CHAPITRE XVII
ReTenge and patriotism, nnited in onc man of genias and ambition sach an the Archimédian levers ttaat flnd in f anaticism that spot out of the world, by which to move the irorld. The prudent man may direct a State, bat it is the enthoaslast who régénérâtes it or mins.
RiEMZI.
10 août. — Temeswar, jusqu'au soir. — Temeswar signifie Château sur la Témes, fleuve sur lequel la forteresse est située.
En sortant, nous pûmes voir plus clairement encore l'état affreux de la ville et du faubourg. Au milieu de ces ruines, nous passâmes près d'un calvaire dont le Christ, frappé par un boulet, pendait en l'air par le bras gauche. A mes côtés, un soldat, scandalisé à cette vue, fit pieusement le signe de la croix. — Grand Dieu! grand Dieu! pas même sur votre croix vous n'avez été respecté!...
41.— Camp de Giroda. — Après une patrouille faite avec des hulans, je revins le soir au régiment. J'ai vu aujourd'hui des nuées de sauterelles: dans le lointain, on aui'ait pu les prendre pour la poussière élevée par une armée en marchei
12. — Giroda. — Les Roumagnes nous apportèrent de superbes melons d'eau et toutes espèces de fruits.
13. — Plusieurs Bohémiens ( en hongrois , Czigany ) , hommes et femmes, demi-nus, vinrent dans notre camp. Ils comptent ainsi dans leur langue : 1, dég; 2, dour; 3, trigne; 4, stoar; 5, paunche; 6, chaufe; 7, efta; 8, ofta; 9, egna; 10, deche; 11, dichoujeg; etc. -20, biche; 50, paunchvar deche; 100, chelle. Le pain s'appelle marawy la soupe, zoumi; une fille, rakli^ et Dieu, Devil ( comme diable en anglais); le diable se nqmme beg.
Ils saluent ainsi : Latcho dives, tro dives addadives (Un bon jour, ton jour aujourd'hui).
Il y a en Hongrie plusieurs centaines de mille d'égyptiens qui ont des colonies et des villages à eux.
Personne n'est plus musicien que le czigany : avec de mauvais instruments et même sans connaître les notes, il joue véritablement avec âme et supérieurement bien ; personne mieux que lui ne sait conserver l'effet étonnant que produit le mélange d'accords tantôt gais, tantôt tristes et sauvages, qui caractérise les airs nationaux des Magyars.
Nulle musique, excepté peut-être celle de l'Irlande, ne personnifie mieux le caractère national que la musique de la Hongrie.
14. — Rukawitza. — Nous étions maintenant dans le pays des Roumagnes, peuple qui conserve encore au-
jourd'hui dans son costume des vestiges de son origine romaine.
Les femmes ont pour tout vêtement une chemise brodée sur les manches et sur le. sein ; elles portent autour des reins une espèce d'écharpe large de deux mains, ornée d'une frange de toutes les couleurs, qui leur pend gracieusement jusqu'au-dessus du genou. Ce costume sied à ravir à une jeune et jolie fille. Les Roumagnes sont les ennemis irréconciliables des Magyars, et s'étaient révoltés, dans les montagnes de la Transylvanie, contre le gouvernement de Kossuth ; ils nous regardaient comme de véritables libérateurs.
Pendant toute la journée ils nous apportèrent dans le camp des masses de melons d'eau, de pommes, de concombres aigres, et une sorte de polenta de maïs , qu'ils mangent au Heu de pain et qu'ils nomment ma" maleja.
Ce fut ce jour-là, pendant la marche, que nous apprîmes la nouvelle de la reddition de Georgey à Villagos.
15. • — Nous partîmes vers huit heures du matin ;* nous marchâmes jusqu'à trois heures par une chaleur tropicale , et arrivâmes à Lugos, où l'ennemi , sous les ordres du vieux Spit-Fire-Bem , ayant rompu le pont de la Témes, occupait les hauteurs de l'autre côté du fleuve.
Nous échangeâmes quelques coups de canon ; mais l'ennemi, déjà presque en déroute et déceuragé à Textrême, nous céda bientôt la position , toute forte qu'elle était.
Ces coups de canon étaient les derniers que nous devions entendre : nous ne nous en doutions pas alors, il est vrai, car on croyait généralement que Bem se défendrait encore dans les montagnes; mais la Tran^ sylvanie, outre que les principales issues en étaient déjà occupées par les nôtres et par les Russes , était si dévastée, que Bem n'y aurait jamais pu trouver de quoi nourrir son armée, surtout pendant l'hiver.
Pour la première fois, les montagnes bleues de la Transylvanie se présentaient à nos yeux.
Revoir des montagnes, des rochers , des ruisseaux, était pour nous tous un soulagement après tant de pusztas, tant de plaines, tant de sable et de poussière. Les Tyroliens et les Styriens surtout ne pouvaient revenir de leur extase, au doux souvenir de la patrie.
C'est en effet un beau et vert pays, et pour parler avec un poëte irlandais :
The scène smiled as happy as the holy face Of the Blessed Virgin Mary.
16. — Après dîner lious partîmes pour Karansebes, où une portion de l'armée hongroise, sous Lazar, s'était dirigée.
Notre escadron était d'avant-garde, LesRoumagnes, armés de fourches et de faux , nous amenèrent une vingtaine de prisonniers hongrois.