‹ FragolettaChapitre 142 sur 152 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Quand le matlre de ce palais se retournai il rieconnut^ au milieu d'un faste si plein d'élégance et de grftde^ son rustique ami Maslrillo.

—Le major d'Hautevîlle! dit Tex-prince royal. Ah ! celui*là noua fait donc Thonneur de ne pas noua croire ingrats I II peut ayoir besoin de hotreerédlt^ et il nous cherche.

— Ce n'est pôs vous que je cher<^hai8, dit d'Hauteyille tout en répondant afTectueusement aiiic sisrfemens de mains qu'on lui prodiguait. Mais Je vous retrouve riche et heureux, et c'est avec Un sentiment de joie tel qu'il me consolerait de mes peinea si elles étaient moins vives. Je demande dans ce même palais Philippe Adriani.

•^ Bh bien ! ne éherchex f^lus , dit Mastrillo : que lui voulez-vous ? Mais d'abord , hfttons-nous de nous entendre; c'est moi, major, qu'on appelle Adriani. Yoilà bien des noms pris èl quittés en peu de temps ; mais je ne tiens qu'à un seul , et je suis toujours le même homme.

— Philippe! articula doucement Léona.

— Oui» Philippe! dît le hoyal bandit, la rapprochant de lui par le bras dont il avait serré sa taille avec amour.

—Là est toute sa vie, major, ajouta-t-il en montrant le cœur de sa femme *, c'est par le souvenir d'un bienfait qu'elle vous a reconnu, car pour sa tète...

Et il acheva le sens de ses paroles en agitant sa main et regardant le ciel.

Léona imita le même geste et sortit.

-^ Je suis certain de ce qu'elle va faire, dit Phi-

lippe, entraînant d'Hauteville vers un siège; elle va ordonner qu'on nous laisse seuls. Ne vous montrez pas gêné de la prétendue indiscrétion que vous allez | commettre. J'aime mieux les anciens que les nou- | veaux amis, et un brave que cinquante marquis. I L'occasion d'être utile est plus rare que celle d'être i vain, mon cher ami , et je commence à comprendre | qu'il faut quelquefois éviter le monde pour ne pas i devenir orgueilleux. Mais voyons, vous pouvez avoir , des intérêts à débattre avec la famille dont je porte le nom maintenant, il faut bien que je vous dise com* ment ce nom-l& m'est venu. Savërelli...

D'Hauteville ne put réprimer un mouvement d'horreur.

— Je comprends, dit Philippe. J'augmenterai votre étonnement tout à l'heure en ajoutant que cet homme fait partie de ma maison ; mais procédons par ordre, et encore une fois laissez-moi vous exposer mon trèscourt roman.

On servit le chocolat, puis les anciens compagnons restèrent seuls :

— Savérelli, continua Philippe, s'aperçut^ après le retour de la paix, que son crédit et le mien baissaient considérablement à la cour. J'avais cependant une espèce de fortune, et il n'en avait pas. Il était informé que je savais bonne partie de ses anciens méfaits, et il craignait de se voir dénoncer parce qu'il eût été capable d'une lâcheté pareille. Il ne pouvait me nuire, il s'attacha à moi. Faute de moyens pour me perdre, il paraît qu'il résolut de me servir, mais tout en faisant ses propres affaires. Il me rechercha, il me flat-

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