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à la suile de la vie des philosophes d'Eunape , il donna un fragment de son histoire politique^ sur le même manuscrit d'Anvers dont Hœschel avait déjà tiré l'ouvrage de Dexippe et ceux de plusieurs autres historiens. Cette nouvelle édition y imprimée d'abord à Heidelberg en 1596^ et réimprimée en 1616 à Genève, quoique bien supérieure à celle de Junius, sans être tout-à-fait mauvaise , laissait encore beaucoup à désirer, et plusieurs savants avaient conçu le dessein de donner une édition vraiment critique du seul historien que nous ait laissé l'antiquité sur une des époques les plus intéressantes et les plus obscures de l'histoire de la philosophie. On voit, par une lettre d'Holstenius à Lambecius (1), que Lambecius avait eu ce projet. Gudius, dans une lettre à Ménage, l'entretient des travaux considérables qu'il avait entrepris daps ce but. Fabricius avait voulu aussi , à ce qu'il parait , ajouter ce service à tous ceux que lui devait déjà la philosophie ancienne* Après lui, les nombreux matériaux qu'il avait rassemblés passèrent à Carp* zow, qui, succédant aux desseins et aux travaux de Fabricius, publia à Leipzig, en 1748, un spécimen de l'édition qu'il préparait. Wagner, l'éditeur des lettres d'Alciphron, avait aussi pensé à Eunape. Enfin Wyttenbach, après avoir jugé Eunape si sévèrement dans sa lettre critique à Ruhnken, se réconcilia si bien, à une lecture plus approfondie,
(1) Yojez les pages 360 et 382 de l'édition de M. Boisfionade. /
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avec cet historien de la philosophie d'Alexandrie^ qu'il en entreprit une édition. Il était réservé à un Français d'accomplir la pensée de tant de savant» hommes.
, Personne y en effet, n'était mieux préparé à don* ner une édition critique d'Ëuuape que M. Boissonade , qui a déjà si bien mérité de la philosophie néo-platonicienne en publiant une nouvelle édition de la vie de Produis par Marinus , et le commentaire inédit de Proclus sur le Cratjrle. Et comme si ses propres ressources ne lui suffisaient point , sa modestie lui a fait un devoir de procurer tous les matériaux amassés par ses devanciers. Le spedmen de Garpzovir le mettait en possession des notes de Fabricius, et par l'intermédiaire de Schoçfer, Erfurt, entre les mains duquel étaient toiùbés les travaux inédits de Wagner, les a obligeamment communiqués à M. Boissonade, avec des notes de Reinesius. Pour la vie de Libanius , il a eu les notes* inédites de Valois ; et deux exemplaires d'Eunape qui avaient appartenu à Walckenaer^ lui ont fourni quelques corrections heureuses déposées sur les marges par Walckenaer, ou par lui recueillies sur l'exemplaire de Vossius conservé à la bibliothèque de Leyde ; sans compter les conjectures de l'illustre évéque d'Avranches, Huet, que contient un des exemplaires de la bibliothèque de Paris, et d'autres secours qu'il serait trop long d'énumérer, et qui tous disparaissent devant la vaste collection de remarques de toute espèce dont Wyltenbach a
enrichi l'ouvrage de notre savant compatriote : de sorte que les deux volumes dont se compose cette édition d'Eunape, présentent les travaux des maîtres de différents pays et de différents isiècles^ habilement employés par un des maîtres du siècle présent.
Mais les meilleures ressources que M. Boissonade ait eues pour son édition ^ ce sont particulièrement des manuscrits qui avaient manqué à ses devanciers» Nous ne parlerons point des variantes du manuscrit de Florence, prises par Gronovius^, et déposées par celui-ci sur un exemplaire de l'édition de Commelin, tombé dans la possession de Wyttenbach et communiqué par sa veuve à M. Bpissonade; ces variantes précieuses étaient connues de Wyttenbach. M. Boissonade a eu à sa disposition les richesses de quatre bibliothèques qui n'avaient pas encore payé à Ëunape lem' contingent d'utiles variantes. Le Vatican lui a fourni le manuscrit n"* 140, excellent partout où il est lisible, et dont M. Hase a fait une description intéressante dans son catalogue malheureusement encore inédit des manuscrits du Vatican que la conquête de l'Italie avait amenés à la bibliothèque de Paris. Celle-ci n'avait qu'un manuscrit du seizième ' siècle, plein de lacunes, et coté dans le catalogue n** 1405. Le savant et obligeant Morelli a pris la peii^e de coUationnér pom^ M. Boissonade un manuscrit de Venise , du xv*' siècle. Enfin la quatrième bibliothèque que M. Boissonade a mise à contri-