‹ Fragments philosophiquesChapitre 17 sur 92 · Ibid. , p. ^oO · texte numérisé non relu

Ibid. , p. ^oO

et abattu; mais souvent aussi le sentiment de son génie et la grandeur de ses desseins le relèvent, et ce dialecticien du douzième siècle s'exprime quelquefois comme plus tard auraient pu le faire Roger Bacon ou Galilée. Je citerai pour exemple le début des premiers Analytiques, fol. ^32 verso ^ : « Necpropter œmulorum detractationes (( bbliquasque invidoruracorrusiones, nostro decrevimus (( proposito cedendum , ncc a communi doctrinœ usu « desislendum. Elsi enim invidia nostrœ tempore vitœ (( sciiptis nostris doctrine viam obstruât, studiique exer- (( citium apud nos non permittat, tum saltem eis habenas « remitti non despero, cum invidiam cum vita nostra su- « premus dies terminaverit, et in his quisque quod doc- « trinœ necessarium sit inveniet... Post omneslamen ad (( perfectionem doctrinœ locum studio nostro reservatum « non ignoro... Confido autem in ea quœ mibi largius «est ingenii abundantia, ipso coopérante scientiarum « dispensatore, non pauciora vel minora me prœstiturum « eloquentiœ Peripateticœ munimenta quam illi prestite- (( runtquoslatinorum célébrât studiosadoctrina. » Ce langage, à la fois superbe et inquiet, trahit un homme plein du sentiment de ses forces et de la beauté de son entreprise, mais qui a déjà éprouvé ce qu'il en coûte d'oser appliquer la dialectique a la théologie , et cet écrit suppose incontestablement pour nous la première condamnation d'Abélard au concile deSoissonsen \]2\ ; car auparavant il n'aurait pu dire, comme il le fait ici , qu'on lui a interdit d'enseigner et d'écrire.

11 y a même un autre passage qui pourrait faire placer cet écrit après le concile de Sens. On sait qu'a ce deinier

i. Ouvr.inéd., p. 227.

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