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II

50 PHILOSOPHIE SCIÎOLASTIQUE.

(lu simple, folio Ml verso, au ciiapilre : De puncto et quœ ex eo nascuntur quantitatibiis, linea, superficie, corpore; insuper de loco ^ . « Affcrunt quoque ad versus « hanc conslitutionem lineœ qua) de puiictis est, quod in (( arithmetica Boeliiius ponit, cum scilicel ait : Si punc- (( tum puncto supraponis, niliil efficies, tanquam si ni- « hilum niliilo jungas. Cujus quidem solutionis et si mul- (( tas ab aritlimeticis solutiones audierim, nullam lamen (( a me prœferendam judico, quia ejus artis ignarum (( omnino me cognosco. Talem autem, memini, rationem « magistri nostri sententia prœtendebat, » etc.... H est donc certain qu'Abélard était dépourvue de toute connaissance mathématique. La citation qu'il fait de Boëce prouve qu'il connaissait son traité d'arithmétique ; il est probable qu'il connaissait aussi le peu de pages insignifiantes que Boëce a laissées sur la géométrie, mais il ne connaissait rien au delà ; et nul en France, ni même en Europe, n'en savait davantage au douzième siècle, excepté peut-être ceux qui, comme Adélard, de Bath, et avant lui Constantin et Gerbert, avaient voyagé en Espagne ou en Orient; et puisé à des sources arabes un savoir plus étendu.

Qu'il ne savait pas le grec.

Maintenant, Abélard savait-il le grec? Jusqu'ici la critique n'avait guère le droit d'aller au delà du doute. 11 était même naturel de supposer qu'Abélard savait le grec, puisqu'il en cite très-souvent des mots, il est vrai isolés, et que ces mots sont écrits en grec dans l'édition de d'Amboise. Ensuite, dans la lettre qu'il écrit aux reli-

\, Ouvr, inéd.f p. ^80.

gîeuses du Paraclet, de Studio litterarum ^, il leur recommande d'éludier non-seulement le latin , mais le grec et riiébreu. 11 insiste sur l'utilité et la nécessité de savoir ces deux langues , pour lire dans l'original le Nouveau Testament; il propose aux religieuses du Paraclet l'exemple de leur abbesse Héloïse, qui sait à la fois , dit-il , le latin, l'hébreu et le grec: «Magisteriumhabetisin matre... (( quœ non solum latinœ, verum etiam tam liebraicœ « quamgraecœ non expers litteraturœj sola hoc tempore <( illam trium linguarum adepta peritiam videtur. » Il n'est guère vraisemblable que le maître n'en sût pas autant que récolière. Enfin, on se rappelle la lettre d'Abélard à saint Bernard, sur \epanem super suhstayitialem^^ qu'Abélard avait persuadé aux religieuses du Paraclet de substituer, dans Toraison dominicale, a panem quotidianumy sur divers motifs, et d'après l'autorité de l'Église grecque qui dit : tov apTov ti^j^wv tov s-îTiouatcv. On peut trèsbien préférer la leçon grecque à la leçon latine, dans ce cas comme en d'autres. Pour réfuter les hérétiques dans la question de la Trinité n'a-t-on pas eu recours à un mot grec qui rend parfaitement les rapports des trois personnes entre elles, a savoir le mot o{^.oou<ïiov? Toute cette érudition semble attester une connaissance môme assez grande de la langue grecque; et cependant il n'en est rien. Le manuscrit de Saint-Victor contient plusieurs passages qui démontrent qu'Abélard ne savait pas le grec. Nous allons rapporter ici intégralement ces divers passages.

A . Abœl. opp., p. 244.

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