‹ Fragments philosophiques (volume 3)Chapitre 74 sur 92 · ET DES ECOLES PHILOSOPHIQUES · texte numérisé non relu

ET DES ECOLES PHILOSOPHIQUES

l'esprit humain, sujet de toute connaissance et de .toute conscience, il regarde des objets placés en dehors de l'esprit qui les conçoit; et pour mc'Servîr d'expressions fameuses, si commodes par leur, concision et leur énergie, tout principe intellectuel est o\x subjectif y ovi objectif j ou subjectif et objectif k la fois. Il n'y a aucun principe , aucune connaissance , aucune idée , aucune perception , aucune sensation que n'atteigne cette division générale , laquelle partage d'abord tous les problèmes philosophiques en deux grandes classes ; problèmes relatifs au sujet , problèmes relati& à Y objet

Ouvrons cette division générale, et tironsren les divisions particulières qu^eUe contient; examinons d'abord les principes intellectuels, indépendamment des conséquences externes qu'on en peut déduire ; développons la science du sujet*

Cette science est celle du monde intérieur; c'est la science du moi , science entièrement distincte de celle de Y objet ^ qui est, à proprement, parler ,Ja science du non-moi. Et cette science du moi n'est point un roman sur la nature de l'ame , sur so>n origine et sur sa fin; c'est l'histoire véritable de l'ame, ^rite par la réflexion, sous la dictée de la conscience et de la mémoire; c'est la pensée se reliant sur elle-même, et se donnant en spectacle à ellemême : elle s'occupe uniquement de faits intérieurs, de phénomènes aperceptibles et appréçiablies par la conscience; je l'appelle /?j/cAofo^ie, ou encore, /^Aéfnoménologie j pour marquer la nature de ses objets. I. ai

3lia 1>BS QUESTIONS

Or y malgré les 4ffîcoltés qu'elle oppose à la. rè^ flexion^ toi^ouf s incertaine, d'un être jeté d'abord^ et eodô^mmèât retenu h<>rs de Im^-méate par le^ be* soins de sa ^nsâ)ilité et de sa raison ^ cette sdenee^ tonte subjective ) n'ei&t point au<-des6as de l'homiiiei «lie est certaine ^ car elle est immédiate; le moi et ce dont il s'occupe y sont iienfermés dans la même sphàre y dand l'unité de conscience; Ik^ l'objet de la science est tout à fait intérieur , il est aperça intuî* titémeifil par le siijet; le sujet et l'objet y sont in»* 4:imèB^ruil à l'autre. Tous les faits de C0âsci6n<:e sont 'évidents par eux-^mémes /aussitôt t^ê te cxmsmmxst ies fttteiïit I mais souvent ik se dérobent k se» prises pftf leur eittréme délicatesse , ou sotis lè& mivdioppes "étraiàgèrèsiquiles environnent t lap^yoh^logie donne laeèrtittide là plus entière; mais on né troutt^ cette •certitude qu'à des profondeurs OÙ il n'appartint pas 4 touè les yeux de pénétrer t pottr y parvenir, il faut «emparer de ce tnondé éteiÉdu et Êgurii dan» lequel inouà habitons depuis si long^temp^^ ei dont les cou* letits teignent aujourd'hui toutes nos pensées et loutëé hôë langues y saïis le^ueUéil Hous^ pensons éî peu j il {kiït èë ëêpkféiE' de eé monde eitlérieur^ tout autrement difficile 4 écarter que le précédent, de ce monJe que constitue toute hotion d'élue et d'absolu; <*'est-à-dire qu'il faut Se iséparer d'une p«irtie inté* grantè de la pensée , car dan^ toute pensée il y a d« Pêfcréiet de rabsôftl; et etitot^ il foudmk fiépamr la ptnsée ââUs la ntotiîer , et dégager les phénomènes de torisfcifeilCè dés nofions oiftolbgiqtties q^i k» enve-

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loppent nalurellemént , et des formes logique qiU les étouf£mt aujourd'hui , sans tomber dans dei9 àb^ 8tractionâ. Ënfiu^ après «'être établi dans qe moQde de la conscience , si délicat et si glissant , il faut faire une revue vai|t» et profoqde de tous les pbénonM^iies qu'il comprend y car ici les phénomènes sont les élé^ ments de la science; il faut s'itssurer de n'avoir osm aucun élément y sanfi quoi la science est inconq)lèl;e4 il £iut s'assurer qu'on n'a supposé aucun fait, qu'on n^a pas pris les fantômes de l'imagitiation pour des phénomènes de conscience; il faut s'assurer que non-^eulementop n'a omis aucun élément réel^ qu'on n'a introduit aucun élément étranger ^ mais em^ore qu'on a vu les éléments ré^ , et tous les éléments réels ^ sous leur vraie face ^ et som toutes les faces qu'ik peuvent présenter. Quand ce travail préliii^naire ^ous a mis en possession de tous les éléments do la science, il reste à composer la science eoi ra{4)roehant tous ses éléments i et en les combinant entre eu^ de manière k les voir tous dans les classes différentes qu'affectent leurs différents caraçtèire$;, comme le naturaliste aperçoit ses végétaux ou ses mioéramc dans un certain nomb>re de divisions qui

les comprennent tous.

C^ fait f tout n est pas fait encore ; la sçien<^e du sujet est loin d'être épuisée ; les plus grandes dÂf' ficultés ne spnt pas vaincues^ Nou$ ayons reconnu le n^toude intérieur, les phénomènes de conscience, tels que la conscience nous les présente aujourd'hui ; nous cdnnaissons l'homme actuel ; nous ignorons

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