SUA LES VERITES ABSOLUES
- De plus cette vérité absolue , point de vérité sans être y serait fausse si, dans son application , elle ne notiis eût donné d'abord qu'un phénomène au lieu d'un être, et dans ses autres applications elle ne pourrait jamais nous donner davantage. Donc point de substance, oii dès sa première application , cette vérité, point de vérité sans être, donne un être véritable , une vraie substance , c'est-à-dire la substance unique.
L'unité de là substance dérive doiic de l'idée d'une siihstance. absolue y laquelle est renfermée dans l'idée même de substance.
Or, l'unité absolue , en tant qu'unité absolue , ne supposant en elle-même aucune succession , repousse les idées de premier et de dernier , lesquelles sont des idées de relation; lunité en soi n'est ni première ni dernière : elle est indivisible.
Mais quand on la tire de son essence absolue ^ quand on la met en regard avec la succession des phénomènes , l'unité les précède évidemment et leur survit. L'idée d'unité comprend alors celle de premier et dé dernier, c'est-^à-dire de premier absolu, laquelle comprend celle de dernier absolu , le dernier absolu n'étant que le premier absolu redoublé en lùirmême.
L'être est donc premier et dernier relativement aux phénomènes ;* si l'être précède les phénomènes et leur survit , il embrasse leur durée et leur espace dans sa. durée et dans son espace. De là l'idée de totalité.
3 1 4 PROGRÀAI X£
La totalité est 1^ d^ek^pement de Funité : Fu-. nité est le fondement de la totalité : l'ime est la forme visil^Je de Fautré, Confusion de l'unité et de la toij^ité, erreur fondamamUale du ^iliiiétsiKie.
Unité ) universalité,. infiaiHé , éternUé , lio^flites ex* pressions synonyiK^fi!.
Mais quand la nature de l'être ooti^dérè dans ^son. essence, c'est-à^re dans soâ unité, ne prouirerait point qu'il est infini, uniyQrsel, éternel > la nature de ses qualités ou des véidtés dqnt il est le sujet attesterait en lui ces caractères: Fui^versalité, l^é^^emité de la vérité absolue témoignerait de Fdnitersailité et de l'éternité de la slifestance.
En effet, en meètent à part l'unité de Fétre qui dérive nécessaireipant de Fidée même de Fétre, Fétne en lui-^méme est im^pénétraU&et ne se manifesté que par ses qualités; la raison^m^me n'a. d'autre pouvoir que odui de réiuiir la vérité à la substanoe ; elle ne sait autre chose de la, substance que ce que «es qualités lui en apprennent ...
. Ainsi l'être ne se manifeste que par ses attributs; se^ attributs sont les vérités absolues; d'où il suit que la science . de Fétre n'est autre qme celle de la vérité, et que Fontojb^e n'est que la psychologie, plus la connaissance du rapport de la véritéà Fétne.
ii'étrè unique^ c'est Dieu*
La première . partie de la science de Diei^, est comprise tout entière dans ce n^ot : Dieu est celui quiest.. -^
La seconde partie de la science de Dieu traite des.
SUR LES viRITis ABSOLUES. 3l5
attributs divins , et se réduit à la psychologie rationnelle.
Ck>mme la vérité se rapporte nécessairement et réellem^it à Tf tre 9 tpute connaissance de l'une est une connaissanoe de l'autre; la seule différence qui les sépare est celle du direct à l'indirect ^ de l'immédiat au médiat y de l'expliciie à l'implicite; d'où il suit que toute oonnaîssaiice de là yérité est une ccmnaissance de Dieu> et que l'iiperGeption directe de la yérité absolue envelop^ nnç aperception indirecte et obscure de Dieu ouêiÉe^
Théorie de la conceptidn de Dieu comme inhé*» rente à la conception de ^a vérilé, et de l'Intuition divine , obscure et indirecte , comme inhétiente à l'intuition pune de la yérité^ pU nouvelle théorie dé la vision en Dieu.
. Ainsi I k ptoprement |)ai4er, la scieùœde la vérité es( ceUe de Dieu ou de l'être; la sciènoe -comme science est divine de sa nature ( plus on sait en' gé^ néral , plus on sait dç Dieu ; 4^ science ;et la rdigion sont; identiques l'une à Tautre; eiles décrofôsent et s'élèvent dans le ménie rapport.
La religion dans sop. point de vue le phis élevé étant le rappprt de la vérité à l'être , et ce rapport étant lui^inéme une vérité absolue , subjectivement néce^aire^il s'eilsuitquela religion est essenCielle à la raison ; comme il y a de Tetra dans toute pen* 9ée , tout^ p^Qisé!^ est essentieUement religieuse , que l'être pensant le. aaçbe. ou l'ignore; l'irrél^ion^ l'a-i Ibé^e j impossibles pour le peuple qui ne se mé&^
3 i 6 PROGRAMME
point de sa raison ^ ne sont possibles que pour le savant qui seul peut opposer sa liberté à son intelligence , mais qui , alors même qu'il renie Fêtre, ne peut pas ne pas y croire / y pense nécessairement toutes les fois qu'il pense , en parle toutes les fois qu'il parle et proclame Dieu perpétuellement.
Toute pensée j toute parole /est un acte de foi , un hymne, une religion tout entière.
Dieu est connu par tous les hommes, en tant qu'homme, depuis l'instant de leur naissance jusqu'à celui de leur mort : connu de tous également , mais avec plus ou moins de clarté ; le plus ou le moins de clarté est la différence unique qui puisse être entre les conceptions des honunès.
Après avoir montré la différence de la vérité et de Fêtre , et en même temps leur rapport intime, il faut établir le rapport de Fêtre avec l'homme, c'està-dire avec la raison , seule partie véridique et reli-gieuse de la: nature humaine.
La raison par elle-même n'atteint pas Fêtre directement ; et ne Fatteint qu'indirectement par l'entremise de la vérité.
La vérité est le médiateur nécessaire entre la raison et Dieu ; .dans l'impuissance de contempler Dieu face à face , la raison l'adore dans la vérité qui le lui , représente j qui sert de verbe à Dieu et de précepteur à Fhomme.
Or ce n'est pas Fhomme qui se crée à luî-mêm^ un médiateur entre lui et Dieu , Fhomme ne pouvant constituer la vérité absolue. C'est donc Dieu
SUft tES V^RITis ABSOLUES. Sl^
lui-même qui l'interpose entre l'homme et lui, la vérité absolue ne. pouvant venir que de l'être absolu ^ de Dieu.
La vérité absolue est donc une révélation . même de Dieu à l'homme par Dieu lui-même ; et cômïné la vérité absolu^ est perpétuellement aperçue par l'homme et éclaire tout homme à son entrée dans la vie j il suit que la vérité absolue est une révélation perpétuelle et universelle de Dieu à l'homme. — ^Théo^ rie de la révélation.
Or, la vérité absolue étant l'unique moyen de rapprocher l'homme de Dieu, mais en étant le moyen infaillible , puisqu'on ne peut participer à la qualité sans participer à la substance , il s'ensuit que la raison humaine, en s'unissant à la vérité absolue, s'unit à Dieu dans la vérité , et vit par elle et dans elle , c'est-à-dire par lui et dans lui , d'une vie absolument opposée à la vie terrestre renfermée dans les limites du contingent.
Loi suprême de l'humanité : s'unir à Dieu le plus intimement qu'il est possible par la vérité, en la cherchant et en la pratiquant.
Résumé ou enchaînement de toutes les parties de la science
• de la science.
Rapport de l'ontologie et de la psychologie rationnelle. Harmonie de la psychologie et de la logique , et des trois grandes divisions de la psychologie. L'unité systématique est l'expression de l'unité de la vie intellectuelle.
3l8 PROGRAMME SUR lÈS VÉRITÉ ABSOLUES.
Je finis en répétant ^ue la science dé la science ne s'applique spécialement à auctine ^dkmée^ mais à toutes généralement^ Elle est tout entière dans chacune d'elles^ et chacime d'elle^ n'est science qu'autant qu'elle la contient L'arithmétique la possède tout Domme la théologie proprement dite, et la morale comme la géométrie. Là est le centre ^ le terme et le point de départ de toute recherche scientifique^
^^^m^mmmmmÊm
i)'UNE CLASSIFICATION DES QUESTIONS
BT DES ËGOLES PHILOSOPHIQUES.
l^mt^m
Au lieu de se précipiter aveuglément , et d'égarer ises forces dans le dédale de. ces milliers de questions particulières ^ dont Tinfinie variété éblouit et déconcerté l'attention là plus ferme et la plus opiniâtre > peut-être faudrait-il essayer , par un premier ef fprt j de ramener toutes ces questions qui s'enfuient et s'éparpillent^ pour ainsi dire, à un certain nombre de problèmes éminents ^ sur lesquels se porteraient les forces réunie de l'intelligence : la question préliminaire de toute philosophie est ceUe de la classification des questions philosophiques.
La première loi d'une classification est d'être complète, d'embrasser toutes les questions générales et particuUères y et celles qui se présentent d^ellesmêmesy et celles qu'il faut aller chercher dans les profondeurs de là science , toutes les questions connues et toutes les questions possibles. \ •
La seconde loi d'ime (classification est d'établir le rapport de toutes les questions qu'elle énumère ^ et de marquer avec précision l'ordre dans lequel chaque question dcdt être traitée.
Or,, quand je songe à toutes les questions qui ont
SaO DES QUESTIONS
occupé mon esprit , quand je les compare à celles qui ont occupé tous les philosophes , quand j'interroge et les livres et moi-même, surtout quand je consulte la nature de l'esprit humain , la raison comme l'expérience réduisent à mes yeux tous les problèmes philosophiques à un très petit nombre de problèmes généraux, dont le caractère est déterminé par l'aspect général sous lequel se présente à moi la philosophie , et dans la philosophie la métaphysique y de laquelle il s'agit ici spécialement.
La philosophie n'est , à mes yeux , que la science de la nature humaine considérée dans les faits qu'eUe livre à notre observation ; parmi ces faits , il y en a qui se rapportent plus spécialement à l'intelligence , et que, pour cette raison, on appelle communément métaphysiques. I^es faits métaphysiques, les phénomènes par lesquels se produit l'intelligence humaine, ramenés à des formules générales, constituent les principes intellectuels; la métaphysique n'est donc que l'étude de l'intelligence, dans celle de nos principes intellectuels.
Les principes intellectuels se présentent sous deux aspects; où relativement à l'intelligence dans laquelle ils existent, au sujet qui les possède, à la conscience et à la réflexion qui les considère; ou relativement à leurs objets , c'est-à-dire non plus en eux-mêmes et en nous-mêmes , mais dans leurs conséquences et leurs applications externes. Qu'on y pense , tout principe intellectuel se rapporte à l'esprit humain ; et en même temps qu'il se rapporte à