CHAPITRE XVI
répétez plus ce nom de Nanna, et je vous donnerai mille sequins.
— Adriani? Adriani? répéta le moine.
— Ah ! voilà ! dit la marquise ; voilà ce qu'il Taut confesser.
— Vous aurez Tabsolution si vous êtes sincère, dit le confesseur, qu'un vif intérêt personnel faisait rentrer à demi dans le caractère de son état.
— '' Aimer est donc bien doux, mon père, si alors môme qu'on aime seul
— l^arlez dos fautes que vous avez commises. Qui donc avez-vous connu sous le nom d'Adriani?
— Une femme. Elle était le modèle de toutes les femmes, pure comme nous devrions nous conserver toutes! Elle inspira une passion à|un jeune prêtre, un homme
L'abbesse soupira, et le confesseur se tint penché vers elle pour écouter attentivement.
— Les armoiries, n'est-ce pas, ont été placées sur le drap noir?
— Sans doute. Un homme, disiez-vous
— Capable de perdre sa victime et lui-même. Pendant qu'il faisait d'inutiles vœux et mille projets contre l'étrangère, dont le mari s'absentait souvent de
Messine, la pauvre fille d'un pêcheur Tavez-vous
connue? était amoureuse du prêtre. Il ne la remarquait seulement pas ! Il ne voyait que celle dont il était méprisé.
— Eh bien?
— Eh bien! Savérelli, puisque vous savez maintenant son nom, était capable de tout. La pauvre ser-
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vante.. .i. pour sauver l'honneur, peut-être )a vie de
cette dame et pourquoi le dissimuler ici?
excitée par quelque sort qu'on lui avait jeté fit
écrire au prêtre comme si elle était la femme de l'artiste ^ elle lui donna un rendez-vous, plusieurs rendez-vous..... Quel était le plus coupable des deux?
— Au nom de l'enfer, achevez ! Plusieurs rendezvous
— Dans ces cavernes qui bordent la côte de la Morgane, et le prêtre se crut heureux aussi de devenir parjure à Dieu et aux hommes.
Le confesseur sembla réfléchir, et quand il voulut interroger :
— Ce n'est pas tout, interrompit sa pénitente, conservant une lueur de raison suivie. Le retour du mari ou de sévères conseils firent éloigner ce prêtre; mais il sut que l'épouse allait devenir mère , et dans sa présomption insensée , il s'attacha à l'enfant qu'elle mit au monde au point de commettre un crime pour lui. Cet enfant était le second, une fiile^ Son frère, plus âgé de quelques années, fut confié à un ami de cette famille pour être élevé en pays étranger, chez les parens^ je crois, de la mère» Savérelli, pour conserver à celle qu'il croyait sa fille la fortune des ancêtres, aposia des bandits sur la route afin d'enlever le jeune garçon^ le faire périr ou du moins lé perdre au milieu des nuinlagnes de la Toscane.
— Et qu'est-ce que celte fable a de commun
avec vos remords? dit le moine, paraissant rassuré. Qui donc a pu vous raconter de tels détails?
— Un homme, dit U marquise avec autorité , qui