‹ Fragments philosophiques (volume 3)Chapitre 11 sur 92 · XVIII AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XVIII AVERTISSEMENT

vérité^ de toute lumière, au dehors comme au dedans de la conscience ? C'est dans ce sens qu'il faut entendre cette forte maxime de M. Royer-Gollard : « On ne fait point au scepticisme sa part ; dès qu'il a pénétré dans l'entendement, il l'envahit tout entier.» Ainsi, pour me résumer, je renouvelle ce défi à mes différents adversaires,^ ceux-ci, qui dogmatisent en métaphysique sans avoir traversé la psychologie, d'éviter l'hypothèse, alors même qu'ils rencontreraient la vérité ; à ceux-là , qui partent de la psychologie mais qui s'y arrêtent , d'éviter le. scepticisme, et le scepticisme le plus absolu. L'hypothèse et le scepticisme , voilà les deux conséquences que le raisonnement impose tour à tour à mes différents adversaires et dont je leur laisse le choix. Pour moi , je n'accepte ni l'une ni l'autre. 3'aspire ouvertement à un dogmatisme philosophique, aussi étendu que la foi naturelle du genre humain , et je pense qu'il y faut marcher et qu'on y peut arriver par k même route que le genre humain a suivie, la grande route de l'expérience intérieure et extérieure , sont l'autorité et à la lumière de la raison , telle qu'elle se manifeste dans la conscience.

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Je ne veux pas poser la plume sans répondre encore brièvement à des attaques d'iine tout autre nature, dont Ja persistance, malgré toutes mes explications, me prouve qu'il peut y avoir quelque choise à changer au moins dans l'expression de ma pensée. Je veux parler de cette vague accusation de panthéisme que j'ai souvent confondue (1)961 aVec laquelle j'en veux finir.

Cette accusation se fonde sur les deux proposi-* tiohs suivantes , que l'on m'attribue :

i^ Il y a une seule et unique substance, dont le moi et le non*moi ne sont que des modifications ; 21^ La création du monde est nécessaire- Or, je déclare rejeter absolument et sans réserve ces deux propositions , au sens feux et dangereux qu'il a plu de leur donner.

I** Dans les rares endroits où j'ai parlé de la substance unique , il faut entendre ce mot de substance, non dans son acception ordinaire, mais

(i) Toyez Ifûuueaux fragments ^ Xenophane et Zénoa d^ée; Leçons de philosophie de 1829, t. I«S p. 4^5; seconde pré&ce des fragments philosophiques , p. x8.

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