‹ Fragments philosophiques (volume 5)Chapitre 8 sur 35 · LANGUE DE LA THÉORIE · texte numérisé non relu

LANGUE DE LA THÉORIE

manité ;-elle est fille, comme elle, de l’éternelle intelligence; elle la réfléchit, elle la représente comme elle, mais d’une autre maniére, d’une manière moins intellectuelle et par conséquent moins mtelligible, claire pour les sens, obscure à la pensée. Γ᾽ εἶδὸς à ce degré est ἰδέα; l’idée est l’eifos tombé en ce monde, l'esprit devenu matière, revêtu d’un corps et passé à l’état d'image. Mais dans cet état même l'ifé+ conserve son rapport et avec "᾿ εἶδος et avec l'eifos αὐτὸ καθ᾿ αὐτόν» et par conséquent elle implique toujours quelque généralité, non plus dans la forme intérieure de la pensée, mais dans la forme de l’objet. ἰδέα est la forme idéale de chaque chose ; c’est par elle que la nature aussi est idéale, intellectuelle et qu’elle ἃ sa beauté. Sans doute la généralité que retient l’iféz est fort au dessous de celle de 1᾿ εἶδος» comme les lois de la nature sont infiniment moins générales que celles de l'esprit; cependant on ne peut pas nier que ce mot ne réveille encore indirectement quelque notion de généralité, en même temps qu'il s'applique directement à une image , à quelque chose d’extérieur et de visible.

Tel est le sens propre des mots εἶδος αὐτὸ καθ᾽ αὐτό, εἶδος» ἰδέα; et c’est dans ce sens que Platon les prend ordinairement. Mais il faut convenir que εἰδος οἵ ide: se permutent fréquemment, et il n’est pas rare de trouver ἰδέα pour εἶδος, Phèdre, Bekk., p. 23, 39, 78 et 79, comme on y trouve aussi quelquefois εἰδὸς pour une espèce et non pour un genre:

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