CHAPITRE X
Kis Komarom, Nagy Komarom.
(Chanton hùn(froûe.J
21 juin. — Nous campâmes toute la journée sur les champs près de W. — Vers le soir, ayant appris que le général Wolgemuth avait battu l'ennemi sur la rive gauche du Danube, toute Tarmée se porta en amont C'était une immense plaine ; aussi loin que l'œil pouvait atteindre, on voyait notre ligne imposante, qui s'avançait en front, tambour battant et au son de la trompette. Nous espérions prendre dans lô flanc l'ennemi en déroute, qui se sauvait vers Comom, Nous arrivâmes malheureusement trop tard, et nous étant avancés en échelons vers les Hongrois, absolument comme eux hier s'étaient approchés de nous, nous fûmes traités absolument de la même manière. — Une grêle de boulets fut notre réception. — Nous fîmes halte, et ne voulant pas perdre la seule partie de la journée qui nous restait, c'est-à-dire celle que l'on nonmie entre chien et loup, comme ces deux animaux nous nous achai*nâmes Tun sur l'autre. Notre artillerie
s'avança sur toute la ligne, et tira jusqu'à ce que tout l'horizon fût rempli de fumée. — Ce ne fut qu'à huit heures et demie que la canonnade cessa : il faisait déjà nuit. Pendant la retraite qui commença alors, et qui dura jusqu'à notre position primitive, je fus détaché sur le Danube pour veiller à ce que l'ennemi, dans l'obscurité, ne se glissât pas entre les bords et nous. Il n'y pensait nullement, et, fort content au contraire de nous voir partir si tranquillement, il nous laissa rentrer chez nous sans chicane.
A une heure du matin, fatigués, nous rentrâmes àK.
Plus tard nous apprîmes que, dans le moment où notre ligne s'arrêta, une grande partie de l'armée hongroise, effrayée encore par la leçon du général Wolgemuth, s'était sauvée en débandade vers Comom.
. Cest donmiage que l'on ne puisse pas lire dans le cœur de l'ennemi I