‹ Fragments philosophiques (volume 5)Chapitre 12 sur 35 · EXAMEN D'UN PASSAGE DU MÉNON · texte numérisé non relu

EXAMEN D'UN PASSAGE DU MÉNON

ressouvenir de ce qu’elle a su antérieurement ; car, . comme tout se tient, et que l'âme ἃ tout appris, rien n'empêche qu’en se rappelant une seule chosé, ce que les hommes appellent apprendre, on ne : trouve de: soi-même tout le reste, pourvu qu’on ait du courage et qu’on ne se lasse point de chercher. En effet, ce qu’on nomme chercher et apprendre n’est absolument que se ressouvenir (1). » Schneider (2) et Heyne (3) n’ont pas hésité à rapporter à Pindare le fragment poétique renfermé dans ce passage. Ullrich est aussi de cet avis. « Indépendamment (4) du rhythme et du style, qui sont pindariques , ou qui appartiennent du moins à un poëte du temps et de la manière de Pindare, il serait étrange que Platon eût nommé un poëte, et Immédiatement après cité un fragment qui n’appartiendrait pas à ce poëte, sans nommer l'auteur de ce fragment. On peut très-bien laïsser à Pindare l’expression de doctrines pythagoriciennes, parce qu’il est probable que Thèbes avait reçu de bonne heure des pythagoriciens fugitifs. Voyez Boëckh, Philolaüs , p. 10.» | Nous adoptons entièrement l'opinion d'Ullrich. Mais Schleiermacher (5) refuse, non-seulement

(1) Plat., Ménon, t. vr de ma traduct., p. 171-172. — (Ὁ) Fragm. Pind.,p. 24. Versuch über Pindar's Leben und Schriften, p. 53.— (3) Pindar., t. n1, 36-37.

(4) Anmerkungen zu den platonischen Gespraeche, Menon, Criton und dem zweiten Alkibiades, Berlin, 1821.

(6) Platon’s W'erke, ve part., t.1®", p. 526.

d'attribuer à Pindare ce fragment poétique, mais de reconnaître dans cet endroit du Ménon des idées qui appartiennent aux pythagoriciens. L’hésitation de Schleiermacher à voir ici, et dans le mythe du Phèdre, une doctrine pythagoricienne, vient de sa prétention , d’ailleurs très-fondée, que le Phèdre et le Ménon ont été écrits avant que Platon connût les livres des pythagoriciens. Toat s'arrange, si on admet qu'en effet Platon ne connut les livres mêmes des pythagoriciens et ne domina parfaitement leur doctrine qu’à la suite de ses voyages etsur la fin de sa vie, mais que de bonne heure le bruit de cette doctrme était parvenu à Athènes et avait frappé Platon avant qu’il eût étudié les livres des pythagoriciens, tout comme ses premiers ouvrages réfléchissent déjà l'esprit des mystères, avant que peut-être 1l eût été réellement initié, s’il le fut jamais. ΠΠ nous paraît évident que le passage du Ménon dont il s’agit est tout-a-fait pythagoricien. ‘On y trouve la doctrine de l’immortalité de l’âme, avec celle de la métempsycose , à laquelle est rattachée celle de la réminiscence. C’est un. résumé du mythe du Phédre (4), et une préparation à celui du Gorgias (2) et du Phédon (3). Dans um passage analogue du Gorgias, Platon dit : Un homme habile dans l'art des fables, Sicilien peutétre ou Italien... (4) Sicilien indique Empédocle,

(1) Voyez ma traduct., t. vr.

(2) Tbid., ar, — (3) Ibid. τ.

(4) Ibid. ττι, p. 317.

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