‹ Fragments philosophiques (volume 3)Chapitre 37 sur 92 · JDE LA LOI MORALE ET DE LA LIBERTE · texte numérisé non relu

JDE LA LOI MORALE ET DE LA LIBERTE

I * Les conséquences d'une action^ queBes qu'elles soient, ne la rendent ni bonne ni mauvaise moralement ; l'intention est tout. A parler rigoureusement , il n'y a pas d'action morale , il n'y a que des intentions morales.

a* Pour qu'une intention soit bonne moralement, il faut qu'elle ne soit pas intéressée.

3** Sont regardées comme intéressées toutes intentions où il y a un retour personnel. Ainsi, faire une chose pour avoir des honneurs , de la gloire , des applaudissements , des plaisirs ; soit sensuels soit intellectuels, des plaisirs externes ou internes , pour entendre dire que l'on est généreux ou pour pouvoir se le dire à soi-même, pour avoir des récompenses sur la terre ou même dans le ciel , tout cela est également en dehors de la morale.

4® Sont regardées comme indifférentes les actions qui viennent de l'impulsion de l'organisation. Ainsi, l'homme qui, entraîné par un mouvement irrésistible de pitié et de sympathie , prodigue sa vie pour servir son semblable n'est pas encore un être moral.

5* Est regardé comme être moral celui qui, après avoir pesé une action et l'avoir trouvée juste , la fait uniquement parce qu'il croit qu'il faut la faire , et par cette seule raison qu'elle est juste.

DE LA CAUSE ET DE l'iNFINI. 221

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