CHAPITRE VIII
Lesrayonflbrûlantsdaioleii tombaient perpendiculairement sur son eorps tendre et blane : c'était nn etlme ; nul zéphyr ne la rafratchissait, e^ elle était en outre torturée par les guêpes et les moucherons.
DtiCAM^AON.
31 mai, — Nous fûmes relevés d'avant-postes par les lanciers; nous retournâmes au camp à K, U. Un de mes camarades, malade, était logé chez une dame hongroise, où, ayant demandé une soupe, la maîtresse de la maison la lui apporta elle-même , et puis s'en alla. Après une demi-heure elle revint, et voyant que l'officier, qui s'était endormi, n'avait pas encore goûté le bouillon, elle prit toute tremblante la cuiller et dit effarée : « Oh I buvez, monsieur l'officier ; je vous jure qu'il n'y a pas de poison. Si vous le voulez, j'en boirai la moitié. » Mon camarade se moqua d'elle, et prit le bouillon. Qui s'excuse s'accuse : peut-être une pensée infâme était-elle passée un instant dans la tête de cette femmei
!•' juin. — Nous apprîmes la démission de Welden. On racontait dans le camp ( ce qui était faux ) que Paskiewîch était nommé général en chef des armées alliées d'Autriche et de Russie.
2. — Avant-postes. Deux fois pendant la nuit, nous fûmes alarmés : nos vedettes et nos patrouilles de hussards échangeaient des coups de fusil.
3. — Nous apprîmes que Tavant- garde russe était entrée à Presbourg. A deux heures du matin , la moitié de notre escadron partît avec un détachement d'infanterie vers N. , faire une reconnaissance ; nous chassâmes de Tendroit un détachement de hussards.
4. — Tout Fescadron partit, pour seconder une grande reconnaissance qui se fit vers G. , sur la Waag. Étant d* avant-garde avec mon peloton, j'occupai le premier le village de N... , d'où nous chassâmes devant nous, au galop, un poste détaché de Hongrois. En sortant de l'autre côté du village, nous pouvions voir, pour la première fois, la chaîne des vedettes ennemies. Le soir une escarmouche sans résultat eut lieu. Parmi quelques prisonniers que nous avions faits, se trouvait un jeune et beau hussard.
Le capitaine B. . . l'ayant remarqué, lui dit : « Tu as combattu contre l'empereur, jeune homme ; maintenant l'on t'enverra en Italie, et il faudra te battre pour lui. — Ma foi, répondit-il en vrai hussard , si le roi de Hongrie me donnô un bon cheval et un dolman
galonné, je serai heureux de porter son uniforme et fier de verser mon sang pour lui. »
Nous passâmes la nuit aux avant-postes.