I>U LANGAGE
et irréfléchi. Quand ces signes irréfléchis et iaToIon* taires seraient aussi riches qu'ils^ le sont peu; quand l'imagination systématique leur prêterait les carac-teres dont ils sont absolument dépourvus, si parfaits qu'on les suppose , considérés isolément en euxmêmes , ils ne pourraient jamais servir de moyen de rappel ou de communication à la pensée ; ils ne se*, raient même jamais des signes; ils seraient exacte-^ ment comme s'ils n'étaient pas , si , comme on le dit ordinairement avec assez de justesse , l'homme n'avait quelque pensée à leur donner à signifier, ou plu-?: tôt, s'il n'avait le pouvoir de se les approprier et de les apercevoir ; car tout c^ qui est inaperçu est insignifiant et nul. Or, la conditior^ essentielle de toute aperception est Faction intérieure, cette action per-. sonnelle et fondamentde que les scholastiques appelaient la forme substantielle de l'existence. Ce n'est pas l'aperception qui nous constitue ; c'est bien plutôt nous qui constituons l'aperception. Où manquerait l'action intérieure, défaillerait l'aperception > et il n'y aurait rien pqur nous. En vain l'animal en nous, pousserait des cris, exécuterait mille mouvements; ne sachant rien, parce qu'il ne se saurait pas ; ne se sachant pas, parce qu'il n'aurait jamais ni agi ni voulu^ il ne saurait jamais ni que lui, ni, à plus forte raison, qu'un autre que lui, eût exécuté un mouvement extérieur, encore moins qu'il eût voulu l'exécuter, et que ce mouvement réfléchît un sentiment , une idée. Ce n'est donc pas la puissance de la parole et du. signe X considérés en eux-mêmes , qu^ produit lep mi-