GUILLAUME DE CHAMPEAUX
l'analogie du litre avec celui de l'ouvrage de Pierre le Lombard et de tous les livres de sentences qui ont suivi, et comme le dit l'abbé Lebeuf [Dissert., II, -130), un cours de théologie et de morale chrétienne; c'est un assemblage de petits chapitres détachés contenant des dissertations ou explications sur des points spéciaux de doctrine , sur des vertus ou des vices , et sur des passages de l'Écriture sainte : ainsi, f"* ^-3 r°, de la simonie; P 3 v^'-T r°, du mariage ; f^ 7 r^, du sens de cette sentence : « Que l'homme est conçu et engendré dans le péché ; » fo 7 Y0.3 yo^ ^Q la prophétie; P W vo-'i2 r% de la charité ; f*' ^2 rM3 r% de l'orgueil; f° 20 1% du péché, etc. Ces passages sont souvent très-courts , et de quelques lignes seulement. Ils sont mêlés de citations des Pères , principalement de saint Augustin et de saint Grégoire le Grand. Voici les dernières lignes : « Voventibus virgini- « tatem vel viduitatem vel castitatem, non solum nubere, « sed etiam velle damnabile est. Omnis enim hujusmodi (( similis est uxoris Loth, quœ rétro aspexit. Si quis ta- (( men talis alicui nupserit, non solvatur conjugium, nisi (( sacra ta vel a sacerdote fuerit velata; sed pro voto « fracto injungetur pœnitentia. »
20 pos 23 ro-25 v°. « De origine anima?, secundum mafi gistrum Guillelmum. » C'est l'ouvrage que Martène a imprimé dans le tome V (p. 884) de son Thésaurus anecdotorum,
30 pos 25 yO 36 1.0^ Collection d'extraits d'auteurs ecclésiastiques, principalement de saint Augustin, saint Jérôme, saint Ambroise et saint Grégoire le Grand, et de dissertations ou interprétations théologiques analogues à celles dont se composent les sentences de Guillaume de
Cliampcaux. Celle compilation commence par une lettre (lu pape Melcliiades sur le baptême et la confirmation, et se termine par un passage de saint Augustin. Les dissertations ont pour oljjels principaux les sacrements , les cérémonies de l'Église, l'excommunication, et surtout les allégories et figures de l'Ancien Testament.
4° Du feuillet 8C r° jusqu'à la fin du manuscrit, f° 107, r° : « Incipit altercatio cujusdam cliristiani et judici de « fide catliolica. » On trouve aux douzième et treizième siècles un assez grand nombre d'ouvrages tliéologiques sous la forme d'une controverse entre un juif et un chrétien. Celui-ci, qui ne porte pas de nom d'auteur dans notre manuscrit, est dédié à Alexandre, éveque de Lincoln. Ce n'est ni l'écrit de Gislebert Crispin, abbé de Westminster, qui est imprimé dans les œuvres de saint Anselme sous ce titre : Disputatio Judœi cum Christiano;m V Altercatio Ecclesiœ et Sinagogœ , publiée par Martène [Thés, anecd., tom. V, p. 1497). Voici le prologue de cette petite composition ; l'auteur nous y apprend dans quel but et à quelle occasion il a écrit et publié son dialogue :
(( Reverentissimo Alexandre, Dei gratia Lincolnensi « episcopo, quidam fidei cbristianœ propugnator et ser- (( vus in spiritu Dei recla sapere et de ejus semper con- « solatione gaudere. Quoniam plurimum litteris estis in- « structus, et non solum bumanis sed etiam divinis legi- « bus eruditus, et personalis gratiœ honore prœlatus, « millo vobis disputatiunculam parvam vestro exami- « nandam judicio, quam nuper cum quodam judœo con- « fligens edidi. Quidam mihi cum cognitus esset judaeus a cujusdam negolii causa, tandem , cogente amore, fre-
GUILLAUME DE CIIAMPEAUX, '^^b")
« queuter illi suadebamquatenus judaismo relicto chris- ({ tianus elliceretwr. Cui etiani multimodas erroris sui « vias veritatis luce monstraveram, et qiiod dicebam suœ « legis et iiostra) testimoniis approbabam. Sed eum ob- (t durato corde in sua infidelitate persisteret , et errorem « suum ineptis queslionibus vel argumenlationibus tuere- (( tur, tandem amicabili conventioneconvenimusetdispu- « tandigratiaresedimus.I^^ilur rogaveruntmeauditoresut (( boc pro utilitate fidei litteris Iraderem; quibus libenler « obaudiens, pro capacitate ingenioli raei sub persona « Jodœi et Christian! disputantis apicibus annotavi. In « quo si quid bene dictum est, Dei graliœ tribuatur; si « quid otiosum vel inutile, vestra prudenlia noverit rea secare , sive totum sive partem ; iibentissime fecerim (( quicquid vobis inde piacuerit facere. Ergo judœus ille « plurimum sua lege peritus , nostrarumque eliam litte- « rarum non insclus , sic incipit : Judœus. Si patienter « me vel les audire, etc. »
Le dialogue se termine par ces paroles du chrétien : « Inde quoque venturus est ad judicium quo singulis red- « det secuudum suum meritum, maios mittens in ignem « cEternum, bonos autem in vitam œternam, quam nobis « tribuat qui fecit eam. Amen. »
Bernard de Chartres.
Les deux poëmes du Megacosmus et du Microcosinus sont d(^a connus par l'analyse étendue qu'en a donnée rilistoire littéraire de la France. Nous ne voulons pas
refaire ici ce travail, mais y ajouter seulement, d'après le manuscrit G415in-P, delà Bibliothèque royale \ quelques extraits qui puissent servir à donner une connaissance plus complète de la philosophie de Bernard de Chartres. On sait que les deux poëmes en question sont un mélange de prose et de vers , que le sujet du premier est la création du monde, et celui du second la création de l'homme.
MEGACOSMUS.
Le Megacosraus commence par un dialogue entre l'Intelligence, noys, et la Nature, natura. Ces deux personnages allégoriques s'entretiennent ensemble de la nécessité de tirer le monde du chaos, sylva^ où il est enseveli; puis ils se mettent a l'œuvre. La matière dont toutes choses doivent être tirées est la matière première :
« Erat yle vultus antiquissimus , generationis utérus (( indefessus, formarum prima subjectio , materia corpo- <( rum, substantif fundamentum. Ea siquidem capacitas « nec terminis nec limitibus circumscripta tantos sinus « tantumque a principio continentiam explicavit quan- « tam rerum universitas exposcebat... lllud igiXur incon- « sistens et convertibile hujus et illius conditionis , qua- (( litatis et formœ cum propriœ descriptionis judicium non (( expectet, elabitur vultus vicarios alternando , et quod « figurarum omnium susceptioneconverlitur, nullius suœ (( forma) signaculo speciaîius insignitur. »
C'est a cette matière que la Providence applique les empreintes des Idées : « Cumque quam fert silva grossi- (( tiem elimatius expurgasset, ad œternas introspiciens