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et, soit que notre manuscrit renferme ou non Touvrage auquel la Théologie chrétienne fait allusion et le traité de dialectique que paraît avoir possédé Duchesne, nous pouvons affirmer du moins avec la plus entière certitude qu'il contient un monument de dialectique d'une vaste étendue, parfaitement ordonné, composé avec le plus grand soin, qui peut représenter a nos yeux les autres écrits d'Abélard sur les mêmes matières , et qui nous donne une idée exacte et complète de ses idées et de ses travaux dialectiques. Nous publions donc presque intégralement cet important ouvrage ^
Il n'est pas très-facile de déterminer l'époque où il a pu être composé. Nous n'avons trouvé dans le texte aucun fait, aucune donnée positive qui nous permette de prétendre ici à un résultat certain.
Date probable de la composition de ce traité de dialectique.
Les gloses du manuscrit de Saint-Germain ont été trèsprobablement composées pendant le cours de l'enseignement d'Abélard , qu'elles reproduisent; mais ce ne sont point ici des gloses , ce n'est pas môme un commentaire , a proprement parler; c'est un ouvrage original où Abélard a librement employé et mis a profit tous les auteurs qui faisaient autorité sur la matière. Ce ne sont plus des cahiers de professeur, rédigés avec négligence, c'est un livre travaillé avec soin. Il est adressé a un frère de Tauleur. On sait par Abélard lui-même * qu'il avait plusieurs
\. Ouvr, inéd., p. ^ 73-505.
2. Abœl. opp. Hisior. Calam., p. 4. Abélard était certainement Paîné do SCS frères. Cela résulte de la phrase : Sic itaque primogenitum siium quanto cariorem habebal (patcr), WUo dUigentius çrudiri curavit.
3G PIlILOSOPIliE SCIIOLASTIQUE.
frères auxquels il avait cédé son droit d'aînesse. On sait encore , par le registre du Paraclet cité par Ducliesne * , qu'un de ses frères se nommait Raoul, Eadulphus. Celui auquel ce livre est adressé y est appelé Dagobert, Dagohertus, Abélard en parle avec tendresse; il a composé ce livre à sa prière, pour l'instruction de ses neveux : (Fol ^32 v^) ^ « Cum voluminis quanlitatem men- (( tis imaginatione collustro, et simul quœ facta suntres- « picio et quœ facienda sunt penso, pœnitet, frater <( Dagoberte, petilionibus tuis assensum prœstitisse, ac « tantura agendi negotium prœsumpisse. Sed ciim lasso <( mihi jam et scribendo fatigato tuœ memoria caritatis ac (( nepotum disciplina desiderium occurrit, vestri statim <( contemplatione mihi blandiente, languoromnis mentis « discedit; et animatur virtus ex amore, quœ pigrafue- « rat ex labore , ac quasi jam rejectum onus in liumeros « rursus caritas tollit, et corrobora tur ex desiderio quœ « languebat ex fastidio. » Cependant, quoique Abélard ait parlicuiièrement destiné cet ouvrage a sa famille, il avait aussi en vue le public etTutilité commune : (Fol. ^91 verso) ^ « Ad tuam, frater, imo ad commuHem om- « nium utilitatem. » Partout, dans cet ouvrage, respire une fierté qui va souvent jusqu'à l'orgueil et qui éclate a travers une mélancolie profonde. Souvent Abélard parle de ses ennemis et de ses malheurs en homme découragé
La phrase qui suit, bien entendue, loin de contredire la première, la confirme : Tanto eariim (litterarum) amore illectiis sum, ut mililaris gloriœ pompam cum hœrediiale et prœroriaiiva primogenilorum meo' runi frci tribus derelinquens^ etc. Lisez meis au lieu de meorum.
\. A1)ctL opp. Notac, p. \\^t>,