Abœl. opp , p. \\2o, ^GO
bien pu appeler grammaire la première partie de sa logique, celle qui traitait des parties de la pensée et du discours , de partibus orationis , et qui contient dans notre manuscrit les commentaires sur Porphyre, sur les Catégories d'Aristote , et sur Tlnterprétation. Cette hypothèse semble se vérifier quand on rencontre dans notre commentaire sur les Catégories un traité de la quantité, de Quantitate ( feuillet HT verso) \ ce qui est le titre de Touvrage cité par X Introductio , et dans ce même commentaire encore un traité des relations , de Relalivis (fol. -122 recto) ^, où les relations sont démontrées n'avoir d'existence que dans leurs sujets , ce qui est la thèse même du passage de la Theologia christiana. On y retrouve précisément le même exemple à la fois logique et théologique. De tout cela on pourrait induire l'identité de la Grammaire d'Abélard et de sa Dialectique , et surtout on peut en conclure que sa Dialectique est bien en effet l'ouvrage contenu dans notre manuscrit.
Mais quelque plausibles que nous paraissent a nousmême ces conjectures, n'oublions pas que ce ne sont que des conjectures. Après tout, il serait possible qu'Abélard, qui avait beaucoup écrit sur la dialectique, plurima, comme il le dit lui-même, eût fait un traité de grammaire différent de son traité de dialectique , bien que ces deux écrits dussent avoir plus d'un trait de ressemblance et plus d'une matière commune ; et il serait possible encore que le manuscrit de Saint-Victor ne fût ni l'un ni l'autre de ces deux écrits. Faute d'un témoignage positif et irrécusable, il vaut mieux nous en tenir ace que nous avons;