Pensée», V
2. Voir notre liyre sur la Liben'ié et le héterminisme, et nos Principes de pkiletophie.
peut plus être à son tour qu'une croyance toute surnaturelle, une révélation, une foi mystique. Cette foi, c'est Dieu qui nous l'inspire, quand il lui convient, par le plaisir ou attraitpassif. En un mot, comme le soutenaient les jansénistes , tout ce que nous pouvons faire par nos propres forces, ce n'est point d'aimer, mais de craindre. . Pascal est amené ainsi à placer le fondement rationnel de la foi dans l'intérêt ; l'intérêt devient la 'seule raison naturelle de croire en Dieu, puisque là vraie et suprême raison, la charité, est surnaturelle ^. Ainsi s'explique le fameux argument du pan^ qui est un calcul de pur intérêt. « Dieu est, ou il n'est pas. Mais de quel côté pen- » cheron&-nous ? La raison n'y peut rien déterminer. Il » y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu, » à l'extrémité de cette distance infime, où il arrivera » croix ou pile. Quegagnerez-vous?... Il faut parier, cela » n'est pas volontaire : vous êtes embarqué. Lequel preu- » drez-vous donc? Yoyons. Puisqu'il faut choisir, voyons )) ce qui vous intéresse le moins... Pesons le gain et la » perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces )) deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous » perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, » sans hésiter. )> Outre que c'est là une application fort contestable du calcul des probabilités, cette foi par intérêt et par calcul de hasards, semblable à un coup de dé, estelle ua fondement sûr, non-seulement pour la morale, mais pour la religion même? Nous voilà loin de ce « mouvement de charité » qui surpassait infiniment le monde intellectuel et le monde sensible, et qui, à lui seul, était un nouvel univers. — Il n'y a que Dieu, dit Pascal, qui puisse produire ce mouvement. — Mais si je n'y suis moi-même pour rien, pouvez -vous dire vraiment que j'aime? Si votre univers moral n'est pas l'œuvre de ma