CHAPITRE IX
Not a drom was heard, not a fanerai note, As bis corpse to tbe ramparts we hurried; Not a soldier discharged bis fare^rell staot, O'er ibc grave ^rhere our bero was baried.
7 juin, — Je passai le Danube, de bon matin, en radeau, et retournai à W.
Ce jour-là, pour la première fois, je remarquai le terrible changement qu'avaient fait les fatigues (et nous n'en étions qu'au commencement) sur les traits de notre camarade, le prince L... , jeune homme beau comme une femme, brave comme son épée, et descendu d'une famille que l'on nomme les Montmorency de l'Autriche. Malgré toutes les instances de supérieurs et de camarades, jamais il n'avait voulu consentir à rester en arrière; Après notre deuxième ou troisième affaire, où, entre autres faits de bravoure, je le vis de ses propres mains rapporter ses blessés à travers un feu dévorant de mitraille , sa santé devint de plus en plus faible ; peu à peu ses joues perdirent leurs couleurs, jusqu'à ce qu'enfin le choléra l'atteignit ; et avec de si
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belles espérances , à vingt ans , il est mort à l'hôpital d'ambulance.
Quelques heures avant sa mort, il demanda à son valet, qui lui avait amené un prêtre pour le confesser : € Suis-je donc si malade? La vie me paraît encore si belle ! »
La mort est prompte ; elle a ses préférences mysté-^ rieuses ; elle n'attend pas qu'une tête soit blanchie pour la choisir. Chose fatale ! celui qui, la veille, montait à cheval pour nous accompagner au combat , le lendemain descend dans cette fosse sans fond où le corps trouve une prison , mais où l'âme trouve des ailes.
Hélas ! le sort en avait ainsi décidé : le cœur d'une mère devait être cruellement déchiré ; nous, nous devions perdre un ami , un brave et bon camarade ; et l'armée, un de ses meilleurs et plus chevaleresques officiers.
No lovelier mien adorncd the ranks of Troy, And beardless bloom, yet graced tlie gallant loy ; Though few tlie SAasons of the his youthful life, As yet a novice, in the martial strife, 'Twas his with beauty, valours gifts to share A soûl heroic, as his form was fair.
Pendant la nuit qui suivit, ayant été alarmés par des patrouilles ennemies, je fus envoyé avec mon peloton reconnaître le village de N. — A l'entrée de l'endroit, nv'étant arrêté un instant pour écouter, je vis dans le
fond de la grande rue quelques cavaliers au galop. Voulant les prendre, je postai quelques soldats à un (^emin où je croyais qu'ils allaient déboucher, et allai moi*méme avec plusieurs autres à leur poursuite. Tout à coup, j'entendis des chevaux au grand galop, et l'un de mes soldats, de ceux que j'avais postés en embuscade, cria à toute voix : « Hait ! wer da ? Hait 1 wer da? b (Qui vive? qui vive?) J'y courus à la hâte et vis dans la grande rue plusieurs cavaliers venir rapidement de notre côté, « Maintenant, m'écriai-je, naprzed wojaci! naprzedi » ( En avant, soldats ! en avant !) Et à bride abattue , nous courions h leur rencontre, quand le premier d'entre eux, se dressant sur ses étriers, se mit h crier comme un enragé et avec une voix connue : « Ne tirez pas ! ne tirez pas ! je suis le caporal N. N. »
En effet, c'était mon caporal qui, ayant bu un verre de vin de trop sans ma permission, était entré dans le village. Je ne lui dis pas un mot, mais, pour toute réprimande, je lui montrai le pistolet tendu qu'un de mes soldats tenait encore à un pied do sa tête. 11 comprit ce que je voulais lui dire ; il rentra sobre et tranquille dans son rang.
Fendant toute cette nuit nous fûmes constamment aux alarmes ; les vedettes tiraient à chaque instant , d'abord sur des patrouilles ennemies , puis sur des patrouilles imaginaires. Malgré la pluie et le ton-
nerre, nous eûmes à passer toute la nuit à cheval, A quatre heures du matin, nous fûmes relevés. J'étaia exténué à ne pouvoir me tenir : c'était le septième jour d'avant-postes,