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DE LA DOMINATION ECCLÉSIASTIQUE. SOI

ses cendres, et qu'il se forme depuis quelque temps à Paris même , au centre de Tautorilé , un institut ou noviciat de jésuites. Ou ces maisons ne renferment qu'une sorte de congrégation, d'association religieuse, et alors je demande si ces maisons sont connues de monsieur le ministre de Tintérieur, et si elles sont autorisées par lui, conformément aux lois; ou bien dans ces maisons il y a un enseignement quelconque, il y a une école, et, alors, diaprés Tart. 2 du titre V^ du décret de 1808 , qui , je le répète , est une loi , toute école, tout établissement quelconque d'instruction doit être préalablement autorisé par le grand maître de l'université. Cette autorisation se donne sur l'avis du conseil de l'université ; il faut qu'une demande soit formée ; il faut que le règlement intérieur d'étude et de discipline soit produit ; il faut que l'établissement en question se soumette à la surveillance des inspecteurs de l'université. Or, aucune de ces conditions n'a été remplie par les établissements auxquels je fais allusion. Comment donc ont-ils pu se former, comment ont-ils pu se soutenir un seul jour , sans que les lois

Nicole) et il avait reçu Papprobalion de M. l*archevéque do Paris.

Eo 1828, on n^aurait jamais souffert qu^uoe faculté de théologie abandonnât l^auditoire universitaire, et, par un renversement complet de la règle, transportât ses cours dans le séminaire qui relève exclusivement de Tautorilé épiscopale. C*est pourtant ce qui se f^it aujourd'hui dans une grande faculté de théologie.

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sur les écoles clandestines leur aient été apf^iquées (i )?

Sous la restauration, en 1828, une ordonnance a été rendue sur les petits séminaires à la suite des déli* bérations d'une commission dont faisaient partie de» hommes aussi attachés à la religion qu'aux lois, de graves jurisconsultes, de pieux prélats. Je crois même que M. Tarchevêque de Paris présidait cette commission (2). Eh bien ! celle ordonnance, dont Tauleur est un de nos plus respectables collègues ici présent, cette ordonnance que certes on n'accusera pas d'avoir été rédigée à une époque et dans un esprit hostiles à la religion et à l'épiscopat, je le demande à la bonne foi de M. le garde des sceaux de i837 et de 1838 : estelle sérieusement exécutée (2) ?

Mais je m'arrête, messieurs; cette énumération m'entraînerait trop loin. Je supprime les faits les plus authentiques et les plus graves, qui se pressent dans ma mémoire ; j'écarte les réflexions qui se présentent d'elles-mêmes ; je ne veux point aggraver le mal en le

(1) M. le garde des sceaux a répondu sur Saint-Acheul ; mais il a cru devoir garder un absolu silence sur le noviciat des jésuites.

(2) Elle était composée de MM. Tarctievéque de Paris, Lalné, Séguier , Mounier, pairs de France; le comte Alexis de Noailles, Laboui'donnaye, Dupin atoé, députés; Pévéqne de Beauvais; Courville, membre du conseil de Tuniversité. Voy^ Tordonnance royale do 23 janvier 1838, signée Portatis.

(3) Il ne peut être ici question du nombre des élèves que M. le garde des sceaux a rappelé, mais des conditions auxquelles ces élèves peuvent être admis , et ces conditions ne sont point remplies.

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montraDi dans toute son étendue ; d'ailleurs, je sens que mes forées ne serviraient pas mon zèle. Mais qui donc pouvait ici élever la voix en faveur des lois et des règlements universitaires, et contre les empiétements toujours croissants de Tautorité ecclésiastique, si ce n'est un membre de Tuniversilé , bien connu, je Fespère, pour ne pas être l'adversaire du clergé? Je ne triomphe pas ; loin de là, je m'aiSige profondément des abus que je vous signale ; le devoir même que je remplis me pèse ; ei, pour rompre le silence sur une pareille matière, il ne m'a pas moins fallu que le cri impérieux de ma conscience. Non , l'université n'est point l'ennemie de TÉglise ; elle en est l'amie, elle en est l'alliée ; mais enfin elle n'est point l'Église. Depuis Gerson jusqu'à Rollin, elle s'est toujours honorée d'être gallicane ; mais elle n'a jamais été, elle ne sera jamais jésuitique. L'université nouvelle connaît et sa situation et sa mission. Elle est de son siècle ; elle ne demande ni privilèges injustes pour elle, ni proscription des écoles privées et rivales; elle les appelle toutes, au contraire, à servir avec elle la grande cause, la cause sacrée de l'éducation de la jeunesse ; elle ne réclame qu'une seule chose, à savoir l'égale exécution des lois, et particulièrement de celles dont la gardq lui est confiée.

Puisse, messieurs, ce tableau, trop long sans doute, et pourtant bien abrégé et bien pâle, des concessions imprudentes récemment faites à la domination ecclésiastique, ne pas vous avoir été présenté en vain !

S04 DISCOURS SDR LA RSNAISSANGB, BTC.

Paisse cet appel à la jastice et à la fermeté du gouvernemeDt être entendu, et, un prompt retour aux vraies maximes d'État, une imprtiale exécution de la législation existante, calmer les esprits émus el dissiper les alarmes des amis de la religion et de Tordre public 1

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