SUR LES VIÈRIT]^ ABSOLUES. BOC
Exposition du fait de la raison pure.
En même temps que les sens perçoivent leur objet ^ la raison aperçoit le sien, lequel alors n'est pas pltis une substance que l'objet des sens n'est une qualité ; seulement la raison les rapporte l'un à l'autre, avec cette différence que l'un lui paraît supposçr l'autre au-delà de soi relativement à l'existence , tandis qu'elle se repose dans l'autre sans rien apercevoir au-delà. Ce n'est pas parce que l'un est une qualité qu'elle conçoit que l'autre est une substance , parce que l'un est un phénomène qu'elle conçoit que l'autre est un être : elle ne connaît distinctement ni phénomène ni être, ni qualité ni sujet; elle ne connaît rien distinctement; mais ses aperceptions obscures embrassent déjà dans leur complexité primitive deux choses que la réflexion distinguera , éclaircira , et marquera plus tard de ce caractère d'harmonie à la fois et de discordance qui se réfléchit ultérieurement dans la logique et la grammaire sous les dénominations subjonctives et disjonctives à la fois de sujet et de qualité , de phénomène et d'être , d'accident et de substance , de fini et d'infini , etc.
3^ La raison pure n'implique pas un cercle vicieux relativement à son résidtat , elle ne suppose point ce qui est en question^ elle ne fait point l'être avec l'être : car la raison pure dans son aperception primitive aperçoit ce qu'un jour oh appellera qualité et être, non pas en vertu du principe que toute qualité suppose un être , mais par sa- propre vertu qui lui découvre d'abord ce qu'auparavant elle
3lO PROOI^AMME
ignprait Nous confondons toujours le point de départ de la science avec sa base. Le point de di^rt ontologique est ce tad% : La raison pure apel*çoit d'abord une qualité et la substance de cette qualité. Voilà le tsât primittf ^ fait obscur, sur lequel par conséquent la science ne peut opén^ immédiate* inent , mais qu'elle doit recofinaitre.
Vient ensuite l'abstraction , qui sépare la forme de la connaissance de sa matière , négligeant le déterminé du phénomène et de l'être qu'elle élève à cette formule générale : tout phénomène appose l'être; vérité qui^ à parler rigpureuseirtent, n'est autre chose que V^pr^sion générale du fait primitiL Loin donc de noi?» dpnner l'être primitive* ment , le principe de la substance résulte de l'aperçeption .primitive et pure de l'être, aperception primitive sans laquelle il n'eut jamais été conçu. Mais une fois cette formule générale, toute qualité sup^ pose téire , obtenue , la ^ence ^ qui ne procède pas comme- la nature, s'en empare et s^n sert, non comme de point de départ primitif ^ mais comme de fondement pour s«s développements ultérieurs. La ^cience repose sur }^ nature : si elle ne confesse pas que Texistençe dont elle s'occupe e^t contiue antérieurement à elle , die agit sans inatiçte et se perd 4ans des fermes vides. Si au cofitmire elle reconnatt aux connaissances humaines un point de départ qui la précède et la surpasse , et sur lequel elle établit ses développements, die leur donne une base léfii- ^ifle et la réalité de la nature.
SUR LES viRITiS AbSOLUESw 3t h
Ainsi 9 si l'on prend le principe des substances, pour autre chose que l!expression scientifique de l'aperception primitive ^ il est faux et vain. Frappé de subjectivité ^ enchaîné dans i|n çerde vicieux , il ne produira que )des illusions ; sHl te soumet à Tapercepiion primitive , il la réfléchit légitimement et sert de fondement solide à l'ontologie. .
Ce que j'ai dit du principe des substances , je le dis de cette proposition qui «^ l*apporte, savoir : que toute vérité suppose up être en qui eUe réside. Si nous croyons que ce soit à l'aide de ce principe, que la raison conçoit d'abord l'être , nou^ condamnons la raison à un paralogisme; nous lui faisons construire l'être avec une maxim© qui le contient déjà , et l'être obtenu par la science est un être à la fois illogique et vain. Si nous reconnaissons au contraire qu'antérieurement à cette proposition abstraite 9 toute vérité suppose l'être , 1% raisoQ pure avait obtenu l'être avec la vérité , sans 1$ secours de la science ^ la science, en se subprdonnaiit à la na* ture , en devient «ne répétition ^t une généralisa*tîjon légitime.
Fait primîA»f'de la raisoin. puce celativeioient à la vérité et à l'être : La raisoii^ aperçoit spoiSianément et s£uis regard au moi une vérité absolue , plus quelque <how. d'existant Tédilement en soi à quoi elle rapporte la.yérité a];)i9olue. .
Caractères de ce fait primitif: i*^ pureté de l'aperception; 5è? fait concret dans ses dieux terines.
La raison dans son développement aperçoit en-
core spontauément de nouvelles vérités qu'elle rapporte spontanément encore à une substance ; de telle sorte. que, .aussitôt qu'elle réfléchit et se replie sur elle-même, et contemple ce qu'elle a fait, non-seulement elle s'y repose naturellement, mais elle s'y sent enchaînée : le rapport dé la vérité à l'être cesse d'être une aperception naturelle : il devient une conception nécessaire, qui bientôt fonde cette croyance, cette catégorie, ce principe : toute vérité suppose un être en qui elle -réside.
Ce principe rattache absolumei[it les vérités absolues à leur substance.
Ontologie.
La substance des vérités absolues est nécessaire^ ment absolue. .
Or, si cette substance est absolue , elle est unique : car si elle > n'est pas la substance unique, on peut chercher encore quelque chose au-delà relativement à l'existence ; et alors il s'ensuit qu'elle n'est plus qu'un phénomène relativement à ce nouvel être qui, s'il laissait encore soupçonner quelque chose au-delà de soi relativement à l'existence , perdrait aussi par là sa nature d'être et ne serait plus qu*un phénoménale cercle est infini. Point de substance, ou une seule.
Définition de la substance : ce qui ne suppose riem. au-delà de soi relativement à V existence. '