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ses vues. Il s'y rencontre plus d'un germe, faible encore, que le temps a développé.
|o Abéiard commence par remarquer l'extrême difficulté de l'interprétation des textes sacrés, et il en énumère plusieurs raisons ; celle sur laquelle il insiste davantage; est le caraclère particulier du langage des saintes Écritures et même de la plupart des saints Pères. Ce langage n'était pas destiné aux doctes ; il a été fait pour les ignorants, et il en est d'autant mieux approprié aux besoins du peuple. A cette occasion , Abélard prend vivement le parti de celte façon d'écrire et de parler, et, en manière d'apologie des sainls Pères, et par la bouche de saint Augustin il adresse aux professeurs de son temps les conseils de la sagesse la plus ingénieuse et la plus hardie.
2« La seconde difficulté d'une bonne interprétation est la corruption des textes, et la mulliplicité des ouvrages apocryphes. Ici Abélard est encore plus en avant de son temps. Il n'hésite pas a déclarer que souvent « on a (( mis parmi les livres sacrés bien des ouvrages qui ne le « sont pas, afin de leur donner de l'autorité. ».... « Et (( dans les ouvrages authentiques, et qu'il faut véritable- « ment attribuer à l'Esprit saint, beaucoup de passages (( sont corrompus. » 11 ne s'en tient point a cette assertion générale; il l'explique, et il donne un assez bon nombre d'exemples décisifs. Or, « s'il en est ainsi dans « le texte des saintes Écritures, à plus forte raison en est- « il de même dans les ouvrages des Pères. La source de « ces altérations est l'ignorance des copistes. Les églises « primitives étaient composées de gentils ignorants^ et le (( copiste qui ne comprenait pas tel ou tel mot, tel ou tel u. 20
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« lour de plirasc , croyait faire merveille en les clian- « géant; et pour corriger de prétendues erreurs, il en (( introduisait de véritables \ »
3° Une condition essentielle d'une saine interprétation, est de rechercher si le passage de tel ou tel Père, dont on s'autorise, n'a pas été rétracté par lui; par exemple, il y a beaucoup d'assertions de saint Augustin, sur lesquelles on pourrait être tenté de s'appuyer, si on ne connaissait pas ses Rétractations.
4° Il y a dans les Pores bien des choses qui se sentent de leur érudition profane, et qu'ils ont avancées sans y attacher une grande importance.
5° Ils parlent quelquefois selon le sens apparent, et d'après les opinions reçues de la multitude a laquelle ils s'adressent.
6** Leurs contradictions apparentes viennent souvent de la diversité du sens que les différents Pères attachent quelquefois au même mot.
7° Quand les contradictions ne peuvent pas être résolues de cette manière, il faut s'en rapporter aux témoignages les plus accrédités; et pour les passages dont on ne peut pas se rendre compte, il faut les abandonner en se disant, non que tel Père a tort, mais que le manuscrit dont on se sert est défectueux, ou telle autre raison qui n'ôte rien a l'autorité générale de ce Père.
8° Distinguer les écritures canoniques de l'Ancien et du Nouveau Testament, où tout est nécessairement vrai, d'avec tous les aulres écrits ecclésiastiques, qu'il faut consulter sans qu'on soit tenu de les suivre. Faire exception en faveur des apôtres, mais des apôtres seuls, et