‹ Fragments sur les campagnes d'Italie et de HongrieChapitre 16 sur 38 · Nous fûmes relevés, et retournâmes à S · texte numérisé non relu

Nous fûmes relevés, et retournâmes à S

16. — Nous partîmes pour K. De là, j'escortai au trot et au galop une batterie, tout le long de nos avant-postes, jusqu'à W. — Ici, nous démontâmes quelques pièces de canons hongrois. Fatigué et affamé, le soir je repartis pour K., où j'arrivai bien avant dans la nuit.

Ce même jour, de l'autre côté du Danube, eut lieu la bataille de Pereth ; le capitaine M... s'y distingua avec son escadron, et prit plusieurs pièces de canon.

17. — Avant-postes à W., qu'on commence à fortifier. Les Hongrois, le 14, nous avaient laissé voir leur côté faible. Ce n'est pas la première fois que l'on ferme la porte de l'écurie quand le cheval n'y est plus.

18-19. — Nous passâmes deux soirées fort gaies. L'aide de camp du général Radetzky , le lieutenantH. . . , était arrivé d'Italie et venait partager nos fatigues et nos dangers.

20. — W. — Aujourd'hui, pour la première fois en Hongrie, nous fûmes exposés, et cela pour tout de bon, au feu de canon, de mitraille, de bombes, etc. Nous faisions partie de l'aile gauche, qui était appuyée

sur le Danube ; nous étions dans une position masquée quand nous vîmes l'armée hongroise, tirailleurs en avant, s'avancer en échelons vers nous.

De notre part, silence. — L'ennemi s'avance de plus en plus, — il n'est plus qu'à quelques centaines de pas; — notre artillerie fait feu; — nous poussons un hourra général. — Confusion dans l'armée ennemie.

— Nouvelle décharge de notre part. — Les Hongrois se rallient; leur artillerie répond à la nôtre ; des hussards à schakos blancs s'avancent en front vers nous, — à ceux-là aussi nous permettons de nous approcher ;

— mais enfin, quand notre temps est venu, sortant en front de notre ravin, nous allons au trot à la rencontre.

— Les balles et les boulets frappent à droite et à gauche. — Au galop ! au galop ! — Nous ne sommes plus qu'à vingt pas des hussards, quand soudain ils s'embrouillent, font volte-face, et, les sabres de nos chevau-légers dans les reins , s'en retournent d'où ils sont venus.

Ceci avait été une affaire de cinq minutes, et cependant notre escadron était décimé : de cent hommes nous en avions perdu dix, et quinze chevaux. L'artillerie hongroise nous avait, sans doute, honorés de son attention toute particulière, car j'ai rarement entendu siffler les balles autour de moi comme pendant les cinq minutes dont je viens de parler.

Nos chevaux blessés ne voulaient pas nous quitter ;

plusieurs de ces pauvres bêtes à trois jambes, et sans cavaliers, chargèrent avec nous.

Les Hongrois se retirèrent ; nous ne les poursuivîmes pas : notre heure ou plutôt la leur n'était pas encore venue.

A Faile droite, un de nos escadrons prit une pièce de canon.

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