Metalogiciis , ii
Ji. 9
98 PHILOSOPHIE SCIIOLASTIQUE.
« omnino jam cvamicrit. o « Fucriint et qui voccs ipsas « gcncra diccrent et species, sed eorum jam explosa sen- « tentia est, et facile cum autore suc evanuit *. » Ainsi Uoscelin soutenait que les genres et les espèces ne sont que des mots : mais comment le soutenait-il? Quel était l'ouvrage où il avait déposé son opinion? Etait-ce un traité spécial de dialectique? était-ce un simple commentaire de Porphyre ? Tous les monuments se taisent a cet égard, et nous en sommes réduits sur la doctrine de Roscelin a deux documents très-peu sûrs, la réfutation qu'en a donnée saint Anselme, réfutation beaucoup plus théologique que philosophique, dans le Defide Trinitatis sive Incarnatione Verbi^ contra blasphemias Roscellini^ et la lettre d'Abélard à l'éveque de Paris. C'est la qu'il nous faut chercher avec une extrême précaution quelque ombre du principe philosophique qui a conduit Roscelin à ses doctrines théologiques.
Saint Anselme se plaint de la mauvaise philosophie qui, s'introduisant de son temps dans la théologie, y mine les grandes vérités du christianisme. Il s'élève contre ces dialecticiens, hérétiques même en dialectique, qui prétendent que les universaux ne sont que des paroles ^. Ce qu'il ajoute nous fait pénétrer davantage dans l'opinion de Roscelin. Ces dialecticiens, dit-il, admettent bien Texisteace du corps coloré, mais non pas celle de la couleur; et par la sagesse d'un homme, ils n'entendent pas autre chose que l'âme de cet homme ^. Leur raison est tellement