XII AVERTISSEMENT
être connue que par un esprit qui en a conscience.
Si par cela seul elle est subjective, Tobjectivité de la connaissance est une cbimère; c'est même une extravagance; car elle forme un problème dont les conditions , également nécessaires , sont contradictoires; ce problème exige en effet im esprit qui connaisse la vérité , et il exige en même temps que cet esprit ne sache pas qu'il la connaît , ce qui implique contradiction. Dieu lui-même ne connaît les choses qu'en sachant qu'il les connaît ; le sentiment de sa scienèe lui serait donc à lui-même une infranchissable barrière qui le séparerait à jamais de la connaissance réelle. Tout ceci n'est pas sérieux. Ou il faut soutenir que la raison est incapable par ellemême de connaître les êtres , ou , si on ne le prétend pas pour ne pas détruire toute philosophie à sa racine, il faut avouer que la raison n'est pas frappée d'impuissance pour agir sous l'œil de notre conscience. Elle ne change p^s pour cela de nature; elle ne perd pas la force divine qui est en elle et les ailes qui lui ont été données pour atteindre les êtres et s'élever jusqu'à celui dont elle émane. La