisation. Les facultés confèrent des grades, c'est là leur principale mission, et elles la remplissent d'une manière satisfaisante , avec zèle «t avec équité. Mais le nombre des facultés dans les différents ordres est arbitraire, et leur répartition sur les divers points du territoire n'est réglée par aucun principe. Le mode de nomination des professeurs est divers dans les différentes facultés, et il est très-jus^ lement attaqué. Il n'y a aucune émulation parmi les étudiants. En un mpt , sans renouveler ni multiplier des critiques qui ont été cent fois faites, je rappellerai qne moi-même , dans mes ouvrages sur l'instruction publique en Allemagne et en Hollande, j'avais signalé le mal et indiqué le remède. Après cela, étais-je donc reçu à ne rien faire , et à ne point exécuter moimôme, comme ministre, ce que j'avais tant recommandé comme conseiller et comme écrivain ? Voilà ma réponse aux personnes, même bienveillairtes, qui, un peu étrangères à ces matières, se sont étonnées du grand nombre d'ordonnances et de règlements que j'ai publiés en si pea de temps sur l'instruction supérieure. Si j'ai été si vite, c'est, encore une fois, qu'en arrivant aux affaires, j'avais un but, un plan, des desseins tout arrêtés; c'est que je savais aussi que le temps

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m'était mesnré, que les minislères durent peu, et que si je ne mettais moi-même couragensement et proniK tement la main à Tœuyre, des pensées utiles, longtemps mûries dans mon esprit , couraient le risqoe d'y mourir, le ne prendrai qu*un seul exemple , celui des écoles de droit. Depuis longtemps il n'y a qu'un ' cri sur les vices de renseignement du droit parmi nous ; et pourtant, qui a commencé la moindre réforme? Du moins , ai-je fait le premier pas. Mais j'ai donné M. Rossi au conseil royal ; c'est à lot de poursuivre et d'achever la réforme que j'avais entreprise et que j'ai à peine commencée en ce qui regarde les écoles de droit.

Et puis on n'a pas remarqué que ce grand nombre d'ordonnances, de règlements et d'arrêtés, ne sont que les diverses faces de deux ou trois idées. Les ordonnances royales posaient les principes , les règlements entraient dans toutes les dispositions particulières de la matière, et les arrêtés ministériels exécutaient. Je n'ai pas posé dans une ordonnance ar seul principe qui ne soit aujourd'hui en pleine exécu • tion.

Voici les principales idées générales auxquelles on peut rapporter tous mes actes relatifs à l'instruction supérieure.

1<» Conformément à tout ce qoe j'avais dit et répété dans mes ouvrages, je me proposais de substituer peu à peu aux facultés isolées , éparpillées et languissantes sur une multitude de points , un système de

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grands centres seieiuiiiques où louie» le« facultés fussent réunies, selon la pratique du monde entier. Oui, je ne le cache pas , si j'admire profondément Funilé de la France, je ne crois pas que celte précieuse unité fût en péril parce qu'il y aurait de la vie ailleurs qu'à Paris. Pour me borner à l'instruction publique, je suis convaincu qu'il est possible d'établir dans un certain nombre de villes des foyers de lumières qui , en projetant leurs rayons autour d'eux , éclaireraient et viviferaient de grandes provinces au profit de la civilisa^* don de la France entière. Par exemple , j'ai voulu faire une sorte d'université bretonne à Rennes (i). Il y avait déjà à Rennes une faculté de droit et une fa^ culte des lettres; j'ai demandé à la chambre des députés les fonds nécessaires pour y établir encore une faculté des sciences et une faculté de médecine pour tous les départements de l'Ouest. La chambre a voté sans difficulté la faculté des sciences, et je n'ai pas perdu de temps pour l'établir et la constituer fortement avec un personnel d'élite. Le projet, d'une faculté de médecine n'a pu être discuté , et je l'aurais reproduit à cette session. Je me serais présenté à la chambre des députés appuyé, d'une part, sur l'ordonnance du 45 octobre i840 qui constitue solidement les écoles secondaires de médecine qu'on n'aurait pu m'accuser de vouloir détruire; de l'autre, sur les vœux hautement exprimés de la Bretagne tout entière ,

(1) Pages 272 sqq,

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excepté la ville de Nantes. La chambre des pairs, par Torgane de M. de Gérando , s'était prononcée nettement à cet égard ; elle réclamait, le plus tôt possible, une faculté de médecine à Hennés ; et nous aurions TU si , à la chambre des députés , de petits intérêts de localité Toussent emporté sur des vues nationales, sur Texpérience universelle, sur Popinion de la chambre des pairs, et sur les besoins de toute la Bretagne. En tout cas , la chambre aurait dû se charger elle-même de la responsabilité du rejet de cette loi ; car je n'aurais pas hésité à la lui présenter. J'espère qu'au moins l'école secondaire de médecine de Rennes se ranimera dans l'atmosphère scientifique que va lui créer la fa« culte des sciences , et qu'ainsi il y aura dans celte capitale intellectuelle de la Bretagne, avec un des meilleurs collèges du royaume et une grande école normale primaire, quatre belles écoles de droit , de lettres , de sciences et de médecine, où viendront se former toul ce qu'il y a en Bretagne de jeunes et nobles esprits aspirant à se distinguer. Il ne faut pas craindre les foules ; c'est des foules que sortent les hommes supérieurs , parce que dans les foules seules il y a de Tar* deur, de l'émulation , de la vie. Quatre départements de la Bretagne sur cinq ont voté des sacrifices pour la future école de médecine qu'un projet de loi une fois présenté leur a promise. La ville de Rennes a contracté l'engagement de consacrer un grand bâtiment académique aux facultés réunies. Avant de quitter le ministère, j'ai fait un envoi considérable de livres pré-

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eieux pour la bibliothèque de ces facultés , et en particulier, pour la nouvelle faculté des sciences. A ma prière, mon honorable ami, M. de Rémusat, ministre de l'intérieur, avait commandé un buste de Descaries, le plus illustre enfant de la Bretagne, pour la nouvelle faculté des sciences de Rennes, et j'avais promis aux députés de la Bretagne, et je m'étais promis à moi-même d'aUer à Rennes inaugurer rétablissement d'une université bretonne. Du moins les fondements de cette université sont posés ; le temps, j'espère, fera le reste. Ce que j'ai presque accompli à Rennes pour la Bretagne« je l'avais tenté à Caen pour la Normandie. Caen est évidemment la capitale intellectuellede la Normandie. 11 ^ a eu là, autrefois, une université qui a compté des hommes de beaucoup de mérite ; il serait facile d'y rétablir un certain mouvement scientifique et surtout littéraire. 11 y a une faculté de droit, une faculté des lettres, une faculté des sciences^une école secondaire de médecineque l'ordonnancedu 1 5 octobre 1 840 va développer encore. Mon dessein était d'y transporter la faculté de ihéologiede Rouen. L'ordonnance de translation existe, signée par le roi. Une faculté de théologie à Rouen est un germe stérile. Elle est isolée ; elle ne s'appuie point sur une faculté des lettres. Rouen est une admirable ville de commerce, mais nullement une ville d'études, encore bien moins d'études ecclésiastiques. Aussi cette faculté n'a-t-elle jamais produit aucun résultat. Elle est entièrement ignorée, et c'est presque en voulant la déplacer que j'ai appris aux habitants de Rouen son

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exi8tence« Les coars ne se font pas ; Tarclievèqae y eti contraire ; le doyen m'avait spontanément envoyé sa démission. A la lettre, je Tai trouvée morte ; j'ai vonto la recréer en la transportant ailleurs. J'ai offert à Houen, au lieu de cette faculté insignifiante, une grande école intermédiaire que la loi impose à la ville et qui lui serait d'une utilité incontestable. An contraire, Caen est une ville où une faculté de théologie serait parfaitement bien placée par les dispositions généraiet et Tesprit du pays, où la piété est en très-grand honneur, à cause aussi du voisinage des trois autres facultés qui fourniraient un magnifique auditoire^ des pré^ dicateurs de religion éloquents et instruits, comme déjà je les avais trouvés. Le recteur de TAcadémie, M. Tabbé Daniel, avait pris à cœur cette affaire, et personne n'était plus propre que lui à la négocier habilement. Je fais des vœux pour qu'elle réussisse ; ce serait oi grand avantage pour la Normandie tout entière qui aurait aussi son université.

Successivement j'aurais ainsi essayé d'établir dans le cœur de chacune des grandes régions de la France plusieurs facultés , liées entre elles , se soutenant el s'animant l'une l'autre, mettant en commun leur bi*bliothèque, leurs élèves, leurs lumières.

2*» Mais la base d'un tel système est l'institotion des agrégés de Facultés en possession exclusive de suppléer les professeurs empêchés et ayant le droit de faire des cours libres dans l'auditoire même de la Facoké, avec l'assentiment du doyen et du ministre. Les agré*

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gés, voilà rélemenl de vie pour une Faculté (i). J'ai emprunlé cette grande institution, d'abord à nos Facultés de médecine , ensuite à la pratique de rAllemagne^ où elle donne les plus admirables résultats (t). Elle existait même, jusqu'à un certain point, dans les facultés de droit; car les suppléants sont de vrais agrégés; il n'y avait plus qu'à leur conférer le droit de faire des cours complémentaires. J'ai l'honneur de l'avoir introduite pour la première fois dans les facultés des lettres et dans les facultés des sciences. Je ne me suis pas contenté de mettre cette institution dans une ordonnance : j'ai réalisé l'ordonnance par des rè^ glementSf et ces règlements, je les ai exécutés immédiatement.'De grands concours se sont ouverts à Paris, à la Sorbonne, pour les sciences mathématiques, pour les sciences physiques , pour les sciences naturelles , pour les lettres , pour la philosophie , pour Thistoire. De tous les points de la France s'y sont présentés de nombreux candidats, l'élite des agrégés de collège, la fleur de l'université. Ces concours ont été présidés par les hommes les plus éminents, tous membres de l'Institut et hauts fonctionnaires de l'instruction publique. L'éclat de ces concours a converti les plus incrédules, et la nouvelle institution a été fondée à son début par ses succès mêmes. Douze agrégés pour les facultés des

(1) Recueil, pages 126^216.

(2) De Vins truc tîon publique dans quelques pays de /^jéliemagne , édUiou Hauhar et C^ Bruxelles, 18S8. De VinstructUtn publique en Hollande, ibid., 1841.

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