‹ Fragments philosophiques (volume 3)Chapitre 56 sur 92 · LÉGITIMITÉ DES MOYENS DE CONNAIT · texte numérisé non relu

LÉGITIMITÉ DES MOYENS DE CONNAIT

Pour infirmer la certitude de l'existence des objets de nos connaissances ^ on dit que les principes qui nous lès donnent étant deâ principes subjectifs ^ né peuvent avoir une autorité objective.

Entend-où par subjectif ce qui est relatif à tel sujet , et par objectif ce qui est absolu ? alors il est faux que nous obtenions l'objectif par des principes subjectifs. Qu'est-ce, en effet, que le principe dd causalité , par exemple ? le principe de causalité est l'impossibilité ne ne pas appliquer à tous les cas possibles la notion de rapport nécessaire d'effet à cause; mais ce rapport nécessaii'e, nous l'avons obtenu en faisant abstraction du moi. Le principe de causalité n'est point subjectif j dans ce sens qu'il n'est point relatif à tel ou tel sujet individuel. Quand donc ce principe nous fait concevoir Texistence de Dieu, par exemple, nous ne croyons pas à l'absolu sur la foi du relatif, à l'objectif sur la foi du subjectif; mais nous croyons à l'absolu sur la foi de l'absolu, à l'objectif sur la foi de l'objectif.

Les principes qui nous donnent les existences ex«

d'uiv goubs os philosophie. 173

ternes nous les donnent donc légitimement; car Fabsolu nous donne légitimement l'absolu.

Si Ton entend avec nous par subjectif tout ce qui est interne, et par objectif tout ce qui est externe, il est vrai de dire que nous croyons à l'objectif sur la foi du subjectif. Mais comment serait-il possible que nous connussions l'externe par un principe qui ne fut pas interne? C'est nous qui connaissons : or nous sommes un être déterminé qui ne connaît qu'en lui, parce que sa acuité de connaître est sienne. Nul principe ne peut lui faire concevoir une existence, s'il n'apparaît à sa faculté de concevoir, c'està-dire s'il n'est en lui , s'il n'est interne*

Mais ce principe ne perd pas son autorité parce qu'il apparaît dans un sujet. . De ce qu'im principe absolu tombe sous la conscience d'un être déterminé, il ne s'ensuit pas qji'il devienne par là rdatif à cet être. L'absolu apparaît daûs le déterminé, l'universel dans l'individuel , le nécessaire dans le contingent, la personne intelligente dans le moi, l'homme dansrû> dividu, la raison dans la conscietice, l'objectif dans le subjectif. Le premier acte de foi est la croyance à l'ame , et le dernier la croyance à Dieu. La vie intellectuelle est une suite continuelle de croyances , d'actes de foi à l'invisible révélé par le visible , à l'externe révélé par l'interne.

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