‹ Fragments philosophiques (volume 3)Chapitre 36 sur 92 · ET DE LA LIBERTES. SIQ · texte numérisé non relu

ET DE LA LIBERTES. SIQ

litions sont comptés pour rien , et où les volitions eUes^mêmes sont touL

S'il n'y a pas un monde invisible , où toutes nos bonnes volontés nous sont comptées, quel est donc sur la terre le but de la vertu ?

I * Sert-elle au mécanisme de l'univers ?

2^ A-t-elle pour fin la civilisation du globe ?

3^ L'amélioration de la destinée humaine sous le rapport des commodités locales et physiques ?

4° La paix du monde ?

5^ Le plus grand développement moral du genre humain j d'où sortirait sa plus grande perfection en g^éral , avec son plus grand bonheur ?

Pour tout cela il n'était pas besoin de vertu. Dieu n'avait qu'à construire des machines sans li* berté ; il aurait eu un aussi beau spectacle y s'il ne voulait que le spectacle du bonheur. Mais, dira-t-on, il le voulait produit par nous-mêmes» Il ne l'aura jamais ; le bonheur universel sur la terre est une chimère* Ensuite Dieu , pour arriver à ce but , pouvait se dispenser de nous donner la loi morale et la conscience ; il suffisait de l'égoïsme. Remarquez que dans le monde sensible peu importe pourquoi un fait a lieu, pourvu qu'il ait lieu. Donnez plus de lumière à mon égoïsme , ou augmentez la; force de ma sympathie naturelle, je ferai autant ou plus de bien aux autres que par le seul sentiment du devoir.

II faudrait avoir toujours présentes à l'esprit Içs. çiaximes suivantes :

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