Du Boulay, Histor. Univ. Par., 1. 1, p
ces titres, on ne peut mettre en cloute que Roscelin ne soit l'auteur du nominalisme.
Si Roscelin s'était contenté de choisir dans les deux solutions indiquées par Porphyre du problème philosophique la solution péripatéticienne; s'il eût répété Boëce et Ral)an~Maur, ou même si, comme son maître Jeau, les universaux ayant été réduits par ses devanciers a de simples conceptions de l'esprit, il eût réduit a son tour ces conceptions a des produits du langage, a des mots, il n'eût été peut-être ni plus célèbre ni plus persécuté que Jean son maître et ses autres condisciples ; mais ce qui fit sa réputation et ses malheurs, c'est la hardiesse merveilleuse avec laquelle cet homme du onzième siècle alla d'abord presque aussi loin qu'Occam au quatorzième siècle. En effet, Roscelin a fait ces trois choses : V en philosophie il a établi le nominalisme; 2° il a transporté le nominalisme dans la théologie, et attaqué le dogme de la Trinité, sur lequel repose le christianisme; 3° enfin, passant de la philosophie et de la théologie à la politique, il a attaqué la plus grande puissance du temps, la puissance ecclésiastique, dans un de ses abus les plus répandus et les plus choquants.
Il n'est pas facile de se faire une idée nette de l'opinion philosophique de Roscelin. Othon de Freisingen dit seulement : « Roscellinum quemdam qui primus nostris tem- « poribus sententiam vocum instituit *. » Jean de Salisbury, dans les deux endroits où il parle de Roscelin, ne nous en apprend guère davantage. « Alius ^ergo consistit « in vocibus, licet hœc opinio cum Roscelino suo fere
<. Voyez plus haut, p. 4G.