‹ Fragments philosophiquesChapitre 10 sur 92 · II · texte numérisé non relu

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parées sur les diverses parties de la logique d'Aristote, nous avons ici un traité de logique parfaitement régulier et méthodique, où l'auteur parle en son nom et pour son propre compte, mais en s'appuyant sur Aristote et sur Boëce, et en adoptant les formes et les titres des principaux écrits dont se compose l'Organum. Voici le plan de l'ouvrage entier, tel que nous le tirons de l'étude approfondie du manuscrit de Saint-Victor.

Plan de l'ouvrage de dialectique renfermé dans le manuscrit de Saint-Victor.

La logique commence par constater et classer les éléments les plus simples de la pensée, lesquels, exprimés en paroles, deviennent les éléments mêmes, les parties du discours. Telle est la première partie de toute logique, et de la logique d'Abélard. Elle s'appelait le livre des parties, liber Partium , parce qu'elle roulait sur les parties du discours. Ce liber Partium se divisait en trois livres ; un premier, qui correspondait très-probablement à l'Introduction de Porphyre, et exposait les éléments les plus simples de la pensée et du discours; un second livre, correspondant aux catégories d'Aristote, où ces éléments de la pensée et du discours étaient plus amplement éclairciset développés; enfin un troisième livre où ces éléments étaient considérés sous un point de vue grammatical , correspondant à celui de l'Interprétation. C'est ce qui résulte évidemment de divers passages de notre manuscrit. Ainsi, au fol. ^32 verso *, avant les Analytiques, Abélard s'exprime ainsi : « Ilactenus qui-

\. Ouvr,î7îéd.y p. 226.

« dem... de partibus orationis qiias dictiones appellamus, « sermonem texuimus; quarum tractatum tribus volu- « minibus comprehendimus. Primani namque partem « libri Partium ante Prœdicamenta posuimus; deliinc « autem Prœdicamenta submisimus, denique vero Prœ- « dicamenta novissime adjecimus, in quibus Parlium (( textum complevimus. » Rien de plus clair. Le livre des parties en comprenait trois autres, et nous possédons le troisième^ appelé ici Postprœdicamenta^ expression qui ne doit pas rappeler les Postprœdicamenta d'Aristote ; car les Postprœdicamenta d'Aristote sont ici renfermés dans le second livre ou Prœdicamenta , et ce second livre, ces Prœdicamenta , nous les possédons aussi ; seulement le commencement nous manque. Mais ce qui nous manque entièrement, c'est ce qu'Abélard appelle primam partem libri Partium. Cette prima pars, ce premier livre du livre total des parties, devait traiter du genre, de Fespèce, du propre, de la différence, de Taccident. C'était le livre essentiel, et, à proprement parler, c'était tout le livre des parties. Aussi Abélard, en y renvoyant souvent, Pappelle-t-il plus d'une fois le livre des Parties^ comme si à lui seul celui-là renfermait tous les autres. Par exemple, au fol. ^23 recto \ où il parle incidemment de l'espèce et de Tindi.vidu , il renvoie aux développements qu'il a donnés, dit-il, dans le livre des Parties : « Neque enim substantia specierum diversa est ab essen- « tia individuorum, sicut in libro Partium ostendimus. » Et plus bas : « Si quœ vero de speciei aut individuorum « natura hic minus dicta sunt, in libro Partium requi-

^. Ouvr, inéd., p. 20i.

28 nilLOSOPlIIE SCIIOLASTIQUE.

« rantur * . » On en pourrait citer beaucoup d'autres exemples.

Aprîs les parties du discours doit venir et vient ici en effet le discours ou la proposition elle-même, et avec la proposition le syllogisme , qui est composé de propositions j comme les propositions sont composées de leurs parties, ou idées simples. Les propositions se divisent en catégoriques et hypothétiques; les syllogismes se divisent de même. De lu deux traités distincts, Tun sur les propositions et syllogismes catégoriques, qui doit suivre immédiatement le traité des parties de la proposition; l'autre qui doit venir après, et qui renferme les propositions et les syllogismes hypothétiques. C'est ce qui est parfaitement exposé dans le début des premiers Analytiques, fol. 132 verso ^ : « Justa et débita série textus exigente, « post tractatum singularum dictionum occurrit compa- « ratio orationum. Oportuit enim materiam in partibus « prœparari, ac demum ex ea totius perfectionem con- « jungi. Sicut ergo partes nature prières erant, ita quo- « que in tractatu procedere debuerant, atque ad ipsas « compositionem totius subsequi decebat. Non autem « quarumlibet orationum constructionem exequimur, sed « in his tantum opéra consumenda est quœ veritatem seu « falsitatem continent, in quarum inquisitione dialecti- « cam maxime desudare meminimus. Unde ciim inter « propositiones quœdam earum simplices sint et natura « prières, ut catégorie», quœdam vero compositœ ac pos- « teriores, ut quœ ex categoricis junguntur hypotheticae, « lias quidem quœ simplices sunt prius esse tractandas

-I. Ouvr, i?îêd., p. 205.

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